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La NASA veut faire décoller un hélicoptère sur Mars début avril

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La NASA veut faire décoller un hélicoptère sur Mars début avril
L'hélicoptère Ingenuity ressemble à un gros drone, comme on peut le voir sur cette illustration. © NASA/JPL-Caltech

La conquête de Mars suit sa course, et certains concurrents sont même prêts à s'envoler. La Nasa tentera début avril le premier vol d'un engin motorisé sur une autre planète, en essayant de faire décoller l'hélicoptère Ingenuity sur Mars, a annoncé mardi l'agence spatiale américaine. Pour le moment, cet hélicoptère ultra-léger, qui ressemble en réalité davantage à un gros drone, est encore replié et attaché sous le rover Perseverance, qui a atterri sur la planète rouge le mois dernier.

"Notre meilleure estimation à l'heure actuelle est le 8 avril" pour le premier vol, a déclaré lors d'une conférence de presse Bob Balaram, ingénieur en chef d'Ingenuity. Le jour exact pourrait toutefois encore changer, a-t-il précisé. Si l'expérience est réussie, il s'agira d'une véritable prouesse, car l'air martien est d'une densité équivalente à seulement 1% de celle de l'atmosphère terrestre. Ce sera l'équivalent sur Mars du premier vol d'un engin motorisé sur Terre, en 1903.

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La Nasa a d'ailleurs révélé qu'un petit morceau de tissu de l'aéronef des frères Wright ayant décollé il y a plus d'un siècle en Caroline du Nord, aux États-Unis, avait été placé, en hommage, sur Ingenuity, et se trouvait donc actuellement sur Mars.

Il est prévu que ce premier vol soit très simple : après avoir décollé à la verticale, l'hélicoptère s'élèvera à une altitude de 3 mètres, s'y maintiendra en vol stationnaire durant 30 secondes, puis effectuera une rotation sur lui-même avant de se reposer au sol.

Il recevra ses instructions de la Terre quelques heures auparavant, mais analysera lui-même sa position par rapport au sol durant le vol, en prenant 30 photos par seconde.

Plusieurs vols sont déjà prévus en avril

La Nasa a d'ores et déjà déterminé le terrain au-dessus duquel l'hélicoptère évoluera, situé au nord du lieu d'atterrissage du rover. Perseverance doit encore finir de rouler jusqu'à cette piste, "ce qui prendra encore quelques jours", a déclaré Farah Alibay, en charge pour la Nasa de faire le lien entre les équipes chargées du véhicule et de l'hélicoptère.

Ce dernier sera ensuite placé dans la bonne position avant d'être largué au sol, sous le rover, qui devra rouler au-dessus de lui pour s'en éloigner. Perseverance devra absolument lui dégager la vue en moins de 25 heures, car l'hélicoptère aura besoin du soleil pour alimenter ses panneaux solaires en énergie, et ainsi être capable de survivre en se réchauffant pendant les glaciales nuits martiennes.

Le rover se placera ensuite depuis un point d'observation afin de capturer avec ses caméras les prouesses d'Ingenuity. Jusqu'à cinq vols de difficulté graduelle sont planifiés, étalés sur un mois.

Un hélicoptère ultra-léger

Composé de quatre pieds, d'un corps et de deux hélices superposées, Ingenuity ne pèse que 1,8 kg et mesure 1,2 m d'un bout à l'autre de ses pales.

Le programme pour cet hélicoptère a coûté environ 85 millions de dollars (72 millions d'euros environ) à la Nasa. À l'avenir, de tels engins pourraient se révéler cruciaux pour l'exploration des planètes, en étant capables de se rendre là où les rovers ne peuvent aller, par exemple au-dessus de canyons.

L'agence spatiale américaine travaille sur un autre projet d'engin volant, dans le cadre de la mission Dragonfly ("libellule" en français), qui enverra en 2026 un drone vers la plus grande lune de Saturne, Titan, qu'il atteindra en 2034.

Des expériences de vol d'engins non motorisés sur une autre planète ont déjà eu lieu par le passé, a rappelé la Nasa, avec l'envoi en 1985 de ballons-sondes sur Vénus dans le cadre du programme Vega, une collaboration entre l'URSS et d'autres pays, dont la France.

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