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La sonde des Emirats arabes unis pourrait rejoindre 6 autres déjà en orbite autour de Mars

La sonde des Emirats arabes unis pourrait rejoindre 6 autres déjà en orbite autour de Mars
Une fusée H2A transportant la sonde Al-Amal, un orbiteur martien développé par les Émirats arabes unis, décolle du centre spatial de Tanegashima dans la préfecture de Kagoshima, au sud-ouest du Japon, le 20 juillet 2020. © Kyodo News via Getty Images

Les Emirats arabes unis (EAU) ont envoyé ce lundi 20 juillet 2020 leur premier sonde baptisée Al-Amal en direction de la planète Mars. La sonde aura comme objectif l'étude de l'atmosphère martienne et son climat. Elle prendra des mesures précises de la température de la basse atmosphère, sa composition chimique, la quantité d'hydrogène et d'oxygène perdue dans l'espace... La durée initiale de la mission est d'une année martienne, soit près de deux années terrestres. La sonde Al-Amal devrait se placer en orbite en février 2021 si tout se passe comme prévu.

L'orbiteur devrait ainsi rejoindre les rangs de six autres sondes actuellement en orbite autour de Mars : trois américaines, deux européennes et une indienne. La plus ancienne d'entre elles, Mars Odyssey, a été lancée par la NASA en avril 2001 et s'est placée en orbite le 24 octobre 2001, à 400 kilomètres d'altitude pour faire le tour de Mars en deux heures. D'autres orbiteurs ont été lancés par les Etats-Unis et l'URSS dans les années 1970 notamment — comme les programmes américains Mariner et Viking, et le programme russe Mars — mais ils ne sont plus en activité. D'autres comme Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander de la NASA ont quant à eux été perdus.

Voici les six autres sondes actuellement en orbite autour de Mars.

Mars Odyssey (Etats-Unis) — Lancé en 2001, il s'agit de la plus longue mission martienne de la NASA toujours active. Equipée d'une caméra haute résolution, d'un spectromètre infrarouge Themis, d'un spectromètre à rayons gamma (GRS) et d'un détecteur de radiations solaires, Mars Odyssey a pris de très nombreuses images de la surface martienne, de cavernes, de larges dépôts de sel et de grandes quantités de glace. La sonde a étudié la géologie, le climat et la minéralogie de Mars et aussi effectué des observations de Phobos, l'une des deux lunes martiennes.

Six vues de la lune martienne Phobos capturées par l'orbiteur Odyssey de la NASA en mars 2020.  NASA/JPL-Caltech/ASU/NAU

La sonde a aussi servi de relais de communication pour les rovers Opportunity et Spirit sur la surface martienne.

Vous pouvez retrouver toutes les images prises par Mars Odyssey depuis qu'il est en service sur cette page de la NASA.

Source : NASA

Mars Express — Positionnée en orbite de Mars depuis le 25 décembre 2003, cette sonde n'était censée être en service que pendant deux ans. Elle l'est finalement depuis bientôt 17 ans. Equipée d'une caméra de haute résolution capable de scanner la surface martienne pour y voir les détails et le relief, Mars Express a comme objectifs principaux de réaliser une cartographie à haute résolution (10 mètres) et pour certains sites à très haute résolution de 2 mètres; une cartographie minéralogique à 300 mètres de résolution; d'étudier la circulation et la composition atmosphérique; sonder le sous-sol par ondes radar pour détecter la glace et l'eau liquide dans le premier kilomètre sous la surface; et d'étudier les interactions entre la surface et l'atmosphère, ainsi que de l'atmosphère avec le milieu interplanétaire.

Les données récoltées par Mars Express ont permis aux scientifiques d'étayer l'image de Mars en tant que planète autrefois habitable avec un climat bien plus chaud et humide qu'aujourd'hui.

Source : ESA

Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) — En orbite depuis mars 2006, la sonde américaine a pour but de rechercher des preuves montrant que l'eau a subsisté à la surface de Mars pendant une longue période afin de fournir un environnement propice à la vie. Elle est dotée de six instruments dont la caméra HiRISE, de 50 cm de diamètre capable de prendre des photos à très haute résolution. Depuis ses débuts, MRO a renvoyé plus de 371 térabits de données sur Terre parmi lesquelles l'observation d'avalanches et de coulées d'eau saumâtre, de glace au niveau des pôles etc.

La sonde Mars Reconnaissance Orbiter. NASA/JPL/Corby Waste

MRO a aussi permis à la NASA de mieux sélectionner ses sites d'atterrissage, en privilégiant les régions plates sans trop de blocs rocheux par exemple. Ainsi, depuis 2007, l'agence spatiale américaine s'aide des clichés de MRO pour déterminer les trajets qu'effectueront ses futurs rovers sur la surface martienne.

Source : NASA

Mars Orbiter Mission — Lancée en novembre 2013 et placée en orbite en septembre de l'année suivante, cette sonde est la première développée par l'Inde pour l'étude de Mars. Il s'agit d'une mission à bas coûts, estimée à 74 millions de dollars de l'époque. Elle a achevé sa mission primaire en octobre 2016 en accomplissant ses objectifs principaux qui étaient l'étude de l'échappement de l'atmosphère martienne, la détection de traces de méthane et la recherche de vestiges de la présence d'eau à la surface de la planète rouge. Depuis, elle continue à prendre des clichés de Mars et ses lunes : l'agence spatiale indienne a récemment publié une photo de la lune Phobos.

L'une des premières images prises par la sonde indienne. ISRO

Source : ISRO

MAVEN — Lancée en novembre 2013, MAVEN est la première mission dédiée à la compréhension de l'atmosphère martienne. L'un de ses objectifs principaux était de déterminer la quantité d'atmosphère martienne qui a été perdue au fil du temps en mesurant le taux actuel de fuite vers l'espace et en recueillant suffisamment d'informations sur les processus pour permettre une extrapolation à rebours dans le temps. L'an dernier, les résultats sont tombés : les vents solaires, qui interagissent avec les particules de l'atmosphère et les expulsent dans l'espace au rythme de 100 grammes chaque seconde, sont responsables de ce phénomène.

Visualisation par ordinateur des trajectoires orbitales (points blancs) prises par l'engin spatial MAVEN lors de la cartographie des vents (lignes bleues) dans la haute atmosphère martienne.  NASA Goddard/MAVEN/SVS/Greg Shirah

Les principaux autres résultats scientifiques de MAVEN sont listés sur cette page : les observations d'une aurore à protons, le rayonnement des tempêtes solaires en orbite et à la surface martienne etc.

Source : NASA

ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) — Lancée en mars 2016, la sonde européenne a été spécialement conçue pour déceler des gaz à l'état de traces comme de la vapeur d'eau, des oxydes d'azote, de l'acétylène, mais surtout du méthane. Pour l'instant, l'engin spatial n'en a pas détecté — pourtant, les scientifiques ont constaté des émissions de méthane à plusieurs reprises sur la surface martienne depuis 2003. Comme l'explique l'Agence spatiale européenne (ESA), même si ces gaz sont présents en faibles concentrations (moins de 1% de l'atmosphère), ils 'pourraient néanmoins constituer des preuves d'une éventuelle activité biologique ou géologique'.

ESA/ATG medialab

Lors de son lancement, la sonde d'une masse d'environ quatre tonnes transportait, en plus de ses instruments scientifiques (spectromètres, caméras, détecteurs de neutrons), l'atterrisseur européen Schiaparelli, mais ce dernier a malheureusement raté son atterrissage sur Mars.

Source : ESA

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