Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

La NASA révèle un 2e problème de logiciel lors du vol d'essai de la Starliner CST-100, qui aurait pu causer une panne 'catastrophique'

La NASA révèle un 2e problème de logiciel lors du vol d'essai de la Starliner CST-100, qui aurait pu causer une panne 'catastrophique'
© Boeing

Alors que son avion phare, le 737 Max, est cloué au sol depuis mars 2019 après qu'un logiciel défectueux a entraîné la mort de 346 personnes en cinq mois, l'Américain Boeing pourrait être à nouveau accusé d'un manque de rigueur concernant les processus d'intégration et de tests des logiciels de vol, concernant cette fois-ci sa navette spatiale Starliner CST-100. En effet, un comité de sécurité de la NASA, pour qui Boeing a développé la Starliner CST-100 afin d'assurer le transport d'astronautes américains dans un avenir proche, a révélé qu'un deuxième problème de logiciel a eu lieu lors du vol d'essai non-habité de décembre dernier et que cette défaillance aurait pu être "catastrophique"', rapporte le site spécialisé SpaceNews.

Cette information a été donnée le jeudi 6 février 2020 lors d'une réunion du comité consultatif de la sécurité aérospatiale de la NASA, qui est revenu sur le vol d'essai de la Starliner CST-100 de décembre dernier au bilan mitigé. L'agence spatiale américaine a ainsi vivement recommandé au constructeur aéronautique américain une révision des processus de vérification des logiciels. Cette défaillance a eu lieu alors que la navette était en orbite, a indiqué Paul Hill, membre du panel de sécurité de la NASA : "bien que cette anomalie ait été corrigée en vol, si elle ne l'avait pas été, elle aurait entraîné des mises à feu erronées des propulseurs et un mouvement incontrôlé pendant la séparation du module de service pour la désorbitation, avec le risque d'une défaillance catastrophique du vaisseau spatial."

Paul Hill a ensuite souligné : "le panel est très préoccupé par la rigueur des processus de vérification de Boeing. De plus, sachant que ce vaisseau spatial est destiné à transporter des humains dans l'espace, le panel recommande une évaluation encore plus importante de Boeing et des actions correctives dans les processus et les tests de vérification de Boeing [ingénierie et intégration des systèmes]."

A lire aussi — La capsule de Boeing censée à terme transporter des astronautes dans l'espace est de retour sur Terre après un vol test au bilan mitigé

Un premier vol d'essai sans équipage à moitié raté

Il s'agit du deuxième problème de logiciels détecté dans le cadre de ce vol d'essai. La navette spatiale de Boeing avait atterri dans le désert du Nouveau-Mexique (Etats-Unis) dimanche 22 décembre 2019, soit six jours plus tôt que prévu, après avoir raté son amarrage à la Station spatiale internationale (ISS). En cause ? Un problème de logiciel de vol concernant le compteur de temps écoulé, qui affichait onze heures de retard et avait fait croire à la capsule qu'elle était plus avancée dans sa mission. Agissant automatiquement, elle avait tenté de corriger sa position et consommé trop de carburant dans la manœuvre, empêchant la poursuite de la mission.

L'échec partiel de ce vol d'essai a été considéré comme un revers pour le géant américain de l'industrie aérospatiale — dont la réputation est ternie par deux accidents de son avion vedette 737 MAX — d'autant plus que son rival SpaceX, lui, avait réussi son amarrage à l'ISS avec sa capsule Crew Dragon en mars dernier. La NASA avait alors parlé d'une "prouesse historique".

Les causes exactes de ces deux défaillances sont toujours en train d'être examinées par la NASA et Boeing. Quoi qu'il en soit, ces réponses seront nécessaires pour savoir si la Starliner CST-100 est prête pour un nouvel essai en vol sans équipage ou pour directement effectuer un vol d'essai avec équipage.

La capsule Crew Dragon de SpaceX, censée elle aussi permettre le transport d'astronautes américains depuis le sol américain dans un avenir proche, doit résoudre encore quelques problèmes techniques, comme l'interaction du titane avec le tétroxyde d'azote, en cause dans l'explosion de la Crew Dragon en avril 2019. Toutefois, "la fin semble être proche" concernant cette tâche, a indiqué Patricia Sanders, présidente du comité. Et d'ajouter : "la NASA en est à un point où il n'est pas question de savoir si elle [ndlr : la capsule Crew Dragon] va transporter des équipages à court terme, mais quand, et dans quelles conditions de risque".

Jim Bridenstine, l'administrateur de la NASA, avait déclaré l'an dernier que le premier vol habité avec la Crew Dragon devrait être lancé au deuxième trimestre de 2020.

Business Insider
Découvrir plus d'articles sur :