TGV double sur la ligne Atlantique, le 20 septembre 2018. REUTERS/Christian Hartmann

Train, bus, métro, vélo, voiture avec chauffeur ou sans, et même trottinette... l'offre de transports quotidiens s'étoffe année après année et l'enjeu aujourd'hui est de permettre une expérience d'utilisation la plus fluide et complète possible.

Plusieurs opérateurs travaillent déjà à des solutions multimodales et parmi eux la SNCF. Annoncé en septembre 2017, son "Assistant personnel de mobilité" sera lancé au printemps 2019. 

Sa promesse? Permettre aux clients de s'informer, réserver et payer tous ses trajets via une seule application, celle de la SNCF. 

"Nous allons devenir une véritable place de marché, un agrégateur de solutions de transports. Ce sera comme dans un grand magasin. On fait ses courses à différents corners mais au final on paie tout à la même caisse", a expliqué ce mardi Alexandre Viros, directeur-général de Oui.sncf lors d'un point d'étape du projet. 

"L'avenir du e-commerce c'est de s'insérer dans les usages, c'est d'aller où se trouve le client. Le métier de Oui.sncf ce n'est plus seulement de vendre des billets. Désormais il faut accompagner les clients d'un point A à un point B. Le client est multimodal, donc on doit être multimodal", a ajouté Alexandre Viros. 

L'assistant personnel de mobilité regroupera en 2019 toute l'offre de la SNCF: Transilien, TER, Keolis, iDVROOM, OuiCar, iDcab, iDAVIS... ainsi que d'autres acteurs majeurs des transports. Le nom de ces nouveaux partenaires n'est pas encore public, mais la SNCF assure qu'il aura des offres de VTC, vélo, bus, taxi et parking. Le service affichera un accès à tous ces moyens de transports, avec un sytème de paiement unique utilisant la technologie NFC. Il enverra également des notifications de perturbations en temps réel et proposera la meilleure combinaison d'itinéraires en cas d'aléa.

Avant cela, fin octobre ou début novembre, une étape intermédiaire prévoit l'intégration des données RATP au sein de l'application SNCF. Des données de trafic que la SNCF va acheter à la RATP pour les avoir en temps réel et non avec un intervalle de quelques minutes comme c'est actuellement le cas avec les informations RATP en open data.

1000 personnes dédiées à la tech

Pour accélérer sur ce chantier, déjà évoqué il y a plus d'un an par Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, le groupe a décidé de regrouper ses ressources technologiques au sein d'un nouvel ensemble transversal baptisé "e-voyageur SNCF", composé notamment de e-voyageur Technologie (ex-Voyage-sncf Technologies) et des équipes de l'application SNCF, au total, plus de 1000 personnes dédiées à la tech.

"Il y a une forme d'urgence", estime le directeur-général de Oui.sncf. "Le temps moyen passé chaque jour par les Français dans les transports est d'1h20 et le taux de congestion des villes a augmenté de 15 à 20% entre 2010 et 2016. Face à cela, on assiste à une multiplication de l'offre de mobilité. Personnellement, j'ai eu jusqu'à 50 applications de mobilité sur mon smartphone mais en moyenne un quart des Franciliens en a plus de 6. Notre ambition est de leur offrir un circuit fluide, 'sans couture' et la SNCF en a les moyens."

Le groupe met en avant son expertise de paiement via son site de e-commerce et sa puissance géographique, couvrant près de 500 villes alors que l'application concurrente Citymapper ne couvre en France que Paris et Lyon et ne permet pas de payer. SNCF a également un autre atout de taille, l'exploitation des données des utilisateurs de son réseau. 

"Nous développons un sixième sens de la mobilité. C'est comme un matelas à mémoire de forme", explique Alexandre Viros, "Plus je l'utilise, plus il me ressemble. Dans les années 2000, le site voyages-sncf a été le premier sur lequel les Français ont accepté massivement de payer avec leur carte bleue. Ils ont une vraie relation de confiance avec nous, 700.000 personnes ont déjà accepté que nous suivions leurs trajets."

"Cette collecte de données nous permet de proposer les informations les plus pertinentes sur les gares qu'ils utilisent, les trains qu'ils prennent, les perturbations. L'idée est qu'on puisse aussi faire des propositions de trajets multimodaux en fonction de critères de rapidité, de sécurité, ou même de pollution. "

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