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La pollution de l'air tuerait plus que les guerres, le paludisme, le tabagisme ou le sida

La pollution de l'air tuerait plus que les guerres, le paludisme, le tabagisme ou le sida
© Flickr.com/Alberto Hernández

La psychose planétaire autour du coronavirus ne cesse de gagner du terrain, à mesure que le virus COVID-19 se propage. Au total, 91 000 personnes ont été infectées dans le monde et 3 116 sont décédées selon le dernier décompte de l'AFP, réalisé à partir d'estimations officielles — sur une population mondiale d'environ 7,7 milliards d'habitants. Pourtant, un autre risque sanitaire semble ô combien plus périlleux à long terme pour l'ensemble des Terriens. Plus mortelle que beaucoup de maladies, la pollution de l'air a des conséquences désastreuses sur la santé humaine.

Elle réduirait de trois ans l'espérance de vie au niveau mondial, selon une étude de la Société européenne de cardiologie (ESC), publiée mardi 3 mars 2020 et réalisée à partir de données de 2015 sur l'exposition à l'ozone et aux particules fines. Les Asiatiques seraient les plus durement touchés. En Chine, où la croissance économique reste très forte et les centrales à charbon une source essentielle d'énergie, l'espérance de vie se trouverait ainsi réduite de 4,1 années. Elle serait également raccourcie de 3,9 ans en Inde. L'ensemble du continent africain subirait de son côté une réduction de 3,1 années de l'espérance de vie.

8,8 millions de décès par an

Les pays les plus développés apparaissent globalement moins affectés, même si l'Europe affiche une baisse de l'espérance de vie de 2,2 ans à cause de la pollution de l'air, et l'Amérique du Nord de 1,4 an. La pollution atmosphérique provoquerait 8,8 millions de décès prématurés chaque année, selon l'étude, un chiffre deux fois plus important que celui avancé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), rappelle l'AFP. "L'impact de la pollution atmosphérique sur les maladies cardiovasculaires et autres maladies non transmissibles a été considérablement sous-estimé", souligne Jos Lelieveld, l'un des auteurs de l'étude cité par l'agence de presse.

Cette pollution tuerait ainsi plus que le tabagisme, à l'origine de la mort de 7,2 millions de personnes par an, selon l'OMS. En comparaison, le tabagisme raccourcit l'espérance de vie de 2,2 ans en moyenne, "le sida (VIH) de 0,7 an (1 million de décès), des maladies comme le paludisme portées par des parasites ou des insectes tels que les moustiques et toutes les formes de violence (y compris les décès dans les guerres) de 0,3 an (530 000 décès)", détaillent les auteurs de l'étude cités par le quotidien belge L'Echo.

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La pollution de l'air abîme les vaisseaux sanguins et provoque une élévation de la pression artérielle, des AVC, des crises cardiaques, du diabète, voire des cancers du poumon. Les personnes âgées de plus de 60 ans restent les plus vulnérables et représenteraient les trois-quarts des décès dus à la pollution atmosphérique. D'après l'étude, environ les deux tiers des décès prématurés sont imputables à la pollution de l'air d'origine humaine, en raison notamment de l'utilisation de combustibles fossiles pour les voitures, le chauffage ou encore l'industrie.

Business Insider
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