La startup Alan se rêve en 'Free de l'assurance santé', son patron milite pour la fin d'une pratique qui pourrait faire économiser 1 Md€ aux Français

L'assureur Alan, qui propose une complémentaire santé pour les indépendants et les entreprises du digital, a levé 75 millions d'euros en trois ans. Alan

Un milliard d'euros. C'est la somme que les Français pourraient économiser si la résiliation des assurances santé était gratuite, en faisant baisser les frais de gestion de 3% grâce à la concurrence, d'après les estimations de l'association UFC Que Choisir. Et ce mercredi 20 mars 2019 débute à l'Assemblée nationale l'examen de ce sujet dans le cadre de la loi PACTE. Les Français dépensent chaque année directement 12 milliards d'euros dans leurs complémentaires santé. Mais un sur 10 n'en avait pas en 2018. Si le texte est adopté après la navette parlementaire, il alignera les complémentaires santé sur les contrats habitations et automobiles.

En pratique, aujourd'hui, il faut attendre la date anniversaire de son contrat pour y mettre un terme afin d'éviter qu'il soit renouvelé tacitement chaque 1er janvier. Parmi les défenseurs de cette mesure, un entrepreneur de la tech : Jean-Charles Samuelian, cofondateur d'Alan, premier assureur français indépendant lancé depuis 1986 et validé par l'organe de supervision français de la banque et de l'assurance. Dans une note de blog, il épingle des pratiques d'un autre temps, dénonçant "un rapport de force très défavorable aux assurés", qui empêcheraient les Français d'améliorer leur pouvoir d'achat.

"J'ai l'impression d'être revenu en France à la fin des années 2000 où on surpayait nos abonnements téléphoniques et les entreprises imposaient leurs règles", affirme le dirigeant. Derrière ce cheval de bataille, il ne faut tout de même pas se leurrer : Alan, qui a levé 75 millions de dollars en trois ans, tirait bien évidemment un avantage économique d'une telle évolution. "On vit avec les règles actuelles mais c'est sûr qu'on grandira plus vite sans", concède Jean-Charles Samuelian. Alan revendique 27 000 salariés assurés dans 2100 entreprises, pour un chiffre d'affaires de 22 millions d'euros.

Le parallèle avec les télécoms ne se résume pas à la situation d'un secteur d'activité dominé par des géants. Il est aussi dans les mots. En écoutant Jean-Charles Samuelian, on retrouve un peu des arguments de Xavier Niel lors du lancement de Free. Depuis l'opérateur a revu son positionnement prix à la hausse face à l'érosion de ses abonnés. Et quand on lui fait la remarque, Jean-Charles Samuelian accepte la comparaison. "Oui, on peut dire ça. On veut être le Free de l'assurance santé. On souhaite transformer un secteur centré sur lui-même en se concentrant sur l'utilisateur : rendre l'accès aux soins plus faciles, être mieux informé, être transparent sur les prix et les données."

Alan tente de se démarquer en proposant une expérience mobile très simple avec les codes du numérique. La startup intègre la télé-médecine avec prise en charge des frais, propose une carte interactive pour localiser un médecin à proximité, assure la transparence des tarifs et le montant du remboursement avant même la consultation ou des séances de médiation.

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