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La pandémie a entraîné une baisse 'sans précédent' des émissions de CO2

La pandémie a entraîné une baisse 'sans précédent' des émissions de CO2
© Pixabay

Un monde à l'arrêt, une activité économique au point mort, plus de quatre milliards de personnes confinées... Les mesures prises par les gouvernements pour contrer la première vague de Covid-19 ont entraîné une baisse drastique des émissions de CO2 liées au transport, à l'aviation et à l'énergie, selon une équipe internationale de chercheurs, dont l'étude a été publiée dans Nature Communications. Les émissions de gaz à effet de serre ont chuté à un niveau sans précédent lors du premier semestre 2020, bien davantage que pendant la crise financière de 2008 et même durant la Seconde guerre mondiale, ont indiqué ces experts mercredi 14 octobre.

Se basant sur des chiffres de production électrique, du trafic de véhicules dans plus de 400 villes dans le monde, du nombre de vols ou encore de la production et de la consommation, ils ont conclu que cette chute des émissions était la plus importante dans l'histoire récente. Les émissions de CO2 liées au transport ont plongé de 40% au premier semestre, celles liées à la production d'énergie de 22% tandis que celles issus de l'industrie ont chuté de 17%, selon l'étude.

Les émissions liées au logement résidentiel ont décliné de 3%, en dépit du télétravail massif, des chercheurs attribuant ce recul à un hiver anormalement doux qui a limité les besoins en chauffage. Les chercheurs ont toutefois noté que les émissions avaient renoué avec leurs niveaux habituels en juillet 2020, quand la plupart des pays ont levé les restrictions mises en place.

Cette baisse n'aidera pas à une réduction sur le long terme

L'Accord de Paris de 2015 prévoit de limiter la température en-dessous de 2°C, voire à 1,5°C comparé à la période pré-industrielle. Pour tenir cet objectif, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an entre 2020 et 2030, selon l'ONU. Un objectif qui paraît difficile à atteindre, notamment du fait de la sortie programmée des États-Unis — deuxième pollueur mondial — de l'Accord de Paris le 4 novembre prochain. En cas de victoire du camp démocrate lors du scrutin présidentiel, la première puissance mondiale pourrait toutefois revenir sur cette décision.

Les auteurs de l'étude soulignent que la baisse des émissions début 2020 n'aidera pas à une réduction sur le long terme. Il faudrait une "refonte complète" de l'industrie et du commerce pour y parvenir, ajoutent-ils. "Alors que la baisse des émissions de CO2 est sans précédent, la baisse des activités humaines ne peut pas être la réponse", indique le coauteur de l'étude Hans Joachim Schellnhuber, du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK). "Nous avons besoin de changements structurels et transformationnels de nos systèmes de production d'énergie et de consommation", assure-t-il.

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