Application Tinder

L'application Tinder sur un téléphone. Blake/Reuters

Tinder, la plus célèbre des applications de rencontres, a accepté de se conformer à une ordonnance du gouvernement russe lui demandant de rejoindre une liste d'entreprises tenues de partager des données avec les agences de sécurité du pays. Néanmoins, l'entreprise américaine affirme qu'elle n'a pas encore transmis les données personnelles de ses utilisateurs, envisageant ainsi la possibilité de refuser tout demande en ce sens si jamais elle était formulée par les autorités russes.

C'est Roskomsvoboda, une organisation non gouvernementale russe dénonçant les restrictions sur internet imposées par la Russie, qui a annoncé, ce lundi 3 juin, que Tinder figurait désormais sur le registre des sociétés tenues de partager leurs données avec les autorités de Moscou. Dans un communiqué de presse, adressé notamment à Business Insider US, Tinder a confirmé qu'elle avait "reçu une demande pour s'enregistrer auprès des autorités russes, et qu'elle s'est enregistrée pour s'y conformer". Mais l'entreprise a aussi insisté sur le fait qu'elle n'avait pas transmis pour l'heure les données personnelles de ses utilisateurs. 

"Cette inscription ne signifie en aucun cas un partage des données personnelles ou des données d'utilisateurs avec les agences de régulation et nous n'avons pas livré de données au gouvernement", peut-on encore lire dans le communiqué.

Selon BBC Russie, les sites internet figurant sur ce registre, connu sous l'appellation "organisateurs de la diffusion de l'information" (ORI), doivent donner au gouvernement l'accès aux "correspondances, aux audios, aux vidéos et tout autre matériel d'utilisateur". Les informations recueillies peuvent alors être consultées par des organismes tels que le FSB, le service russe de sécurité et de contre-espionnage. 

Le bâtiment du KSB à Moscou, en Russie. Oleg Klimov/Getty Images

Le registre est établi par le Roskomnadzor, l'organe d'État en charge de la censure des médias et des communications.

La Russie pourrait demander des informations concernant n'importe quel utilisateur de Tinder dans le monde, pas seulement en Russie. Ça sera alors à l'entreprise de réagir.

En 2018, la messagerie cryptée Telegram a été ajouté au registre ORI. Mais elle a refusé de partager ses données avec le gouvernement russe. L'application a ensuite été interdite dans le pays.

Sur son site internet, Tinder, qui a été créée en Californie, précise qu'elle opère dans plus de 190 pays et dénombre un million de rencontres par semaine organisées grâce à son application.

La Russie a récemment redoublé ses efforts en matière de contrôle et de censure sur Internet. Et le pays dirigé par Vladimir Poutine est en train de créer son propre réseau internet isolé qui ne sera accessible qu'au sein des frontières russes. 

Version originale : Sinéad Baker/Business Insider

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