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La rémunération d'Alain Weil fait grincer des dents chez Altice

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La rémunération d'Alain Weil fait grincer des dents chez Altice
Alain Weill, directeur général d'Altice Europe et patron de NextRadioTV, en octobre 2019. © Hisaux/Wikimedia Commons

Alors que le groupe NextRadioTV, propriété du groupe télécom Altice et détenteur des chaînes BFMTV et RMC, est en proie à un mouvement social inédit, la rémunération de son patron Alain Weill est fortement contestée. Mais ceux qui s'y opposent n'ont pas suffisamment de poids au sein du groupe pour imposer quoi que ce soit. Le rapport des rémunérations 2019 de la direction d'Altice a obtenu, lors de l'assemblée générale le 26 juin 2020, 12,97% de votes contre, soit la quasi-totalité des actionnaires minoritaires de l'entreprise, rapporte L'Agefi.

Or, le milliardaire Patrick Drahi, président-fondateur d'Altice Europe, dispose de 75% du capital de la société. De quoi s'assurer de pouvoir faire la pluie et le beau temps au sein du groupe. Dans le viseur des actionnaires minoritaires, figureraient notamment les revenus d'Alain Weill. Le bras droit de Patrick Drahi a perçu en 2019 une rémunération de base de 2,29 millions d'euros. Seul le directeur général de Liberty Global gagnerait plus parmi tous les opérateurs en Europe, selon une note des analystes de Bank of America cités par L'Agefi.

Rémunération potentielle de plus de 30 M au total

À cela s'ajoute un bonus de 1 million d'euros, ainsi qu'un intéressement de long terme qui prend la forme d'actions de classe B valorisées 27,49 millions d'euros au 31 décembre 2019. La rémunération potentielle d'Alain Weill s'élève donc à 30,78 millions d'euros au total. Les actions de classe B donnent des droits différents des actions de classe A. Elles peuvent par exemple offrir un dividende plus élevé ou plus régulier mais, en contrepartie, elles ne confèrent aucun droit de vote à l'assemblée générale.

Cet intéressement en actions avait été approuvé en juillet 2018 par une AG extraordinaire. À l'époque, déjà, les actionnaires minoritaires s'y étaient opposés, avec 16% de votes contre. Et le comité des rémunérations du conseil d’administration d'Altice avait aussi émis un avis défavorable.

Ce nouveau rejet des minoritaires, le 26 juin dernier, est intervenu deux jours seulement après le début de la première grève de l'histoire des salariés de BFM et RMC. Ce mouvement social, entamé le 24 juin, vient en réponse à un plan de suppression de postes annoncé le 17 juin par NextRadioTV et prévoyant initialement de se séparer de 330 à 380 CDI, soit jusqu'à 30% des effectifs, et de réduire de 50% le nombre de pigistes et d'intermittents.

Si la grève a été suspendue, les négociations se poursuivent entre la direction et les syndicats, qui ont pour le moment obtenu une baisse du volume de réduction des pigistes à 33% et des intermittents à 37%, contre 50% initialement. Les suppressions d'emplois doivent quant à elles prendre la forme de départs volontaires, mais jusqu'au 30 novembre 2021 seulement. Elles devraient finalement concerner 330 postes.

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