La NASA teste un rover sous-marin sous la glace de l'Antarctique censé à terme rechercher des indices de vie extraterrestre

Le rover BRUIE est photographié dans un lac arctique près de Barrow, en Alaska, en 2015. NASA

La NASA teste actuellement un rover sous-marin sous la glace de l'Antarctique appelé "Buoyant Rover for Under-Ice Exploration" (BRUIE). Il va circuler sous les couches de glace dans les océans polaires à la recherche de signes de vie. L'objectif à terme pour la NASA est de développer une technologie permettant d'explorer les océans de deux lunes distantes : Europe, une lune de Jupiter, et Encelade, une lune de Saturne. Selon nos connaissances actuelles, des chercheurs comme Kevin Hand, scientifique en chef de la mission BRUIE, estiment que ces océans pourraient constituer les lieux les plus propices pour trouver des signes de vie extraterrestre au sein du Système solaire, rapporte un communiqué de la NASA publié le 18 novembre 2019. 

L'agence spatiale américaine a choisi l'Antarctique pour tester sa technologie, car ce sont ses océans qui ressemblent le plus à ceux des lunes de glace. Le rover d'un mètre de long est équipé de deux grandes roues pour rouler collé contre l'envers des couches de glace pouvant être épaisses de 10 à 19 kilomètres. BRUIE est capable de prendre des photos à l'aide de ses caméras haute-définition et recueillir des informations (salinité de l'eau, pression, température ou encore quantité d'oxygène dissolu) sur la région où l'eau et la glace se rencontrent, ce que les scientifiques appellent "l'interface glace-eau". BRUIE a déjà été testé dans l'Alaska et dans l'Arctique.

"Nous avons constaté que la vie se trouve souvent à des interfaces, à la fois au fond de la mer et au sommet, au niveau de l'interface glace-eau. La plupart des engins sous-marins ont du mal à étudier cette zone, car les courants océaniques pourraient les faire s'écraser ou ils perdraient trop d'énergie à maintenir leur position", a expliqué l'ingénieur en chef du projet, Andy Klesh. Et d'ajouter : "BRUIE, cependant, utilise la flottabilité pour rester collé contre la glace et est imperméable à la plupart des courants. De plus, il peut s'éteindre en toute sécurité et ne s'allumer que lorsqu'il doit prendre une mesure, ce qui lui permet de passer des mois à observer l'environnement sous la glace."

Dan Berisford, un ingénieur en mécanique qui travaille sur le projet, a toutefois prévenu qu'une fois que l'engin opérera sur Encelade ou Europe, "nous pourrons seulement détecter la vie similaire à ce que l'on connaît sur Terre. Donc il est possible qu'il soit difficile de reconnaître certains types de microbes très différents".

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BRUIE n'est pas la seule mission de la NASA qui s'inscrit dans la cadre de la recherche de la vie dans les océans extraterrestres. L'agence spatiale américaine compte lancer au milieu des années 2020 la mission baptisée Europa Clipper, qui devrait examiner de près la surface d'Europe, sa structure interne, sa fine atmosphère, son océan sous-terrain etc. D'ailleurs, la NASA a récemment confirmé la présence de vapeurs d'eau pour la première fois à la surface d'Europe.

Par ailleurs, l'agence spatiale américaine travaille sur un drone appelé Orphée capable de plonger au fond de l'océan à la recherche de monts hydrothermaux et de vie sous-marine. "C'est l'arrière, l'arrière, l'arrière, l'arrière, l'arrière, l'arrière, l'arrière, l'arrière, l'arrière, l'arrière-grand-mère du véhicule qui peut aller explorer Europe", avait déclaré le biologiste Tim Shank, qui dirige l'équipe qui envoie ce sous-marin en haute mer, à Business Insider US.

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