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La Russie a dévoilé son bouclier spatial destiné à détecter le lancement de missiles balistiques

La Russie a dévoilé son bouclier spatial destiné à détecter le lancement de missiles balistiques
© Le président russe Vladimir Poutine. Valery Sharifulin/TASS via Getty Images)

Les grandes puissances spatiales ont réaffirmé cette année leurs intentions de développer leurs capacités de surveillance et d'autodéfense dans l'espace. Les Etats-Unis et la France ont notamment lancé des commandements de l'espace afin de protéger leurs satellites de tentatives d'espionnage, de brouillage, de cyberattaques etc. Le Congrès américain a d'ailleurs approuvé le 17 décembre dernier la création de la force de l'Espace voulue par Donald Trump, qui sera placée sous l'autorité de l'US Air Force.

La Russie a dévoilé quant à elle ce mercredi 18 décembre 2019 des détails concernant son bouclier spatial anti-missile, dont les contours restent tout de même mystérieux. Ce système, baptisé "Koupol" ("Dôme" en russe), est destiné à détecter depuis l'espace le lancement de missiles balistiques, leur trajectoire et la zone visée, selon des documents présentés ce mercredi par l'état-major russe aux attachés militaires étrangers en poste à Moscou et visibles sur des photographies diffusées sur le site internet du ministère de la Défense.

La Russie affirme être à la pointe du développement d'armes 'invincibles'

Trois satellites d'alerte précoce "Toundra" ont déjà été mis en orbite dans le cadre de ce programme en 2015, 2017 et 2019. La composition complète du "Koupol", qui se veut l'équivalent du système américain SBIRS, n'est toutefois pas connue. Selon Valéri Guérassimov, le chef de l'état-major russe, le satellite mis en orbite récemment a "augmenté significativement la capacité de la Russie à assurer la détection des lancements de missiles balistiques".

La Russie, qui dispose déjà depuis 2015 d'une "force spatiale" intégrée à ses forces aériennes et dont le rôle principal est la lutte anti-missile, accuse depuis des années les Etats-Unis de vouloir militariser l'espace, l'une des dernières sphères de coopération entre les deux puissances rivales. En 2018, les Etats-Unis, qui soupçonnent eux aussi la Russie de chercher à développer des armes spatiales, s'étaient dits alarmés par le "comportement très anormal" d'un satellite russe. Moscou avait dénoncé des "accusations infondées".

Selon Stéphane Mazouffre, directeur de recherche au laboratoire ICARE — pour "Institut de Combustion Aérothermique Réactivité Environnement" — du CNRS, interrogé par Business Insider France, les grandes puissances spatiales développent leurs capacités de surveillance et d'autodéfense dans l'espace afin de se préparer à la venue des missiles hypersoniques. A la différences des ogives classiques, dont on connaît la trajectoire et la cible une fois lancées, les missiles supersoniques sur lesquels travaillent les Etats-Unis, la Chine ou la Russie devraient pouvoir "aller très vite (à une vitesse supérieure à plus de 6000 km par heure), tout en suivant une trajectoire non définie. Le missile tourne autour de la planète et à un moment donné, il va descendre et on ne sait pas quand il va tomber ni où", a-t-il précisé.

Le déploiement de commandements de l'espace devrait permettre à ces pays de développer des moyens de suivi et d'interception pour ces futures missiles hypersoniques. La Russie affirme être à la pointe du développement d'armes "invincibles" capables de surpasser les boucliers existants tels que les missiles hypersoniques Avangard, les missiles intercontinentaux Sarmat ou les missiles de croisière Bourevestnik, censés avoir une "portée illimitée".

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