La reconnaissance faciale d'Amazon peut maintenant détecter la peur

Jeff Bezos, PDG d'Amazon. Spencer Platt/Getty Images

Amazon Web Services a étendu les capacités de sa technologie controversée de reconnaissance faciale, appelée Rekognition. La technologie différencie maintenant mieux les tranches d'âge et pourrait peut-être bientôt détecter la peur, a annoncé la société dans un communiqué ce lundi 12 août.

L'entreprise a expliqué (et nous soulignons) :

Aujourd'hui, nous introduisons des améliorations en termes de précision et de fonctions dans notre technologie de reconnaissance faciale. L'analyse des visages génère des métadonnées à partir des visages détectés, qui se divisent par sexe, tranche d'âge, émotions, ainsi que par des attributs tels que le sourire, les expressions du visage, la qualité de l'image et le repérage du visage. Avec cette version, nous avons encore amélioré l'exactitude de l'identification du sexe. De plus, nous avons également amélioré la précision de la détection de sept émotions ; 'Heureux', 'Triste', 'Fâché', 'Surpris', 'Dégoûté', 'Calme' et 'Confus', et ajouté une nouvelle émotion, la 'Peur'. Nous avons finalement amélioré la précision de l'estimation des tranches d'âge ; vous pourrez obtenir des tranches d'âge plus précises.

Plus tôt ce mois-ci, Amazon Web Service a également annoncé que Rekognition pourrait désormais détecter les contenus violents tels que le sang, les blessures, les armes, l'automutilation, les cadavres, ainsi que les contenus sexuellement explicites. Mais c'est l'augmentation du nombre de tranches d'âge et la détection de la peur qui ont le plus été les nouveautés les plus commentées sur Twitter. Pas plus tard que le mois dernier, plusieurs manifestants ont interrompu Werner Vogels, directeur technique d'Amazon Web Services, pendant une présentation lors d'une conférence Amazon Web Services à New York.

Ils protestaient contre le travail qu'Amazon réalisait avec la police de l'immigration, l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), mais également contre la politique de séparation familiale à la frontière du sud des Etats-Unis. Amazon n'a pas confirmé si l'ICE utilise cette technologie mais l'entreprise a rencontré des représentants de l'ICE pour présenter sa technologie de reconnaissance faciale, parmi d'autres services Amazon Web Services, comme l'ont révélé des mails échangés entre Amazon et divers représentants gouvernementaux, obtenus par l'Union américaine pour les libertés civiles.

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La reconnaissance faciale d'Amazon a été critiquée par de nombreux groupes qui souhaiteraient que l'entreprise cesse de vendre cette technologie aux autorités. En avril, des experts de l'IA ont écrit une lettre ouverte à Amazon à ce sujet. Plusieurs groupes en défense des droits civiques l'ont contestée. 100 employés d'Amazon ont envoyé une lettre à la direction en 2018, pour demander à l'entreprise de cesser de vendre Rekognition aux forces de l'ordre. Cette année, encore 500 signatures se sont jointes à la demande pour qu'Amazon cesse toute collaboration avec l'ICE.

"La réponse d'Amazon Web Services est d'améliorer l'estimation de la tranche d'âge et la détection de la peur dans le service ? Est-ce que c'est une blague ?", a tweeté Corey Quinn du groupe Duckbill, un cabinet qui aide les entreprises à gérer leur facture d'Amazon Web Services. Corey Quinn anime également le podcast "Screaming in the Cloud".

Un autre développeur a tweeté : "Dans 25 ans, nous allons parler de la façon dont Amazon Web Services a géré cette situation de la même manière dont nous parlons d'IBM et de sa responsabilité d'avoir permis l'holocauste. Tous les ingénieurs et chercheurs qui ont travaillé là-dessus devraient avoir honte."

Le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis cherche à acheter plus de technologie de reconnaissance faciale

Entre-temps, le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, une agence affiliée à l'ICE, a lancé une nouvelle demande de prix pour un nouveau système de sécurité frontalier de grande envergure qui comprend une utilisation accrue de la technologie de reconnaissance faciale.

"La technologie de reconnaissance faciale sera appliquée pour tous les passagers", indiquent les documents du service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis. L'agence utilise déjà la reconnaissance faciale dans divers aéroports, comme à Mexico, où elle associe les visages des passagers aux photos récupérées de leurs passeports ou d'autres documents gouvernementaux, dit-il.

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Mais l'agence de police douanière utilise d'autres informations biométriques, telles que la prise des empreintes digitales des personnes à la frontière s'ils soupçonnent qu'elles entrent illégalement dans le pays.

"La vision d'avenir de l'agence pour la technologie biométrique est de la développer à l'échelle nationale en utilisant le cloud computing (informatique en nuage en français)", affirmait l'agence dans un article de 2017 sur l'utilisation de la reconnaissance faciale et la technologie des empreintes digitales.

Ce nouveau contrat de nouvelles technologies de sécurité frontalière devrait commencer début 2020 et pourrait s'élever à 950 millions de dollars (environ 850 millions d'euros) sur toute sa durée de vie, selon les documents de l'agence.

Version originale : Julie Bort/Business Insider

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