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La NASA pourrait avoir un problème de combinaisons spatiales pour envoyer des astronautes sur la Lune

La NASA pourrait avoir un problème de combinaisons spatiales pour envoyer des astronautes sur la Lune
© NASA

Houston, on a un problème de combinaison spatiale. C'était le point central d'un message délivré vendredi par Sandra "Sandy" Magnus, ancienne astronaute, lors d'une réunion officielle des experts en sécurité des vols spatiaux à Houston, Texas, le 30 août dernier. Sandra Magnus a soulevé la question au nom de l'Aerospace Safety Advisory Panel (ASAP), une commission consultative de la NASA, qui a tenu sa dernière réunion trimestrielle au Johnson Space Center. Le groupe fonctionne de manière indépendante et est chargé d'"évaluer la performance de la NASA en matière de sécurité et de conseiller l'Agence sur les moyens d'améliorer cette performance".

La NASA se prépare à renvoyer les gens sur la Lune, idéalement en 2024, avec son nouveau programme Artemis, idéalement dans le but de faire atterrir la première femme et le prochain homme sur la surface lunaire (la dernière fois que quelqu'un s'est rendu sur la Lune, c'était en décembre 1972). Il va sans dire que l'ASAP avait beaucoup à dire sur les nouveaux projets ambitieux de la NASA. Sandra Magnus, qui s'est rendue deux fois à la Station spatiale internationale (ISS) et a passé plus de cinq mois en orbite, s'est concentrée sur les combinaisons spatiales nécessaires aux missions du programme Artemis.

Elle a déclaré que les combinaisons spatiales sont principalement des "vaisseaux spatiaux monoplaces" qui méritent des niveaux de financement et d'examen tout aussi rigoureux.
"Ils sont complexes, comportent des exigences de sécurité rigoureuses et constituent un élément essentiel non seulement du programme lunaire, mais aussi de toute voie d'exploration potentielle que les vols spatiaux habités pourraient emprunter à l'avenir", a déclaré Sandra Magnus.

La NASA a des difficultés à maintenir ses combinaisons spatiales opérationnelles

L'astronaute Bruce McCandless II flotte à l'extérieur de la navette spatiale Challenger de la NASA.

À l'heure actuelle, les combinaisons spatiales EVA opérationnelles de la NASA à bord de l'ISS affichent un design vieux de 40 ans. Leurs pièces se sont avérées de plus en plus difficiles à remettre à neuf depuis le retrait en 2011 du programme de la navette spatiale de la NASA, qui pouvait facilement transporter des combinaisons vers et depuis la Terre.
Le groupe d'experts avait déjà signalé en février que la NASA avait de la difficulté à améliorer les combinaisons, et encore plus de difficultés à les entretenir.

"Le problème ne réside pas seulement dans le fait que les combinaisons sont vieilles mais aussi dans le fait que les fabricants de plusieurs composants essentiels des combinaisons, y compris le tissu même des combinaisons, ont maintenant cessé leurs activités, a écrit ASAP en avril.

La société ILC Dover, qui construit les combinaisons spatiales de la NASA, a déclaré à Business Insider US, après la publication de cet article que "ni ILC Dover ni notre fournisseur de tissus n'ont fait faillite" et que même si elle a retiré le vieux tissu, elle a garanti "un tissu fonctionnel équivalent du même vendeur".

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Ces facteurs ainsi que d'autres ont mené à l'annulation en mars de ce qui devait être la première sortie dans l'espace 100% féminine. La NASA a travaillé sur un nouveau système de combinaison spatiale appelé xEMU, qui signifie "Exploration Extra-vehicular Mobility Unit". Le programme xEMU vise à la fois à remplacer les reliques vieillissantes que les astronautes portent à l'extérieur de la station spatiale et à ouvrir la voie à l'exploration en équipage de la Lune et de Mars.

Un prototype de la combinaison spatiale Z-2 de la NASA, conçue pour permettre aux astronautes d'explorer les surfaces planétaires.

Sandra Magnus reconnaît que la NASA a investi de l'argent dans la recherche, le développement et la construction de prototypes, comme la combinaison spatiale Z-2 (ci-dessus). Mais elle estime que le programme n'avance pas assez rapidement. "Jusqu'à présent, la priorité n'a pas été accordée à la production de ces combinaisons spatiales de la prochaine génération", a-t-elle ajouté.

Elle a ajouté que, bien que le projet xEMU soit maintenant géré par une division du programme Artemis appelée Gateway - une petite station spatiale qui graviterait autour de la Lune et que les astronautes pourraient éventuellement utiliser comme point de ravitaillement pour des missions de surface -, ASAP estime que le programme doit se développer seul et obtenir plus de ressources.

NASA Johnson Space Center

"Afin de produire une combinaison lunaire sûre et fiable pour respecter l'échéance de 2024 du programme Artemis, et - en raison de l'applicabilité générale, de la complexité et des aspects critiques de sécurité des combinaisons spatiales - en général, nous pensons que la NASA doit immédiatement créer un programme officiel et structuré de combinaisons spatiale", a-t-elle déclaré, en soulignant qu'il devrait avoir " un budget bien défini, un calendrier incluant des jalons critiques, et donner à cette entité le pouvoir et la responsabilité de produire ce matériel essentiel".

Elle a ajouté : "Nous croyons qu'un manque d'attention à ce programme réduirait le potentiel non seulement d'atteindre la bonne capacité, mais aussi de le faire d'une manière sûre".

"Il semble qu'Artemis est bien parti."

Cette illustration fournie par la NASA le vendredi 16 août 2019 montre une proposition de conception d'un véhicule de remontée du programme Artemis quittant la surface de la Lune. (NASA via AP)Associated Press

Mais Artemis doit encore franchir son premier obstacle majeur, qui est la bureaucratie lié au budget fédérale. Le directeur de la NASA, Jim Bridenstine, a déclaré en mai que l'agence avait besoin d'un "acompte" d'1,6 milliard de dollars pour démarrer sérieusement le programme. Un mois plus tard, il a ajouté que l'atterrissage sur la Lune dans cinq ans pourrait nécessiter de 4 à 6 milliards de dollars par an - un total de 20 à 30 milliards de dollars - en plus du budget annuel actuel de la NASA d'environ 22 milliards. Malgré ce défi, George Nield, membre de l'ASAP et ancien administrateur associé de la FAA qui dirigeait son Bureau du transport spatial commercial, était optimiste quant au pronostic.

"Il semble qu'Artemis est bien parti. Si le Congrès accepte de fournir le financement nécessaire, la NASA pourrait avoir une chance réelle d'atteindre l'objectif de 2024", a déclaré George Nield. "En même temps, il sera important de se rappeler ce qui peut mal tourner en cours de route et ce qui doit être fait pour assurer la sécurité de l'équipage."

Version originale : Business Insider / Dave Mosher

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