La Turquie a dévoilé lundi au Salon de l'Aviation du Bourget à Paris, une maquette à échelle réelle d'un nouveau concept de chasseur furtif. Le dévoilement de ce nouveau modèle baptisé TF-X, qui devrait être le premier chasseur de cinquième génération originaire de Turquie, intervient alors que les États-Unis s'apprêtent à expulser leur allié du programme des jets F-35 en réponse à l'achat prévu par le gouvernement russe de systèmes de missiles S-400 surface-air.

"Notre appareil n'est qu'au stade de maquette, mais en 2023 ce sera un véritable avion, le premier vol aura lieu en 2025 et le reste sera en service en 2028", a déclaré Temel Kotil, directeur général de Turkish Aerospace Industries Inc. (TAI), l'entreprise à l'origine du modèle et de ce nouveau concept de chasseur, révélé lors de l'événement, selon Defence News. Le programme TF-X a été lancé pour remplacer la flotte vieillissante des jets F-16 de l'armée de l'air turque. Le chasseur devait être compatible avec d'autres équipements de l'armée de l'air turque, dont le F-35, a déclaré TAI sur le site internet de l'entreprise.

La maquette présentée par TAI au Salon de l'Aviation du Bourget est la version bimoteur, l'une des trois variantes que l'entreprise a exploré ces dernières années, a rapporté The War Zone, ajoutant que l'appareil ressemblait beaucoup aux modèles F-22 et F-35 de Lockheed Martin.

Une vidéo promotionnelle vient souligner certaines des capacités potentielles du nouveau TF-X. Par exemple, l'appareil serait capable de voler à une vitesse de mach 2 (2469,6 km/h) et aurait un rayon de combat d'environ 600 milles nautiques (environ 1111 km). Temel Kotil a déclaré à la presse que l'appareil serait en mesure de transporter le missile air-air Meteor BVR dans la soute à bombes. 

"TAI est impliqué dans la fabrication du fuselage du F-35, ce qui lui donne les connaissances et les compétences nécessaires pour développer un chasseur de cinquième génération", a déclaré la compagnie. "Espérons qu'il sera également un bon combattant pour l'OTAN et ses alliés", a déclaré Temel Kotil, selon le journal Defense News.

Ce programme aérospatial revêt un caractère d'urgence alors que les États-Unis prennent des mesures pour retirer leur allié de l'OTAN du programme du développement de l'avion F-35, une réponse directe à la décision inébranlable d'Ankara d'acheter les missiles russes S-400 malgré les objections des États-Unis. "L'achat des S-400 par la Turquie entravera la capacité de votre pays à renforcer ou à maintenir sa coopération avec les États-Unis et au sein de l'OTAN", a récemment déclaré Patrick Shanahan, secrétaire de la Défense des États-Unis par intérim, dans une lettre au ministre turc de la Défense, Hulusi Aka, selon CNN

Les Etats-Unis ont déclaré que les F-35 et les S-400 étaient illégaux car ce dernier pourrait être utilisé pour collecter des informations sur le chasseur américain. Les États-Unis ont donné à la Turquie jusqu'au 31 juillet pour trouver un accord. Si la Turquie n'y parvient pas, les États-Unis empêcheront leur allié d'acheter les F-35 et arrêteront définitivement la formation des pilotes turcs sur le chasseur avancé. Le programme de formation a déjà été suspendu.

Version originale : Ryan Pickrell/Business Insider

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