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La NASA s'assure un siège sur un Soyouz russe au cas où la Crew Dragon ne serait pas opérationnelle à temps

La NASA s'assure un siège sur un Soyouz russe au cas où la Crew Dragon ne serait pas opérationnelle à temps
Décollage d'un Soyouz transportant l'Expédition 56/57 vers la Station spatiale internationale (ISS). © Sergei Savostyanov\TASS via Getty Images

La NASA s'est assurée une présence américaine à bord de la Station spatiale internationale (ISS) jusqu'au printemps 2021. Au cas où les deux véhicules de transport d'astronautes conçus pour la NASA par SpaceX d'une part, et Boeing d'autre part ne seraient pas prêts à temps, l'agence spatiale américaine a acheté un siège supplémentaire à bord d'un Soyouz russe qui devrait rejoindre l'ISS cet automne, plus précisément à la mi-octobre 2020. L'annonce de la signature de ce contrat avec l'agence spatiale russe Roscosmos a été faite ce mardi 12 mai 2020. Dans un bref communiqué, la NASA indique que cet accord a pour but d'"assurer que l'agence respecte son engagement pour des opérations sûres grâce à une présence américaine continue" sur l'ISS jusqu'à ce que les véhicules commerciaux de SpaceX et Boeing soient opérationnels.

Actuellement, seuls trois astronautes séjournent à bord de l'ISS : deux russes, Anatoly Ivanishin et Ivan Vagner, et un seul Américain, Chris Cassidy. Ce dernier est arrivé à bord de l'ISS en avril 2020 sur le dernier siège acheté par la NASA dans un Soyouz russe. Mais Chris Cassidy est censé revenir sur Terre cet automne. A cette date, si la capsule Crew Dragon de SpaceX (qui devrait être opérationnelle plus rapidement que celle de Boeing d'après les développements de cette année) n'était pas prête à effectuer des vols habités vers l'ISS en toute sécurité, les Etats-Unis n'auraient eu aucun siège garanti sur un Soyouz, ni de propre moyen de transport d'astronautes opérationnel et donc plus aucun astronaute en mission à bord de l'ISS.

Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé, mais selon les informations de SpaceNews, la NASA aurait déboursé 90,25 millions de dollars. Ce montant inclut le siège à bord de la capsule Soyouz qui décollera depuis le site de Baïkonour au Kazakhstan, des services de formation, de pré-lancement et de post-atterrissage. La NASA va également dédommager l'agence spatiale russe qui a dû écarter un cosmonaute russe afin de laisser le siège à un astronaute américain, en se chargeant du transport d'une quantité non-spécifiée de cargo russe vers l'ISS. On ne sait pas encore qui occupera ce siège Soyouz à l'automne prochain.

Depuis l'arrêt du programme des navettes américaines en juillet 2011, les seuls véhicules permettant les vols d'astronautes sont actuellement les Soyouz russes. Pour mettre fin à cette dépendance — qui lui coûte cher — et pouvoir envoyer ses astronautes à bord d'un vaisseau américain depuis le sol américain, la NASA a demandé à SpaceX et Boeing de concevoir les futurs vaisseaux qui assureront la liaison entre la Terre et l'ISS. Le développement des deux véhicules a pris du retard, mais la capsule Crew Dragon de SpaceX devrait effectuer son premier vol test habité vers l'ISS le 27 mai 2020. La Starliner CST-100 de Boeing quant à elle devra effectuer un second vol test non-habité après un premier au bilan mitigé.

Malgré la pandémie due au coronavirus qui ralentit les activités dans tous les secteurs de l'économie mondiale, y compris l'industrie spatiale, SpaceX et la NASA ont maintenu le lancement de la mission Demo-2 au 27 mai prochain. Cette mission sera la première mission test habitée en direction de l'ISS. Elle transportera les astronautes vétérans de la NASA Bob Behnken et Doug Hurley depuis la Floride et ces derniers devraient rester à bord de l'ISS environ quatre mois. L'entreprise spatiale fondée par Elon Musk a d'ailleurs posté sur Twitter hier, mardi 12 mai 2020, une vidéo de simulation de l'amarrage de la capsule Crew Dragon à l'ISS, une étape clé dans la prochaine mission Demo-2.

L'administrateur de la NASA Jim Bridenstine a par ailleurs précisé que la NASA n'avait pas encore décidé si elle aurait besoin d'un autre siège Soyouz pour un décollage au printemps 2021. "Nous voulons voir le niveau de risque que nous devons accepter" avec les véhicules commerciaux d'équipage, a-t-il déclaré. Et d'ajouter : "lorsque la mission Demo-2 rentrera sur Terre et que nous évaluerons comment elle s'est déroulée, et que nous examinerons la mission Crew-1 [la première vraie mission opérationnelle avec la capsule Crew Dragon avec trois astronautes américains et un japonais], nous examinerons où nous en sommes et nous déterminerons si nous avons besoin d'un second Soyouz [siège], puis nous entamerons les négociations à ce moment-là".

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