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'La Révolution' sur Netflix : une réécriture convaincante et esthétique de l'Histoire

'La Révolution' sur Netflix : une réécriture convaincante et esthétique de l'Histoire
Les huit épisodes de "La Révolution" sont disponibles ce vendredi 16 octobre sur Netflix. © Netflix

"Et si on nous avait menti depuis plus de deux siècles ?" Avec sa nouvelle série française, "La Révolution", lancée ce vendredi 16 octobre, Netflix tente de réécrire l'Histoire. Dans sa version du mythe fondateur de la République française, les nobles sont des vampires sanguinaires et une jeune fille qui entend des voix annonce la catastrophe qui vient. La plateforme continue ainsi d'explorer le genre fantastique — après plusieurs tentatives plus ou moins réussies — délaissé par les chaînes de télévision traditionnelles.

"La Révolution" débute en 1787, dans le comté fictionnel de Montargis où le jeune médecin Joseph Guillotin (Amir El Kacem) — celui qui donnera son nom au célèbre instrument coupeur de tête — découvre un nouveau virus : le sang bleu, qui transforme les personnes malades en créatures assoiffées de sang. Dans le même temps, Elise de Montargis (Marilou Aussilloux), la fille du comte, veille sur sa jeune sœur Madeleine, sourde et muette, en l'absence de son père. Le comte s'est mystérieusement volatilisé et a laissé le pouvoir à son frère Charles (Laurent Lucas), un personnage aux intentions troubles. Enfin, un groupe baptisé La Fraternité vit en marge de la société et milite pour la fin des privilèges et pour plus de justice et d'égalité.

Cela fait beaucoup de personnages à introduire, et la série, créée par Aurélien Molas (à qui l'on doit les mini-séries Arte "Maroni, les fantômes du fleuve" et "Une île") met bien deux épisodes avant de rentrer dans le vif du sujet. Au final, les huit épisodes qui composent la première saison de "La Révolution" servent à mettre en place un conflit qui finit par éclater à la toute fin et qu'on imagine s'étaler sur les saisons suivantes. La "Révolution" qui donne son nom à la série n'a en réalité pas encore eu lieu.

Heureusement, les quelques lenteurs de la série sont gommées par une esthétique soignée qui la rendent agréable à regarder. Même si on sent que le budget n'était pas aussi faramineux que pour d'autres productions historiques telles que "The Crown" — les plans de ville réalisés par ordinateur sont assez grossiers et les décors extérieurs se résument à des clairières anonymes —, "La Révolution" nous convainc tout de même avec ses costumes et ses intérieurs.

Une réussite esthétique

Surtout, la série nous offre de belles images, avec des scènes sombres bien éclairées, et une ambiance froide et crépusculaire qui accompagne bien le récit. Les trois réalisateurs qui se partagent les épisodes — Jérémie Rozan, Edouard Salier et Julien Trousselier — viennent du clip musical et de la pub, et cela se ressent. C'est parfois un peu trop, notamment lors des nombreux ralentis pour souligner les moments les plus dramatiques, mais cette mise en image moderne est globalement stimulante. Elle s'accompagne en plus d'une bande-son efficace, qui mêle musique classique et nappes électros.

Plus qu'une nouvelle interprétation de la Révolution française, la série est surtout une parabole sur la décadence des élites et l'ivresse du pouvoir. Les aristocrates ont littéralement le sang bleu lorsqu'ils sont contaminés, et ils s'attaquent au peuple pour nourrir leur soif de puissance.

Ainsi, les symboles ne sont pas toujours subtils. La cheffe de la Fraternité (jouée par Gaia Weiss) s'appelle par exemple Marianne.

Les femmes au centre de son récit

"La Révolution", puisqu'elle réécrit l'Histoire, n'hésite d'ailleurs pas à mettre les femmes au centre de son récit. Elise, la fille du comte — pas sourde aux revendications du peuple — est celle qui connaît l'évolution la plus intéressante, même sa trajectoire d'aristocrate qui se repenti n'est pas hyper originale.

En revanche, l'autre personnage central, Joseph, peine à s'imposer. Son histoire personnelle et sa relation avec son frère sont évoqués mais à peine explorés.

Reste Donatien de Montargis (Julien Frison), neveu du comte qui, sous l'effet du sang bleu, va se transformer et devenir un agent du chaos, sorte de Joker à la folie destructrice. S'il semble ridicule au début, il s'avère être le personnage masculin le plus fascinant.

Il laisse présager d'une seconde saison qui pourrait aller plus loin, en élargissant son champ d'action, au fur et à mesure que l'épidémie se propage.

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