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La pandémie de Covid-19 entraîne un risque de 'pénurie alimentaire' au niveau mondial

La pandémie de Covid-19 entraîne un risque de 'pénurie alimentaire' au niveau mondial
Un supermarché à Hong Kong, le 1er avril 2020. © Roy Liu/Bloomberg/Getty Images

Il existe un risque de "pénurie alimentaire" sur le marché mondial, ont averti les présidents de deux agences de l'ONU et de l'OMC, en raison des perturbations liées au Covid-19 dans le commerce international et les chaînes d'approvisionnement alimentaire. "Les incertitudes liées à la disponibilité de nourriture peuvent déclencher une vague de restrictions à l'exportation", provoquant elle-même "une pénurie sur le marché mondial", déclarent dans un rare communiqué commun le Chinois Qu Dongyu, qui dirige l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur-général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Brésilien Roberto Azevedo, dirigeant de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Pour les trois organisations multilatérales, il est "important" d'assurer les échanges commerciaux, "afin d'éviter des pénuries alimentaires" notamment dans les pays les plus pauvres, indique leur texte commun reçu à Paris. Peut-être visée par cet avertissement, la Russie, premier exportateur mondial de blé, dont le ministre de l'Economie et celui de l'Agriculture ont défendu en début de semaine un projet de limiter les exportations russes de céréales à 7 millions de tonnes entre avril et juin, ont indiqué à l'AFP plusieurs cabinets de courtage sur le marché européen du blé.

Pour les experts de la FAO, l'agence onusienne chargée de l'agriculture et de l'alimentation, les "restrictions à l'exportation" débouchent parfois sur des famines dans d'autres coins du globe.

Manque de main-d'oeuvre étrangère pour l'agriculture occidentale

Les trois organismes s'inquiètent aussi du "ralentissement de la circulation des travailleurs de l'industrie agricole et alimentaire" qui bloquent de nombreuses agricultures occidentales. Avec la fermeture des frontières due au coronavirus, elles se découvrent toutes en même temps dépendantes de main d'oeuvre venue d'ailleurs: latino-américains aux Etats-Unis, Maghrébins pour récolter les fraises en Espagne, backpackers européens en Australie, travailleurs agricoles d'Europe de l'Est dans les champs d'asperges en Allemagne...

L'OMC, la FAO et l'OMS se montrent également préoccupées par les "retards aux frontières pour les containers" de marchandises qui entraînent un "gâchis de produits périssables et une hausse du gaspillage alimentaire". Au plus fort de la crise du coronavirus en Chine, des bateaux chargés de containers de lait en poudre venant d'Europe n'ont même pas pu être déchargés par manque de main d'oeuvre dans les ports, par exemple.

Besoin de protection des salariés de l'agroalimentaire et de la distribution

Ces organisations soulignent enfin le besoin de "protection" des salariés engagés dans la production alimentaire, des ouvriers exerçant dans l'industrie de transformation agroalimentaire et ceux de la distribution, afin de "minimiser la propagation du virus dans le secteur" et de "maintenir les chaînes d'approvisionnement alimentaire". "Lorsqu'il est question de protéger la santé et le bien-être de leurs concitoyens, les pays doivent s'assurer que l'ensemble des mesures commerciales ne perturbe pas la chaîne de l'approvisionnement alimentaire", ajoutent les chefs de la FAO, de l'OMS et de l'OMC.

"C'est dans des périodes comme celles-ci que la coopération internationale est essentielle", soulignent-ils. "Nous devons nous assurer que notre réponse face à la pandémie de Covid-19 ne crée pas, de manière involontaire, des pénuries injustifiées de produits essentiels et exacerbe la faim et la malnutrition", concluent-ils.

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Business Insider (avec AFP)
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