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La vente de drogue sur Snapchat et Instagram fait des ravages chez les adolescents américains

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La vente de drogue sur Snapchat et Instagram fait des ravages chez les adolescents américains
Jaime Puerta, au centre, tient un portrait de son fils Daniel Puerta-Johnson, décédé en avril 2020 à l'âge de 16 ans à cause d'une pilule contenant du fentanyl, en février à Los Angeles. © Photo by PATRICK T. FALLON/AFP via Getty Images

L'un des derniers actes de la courte vie de Devin Norring s'est déroulé sur Snapchat. L'année dernière, le jeune homme de 19 ans originaire de Hastings, dans le Minnesota, est entré en contact avec un trafiquant de drogue sur le réseau social et s'est arrangé pour acheter une pilule antidouleur normalement délivrée sur ordonnance. Mais la pilule que le dealer lui a livrée contenait du fentanyl, un opiacé si puissant que le jeune est mort peu après l'avoir avalée.

Cette tragédie s'inscrit dans un schéma douloureux qui s'est répété au cours de l'année écoulée, propagé par l'immédiateté et la facilité que les adolescents attendent à l'ère des applications à la demande. Mais, contrairement aux répercussions de la publication d'une vidéo malencontreuse ou d'un commentaire regrettable sur Snapchat, les conséquences pour les adolescents qui achètent des pilules en ligne peuvent être irréversibles.

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À Los Angeles comme dans les petites villes du Minnesota, dans les familles célèbres aussi bien qu'au sein de la classe ouvrière, une drogue de 50 à 100 fois plus forte que la morphine fait des victimes à un rythme sans précédent pendant la pandémie. Les transactions sont parfois organisées par l'intermédiaire des réseaux sociaux auprès de jeunes gens qui restent à la maison.

"Je dirais que 80% des personnes que je connais qui ont perdu des enfants à cause d'un empoisonnement au fentanyl disent que leur enfant a acheté la drogue sur Snapchat", a déclaré Jaime Puerta, dont le fils de 16 ans, Daniel, est mort en avril 2020 d'un empoisonnement au fentanyl.

Pourquoi, veulent savoir les familles, les forces de l'ordre et les réseaux sociaux ne peuvent-ils pas réprimer les ventes publiques flagrantes de fentanyl avant que d'autres jeunes ne meurent ? La réponse, selon les experts, est une combinaison dévastatrice de pilules contrefaites et de technologie grand public qui a "accéléré le danger" de la consommation de drogues chez les jeunes — et qui a laissé les entreprises, les forces de l'ordre et les experts de la santé se démener pour rattraper le retard.

"Ces jeunes de 14 et 15 ans ne savent pas ce qu'ils font", a déclaré à Insider Lisa Smittcamp, procureure du district de Fresno, en Californie. "C'est le danger de la livraison de drogue par Snapchat. La première fois qu'ils l'utilisent, ils peuvent mourir."

Lorsque le Dr Laura Berman, une célèbre sexologue, a annoncé en février que son fils était mort d'un empoisonnement au fentanyl après avoir contacté un dealer sur Snapchat, de nombreux Américains ont été stupéfaits par cette tragédie. Mais une enquête d'Insider a démontré que cette histoire n'était que trop familière. "Ce n'est pas seulement son enfant", explique Bridgette Norring, la maman du Minnesota qui a perdu son fils Devin l'année dernière et qui pense qu'il y a "des milliers de familles comme la nôtre".

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Insider a trouvé deux douzaines de cas de décès dus au fentanyl dans lesquels le dealer a utilisé Snapchat pour contacter ses clients, selon des dossiers judiciaires, des coupures de presse et des témoignages de parents de 2020 et 2021. Une enquête d'Insider a révélé qu'Instagram a omis à plusieurs reprises de retirer les comptes vantant les pilules illégales à vendre après que les utilisateurs les ont signalés — un oubli que la filiale de Facebook a imputé à un bug.

Snapchat a déclaré intensifier ses efforts pour lutter contre l'épidémie de fentanyl sur plusieurs fronts, et Instagram a déclaré qu'il renforcerait sa réglementation interdisant la vente de médicaments.

Mais pour de nombreuses familles touchées, les réseaux sociaux permettent trop facilement aux adolescents d'acheter du fentanyl et ne les aident pas assez après une tragédie.

Facilité déconcertante

Les réseaux sociaux ont bien entendu des règles interdisant la vente de médicaments sur leurs plateformes. Mais cela n'a pas empêché le développement de la pratique. Une visite rapide sur Instagram révèle une abondance de comptes vantant la consommation et la disponibilité de toutes sortes de pilules, dont le Xanax, le Percocet et l'OxyContin — et indiquant souvent un identifiant Snapchat pour organiser les transactions.

Certains comptes publient des vidéos de pilules dans leurs stories Snapchat et Instagram et utilisent l'argot des drogues dans leurs noms d'utilisateur. Les acheteurs intéressés, indiquent-ils, peuvent contacter directement ces comptes par le biais de la messagerie intégrée des applications s'ils veulent organiser des transactions.

Souvent, ont indiqué les parents et les forces de l'ordre à Insider, les comptes Instagram envoient les acheteurs vers les comptes Snapchat, où les transactions sont organisées grâce aux messages éphémères de l'application. La fonction de localisation de Snapchat, particulièrement populaire auprès des adolescents, est un outil idéal pour permettre aux acheteurs et aux vendeurs de se retrouver, selon les experts des réseaux sociaux et les forces de l'ordre. La carte de localisation de l'utilisateur, qui doit préalablement être activée, permet d'organiser facilement un lieu de rendez-vous ou de demander au dealer de livrer la drogue directement à la porte de l'acheteur, expliquent les experts.

Snapchat a déclaré qu'il donnait la priorité à la sécurité en renforçant les outils d'intelligence artificielle pour repérer les pilules à vendre, en bloquant les noms d'utilisateur et les hashtags contenant des termes liés à la drogue, en donnant des moyens d'action aux bénévoles de la communauté et aux groupes de sécurité familiale, ainsi qu'en améliorant sa collaboration avec les forces de l'ordre afin de lutter contre le fentanyl et les autres drogues en vente sur sa plateforme. L'entreprise exhorte les utilisateurs à signaler toute activité illégale sur sa plateforme.

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"Nos plus sincères condoléances vont aux parents et aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause de la terrifiante épidémie de fentanyl. Nous nous engageons à travailler avec les forces de l'ordre dans tous les cas où Snapchat est utilisé à des fins illégales", a déclaré l'entreprise dans une déclaration écrite fournie à Insider.

"Nous essayons d'être aussi proactifs que possible dans la détection, la prévention et l'éradication de ce type d'abus — mais nous savons que les trafiquants de drogue évoluent constamment la façon dont ils essaient d'échapper aux règles sur de nombreuses plateformes. Nous améliorons en permanence nos capacités pour lutter contre cette activité illégale, notamment en déployant des outils d'apprentissage automatique et de détection proactive, et pour sensibiliser aux dangers de la drogue dans le but de sauver des vies."

Pourtant, pour une mère de Californie dont le fils est décédé d'un empoisonnement au fentanyl en septembre, le processus de signalement d'un dealer sur Snapchat aux forces de l'ordre s'est transformé en parcours du combattant. Les enquêteurs lui ont dit à plusieurs reprises qu'ils attendaient que Snapchat réponde à un mandat de perquisition pour obtenir des informations liées à leur enquête sur le dealer. Après plusieurs mois, Snapchat a répondu que le mandat de perquisition manquait d'informations, et la police a déposé une autre demande le mois dernier, a-t-elle déclaré. Pendant ce temps, le compte Snapchat appartenant apparemment au dealer est resté actif. Snapchat a enquêté et fermé le compte après qu'il a été signalé par Insider. La mère a requis l'anonymat pour des raisons de sécurité — Insider connaît son identité.

À Los Angeles, Jaime Puerta et d'autres parents qui ont perdu des enfants à cause du fentanyl se sont rassemblés devant un bâtiment fédéral en février pour demander aux autorités d'agir face au problème des pilules contrefaites qui tuent des enfants avec des quantités mortelles de fentanyl. "Il anéantit une partie de la génération si rapidement qu'elle n'a même pas le temps de devenir dépendante", a déclaré Jaime Puerta.

Deux médicaments figurent dans le nom du compte, qui contient de nombreux commentaires expliquant comment commander les pilules photographiées pour être livrées. Instagram a d'abord refusé de suspendre le compte et des dizaines d'autres. La plateforme a déclaré qu'elle n'avait pas réussi à traiter les signalements de vente de fentanyl "en raison d'un bug". Instagram

Instagram a évoqué un 'bug' pour expliquer l'absence de sanctions

Instagram a également du mal à s'attaquer aux messages et aux comptes qui vendent du fentanyl. En l'espace de deux mois, des parents et Insider ont signalé 50 comptes publiant des photos d'analgésiques délivrés sur ordonnance — dont certaines comportaient le nom des médicaments dans l'intitulé du compte — via l'application mobile et le site d'Instagram. Sur 40 de ces comptes, les commentaires énuméraient des comptes de réseaux sociaux et des sites web, qui, selon les forces de l'ordre et les experts, sont utilisés pour vendre les médicaments.

Même si huit messages ont été supprimés, Instagram n'a initialement suspendu aucun des 50 comptes — dont certains incorporaient les nom de fentanyl, Xanax ou Percocet — signalés depuis son application. Dans 37 cas, la société a répondu qu'elle avait examiné un compte ou un post et constaté que "cela ne va pas à l'encontre de (leurs) directives communautaires", qui interdisent la vente de drogues illégales.

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Dans un courriel, un porte-parole de la société a déclaré que les réponses automatiques rejetant les rapports étaient "dues à un bug" ou à une erreur technique, qui a été résolu. Insider a soumis dix signalements de comptes après que la société a déclaré que le bug avait été corrigé, et six des dix comptes ont été supprimés.

"Nous interdisons les tentatives d'achat, de vente ou d'échange de médicaments non médicaux et de médicaments pharmaceutiques par des particuliers, des fabricants et des détaillants, car elles violent nos politiques relatives aux marchandises réglementées. Nous avons désactivé tous les autres comptes liés aux profils Instagram signalés, qui violaient la même politique", a annoncé Instagram dans un communiqué.

Mais au moment de la publication de cet article, 39 des 50 comptes précédemment signalés par les parents et Insider via l'application étaient toujours en ligne. Et l'entreprise n'avait pas évoqué la situation des autres comptes que les utilisateurs avaient signalés avant que le bug ne soit corrigé.

Les décès attribués au fentanyl ne cessent d'augmenter

Tout retard dans la lutte contre la promotion de drogues illégales sur les réseaux sociaux pourrait mettre des personnes en danger de mort à un moment où des pilules contrefaites contenant du fentanyl sont introduites aux États-Unis. Selon des agents de la DEA — l'agence américaine antidrogues — et des procureurs, il est plus facile et moins coûteux de fabriquer de fausses pilules à base de fentanyl, un opioïde qui crée une forte dépendance, que de fabriquer des contrefaçons de médicaments délivrés sur ordonnance comme le Percocet ou le Xanax. Fabriquées dans des laboratoires clandestins, les pilules de fentanyl sont souvent bien plus fortes que ne le pense l'acheteur.

"Nous voyons des overdoses partout", a déclaré Benny Ortiz, un agent de la DEA depuis 23 ans qui n'a jamais vu une épidémie de drogue se répandre si rapidement. "Ce n'est pas un problème de classe sociale supérieure, inférieure ou d'un groupe ethnique quelconque. C'est un problème américain".

Plus de 36 000 personnes sont mortes à cause du fentanyl et des opioïdes synthétiques connexes en 2019, selon les Centres de prévention des maladies. Au cours du premier semestre de 2020, ces chiffres ont augmenté de 38% au niveau national. Dans les États de l'Ouest, les décès dus au fentanyl sont en hausse de 98%.

"Il ne faut généralement qu'une pilule", a déclaré Lisa Strohman, psychologue clinicienne et avocate qui travaille avec les familles et les forces de l'ordre locales sur les questions de sécurité sur Internet.

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Lisa Strohman est une psychologue et une avocate qui aide des familles sur des dossiers à la sécurité en ligne. Digital Citizen Academy

Des pilules contrefaites fabriquées au Mexique "inondent le marché" avec du fentanyl que les jeunes ingèrent en croyant qu'il s'agit de Xanax, de Percocet et d'autres substances plus légères, explique Lisa Strohman. Les fausses pilules tuent "des enfants, dans une pandémie, qui ne savent même pas dans quoi ils s'embarquent", dit-elle.

Caleb Banta-Green, chercheur principal à l'Institut des dépendances, des drogues et de l'alcool de la faculté de médecine de l'université de Washington, a déclaré que la combinaison des réseaux sociaux et du fentanyl a "accéléré le danger" que représentent les opioïdes.

Auparavant, devenir dépendant aux opioïdes demandait du temps et des efforts. "Le marché d'une substance noire et collante comme l'héroïne, qu'il faut aller acheter dans un quartier mal famé, puis cuire et injecter avec une aiguille, est assez restreint", a souligné Caleb Banta-Green. "Les pilules paraissent plus sûres". Acheter des pilules sur les réseaux sociaux qui sont plus fortes que l'héroïne et se les faire livrer met les jeunes naïfs "rapidement dans le pétrin", a-t-il ajouté.

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Ces captures d'écran montrent des comptes Instagram et Snapchat prétendant vendre des pilules illégales. Si Snapchat a supprimé un post sur ce compte, il n'a pas désactivé le compte dans un premier temps, avant de faire machine arrière. Instagram/Snapchat

"Une grande partie de leurs achats de drogue se fait par Internet et Snapchat, et non dans la rue, donc ils ne sont pas repérés par la police", a déclaré Caleb Banta-Green dans une interview en février. Le chercheur a constaté qu'au printemps 2017, Washington a connu 18 overdoses de fentanyl. Au printemps 2020, la ville en a compté 171.

'Les dealers ne postent que des stories d'une heure'

Une chose sur laquelle tout le monde s'accorde, c'est qu'il n'est pas facile de traquer les dealers de fentanyl sur des réseaux sociaux rapides comme l'éclair, avec des assignations à comparaître et de la paperasse policière qui demandent du temps.

"Les dealers ne postent que des stories d'une heure" sur Snapchat, a déclaré Lisa Strohman. "Vous ne pouvez pas vraiment tracer cela". Le dépôt de mandats de perquisition pour inspecter les messages en ligne, l'attente de l'accès, la fouille des messages, leur présentation comme preuves et la poursuite des affaires peuvent prendre des années. "Il y a tellement de paperasse d'un point de vue juridique qu'ils ne peuvent pas rattraper le retard".

Les dealers échappent à la détection en postant temporairement des photos de drogues et en utilisant des émojis et des mots codés plutôt que de mentionner les substances par leur nom. Lorsque les réseaux sociaux bannissent des comptes pour trafic de drogue, d'autres prennent immédiatement le relais.

"Sur Snapchat, il est si facile d'ouvrir plusieurs comptes" que lorsque les comptes des dealers sont fermés, il leur suffit d'en ouvrir un autre. "Snapchat devrait être tenu responsable", estime la psychologue. "La plateforme est tellement irresponsable". Les conditions d'utilisation de Snapchat interdisent la création de comptes multiples, a indiqué un porte-parole.

Lisa Smittcamp, procureure du district de Fresno, s'occupe déjà de plusieurs dizaines de décès dus au fentanyl dans sa ville de Californie centrale durant les trois premiers mois de 2021, certains ayant des liens apparents avec Snapchat. Selon elle, les forces de l'ordre ont du mal à poursuivre les affaires de trafic de drogue sur Snapchat, car les messages disparaissent et les utilisateurs peuvent créer plusieurs comptes. "Snapchat a peut-être eu de bonnes intentions, mais ils ont fourni une opportunité pour le mal", a-t-elle déclaré.

Snapchat a déclaré que certaines informations sur les comptes peuvent être récupérées par les forces de l'ordre et qu'il travaille en étroite collaboration avec la police lorsque les autorités demandent des informations dans le cadre d'une enquête. Le réseau social assure divulguer immédiatement des informations lorsque la vie ou la sécurité d'une personne est en danger, en suivant les directives légales et de confidentialité.

Une fois qu'un message Snapchat a été ouvert par tous les destinataires, son contenu est définitivement supprimé et indisponible, a indiqué l'entreprise. Un message publié dans la "story" d'un utilisateur — un message que tous ses followers peuvent voir — est visible pendant 24 heures au maximum, puis est généralement supprimé définitivement. Le contenu que les utilisateurs sauvegardent peut être disponible plus longtemps.

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Certaines organisations de parents accordent du crédit à Snapchat en matière de sécurité. Stephen Balkam, PDG de l'organisation Family Online Safety Institute, qui reçoit des fonds de Snapchat et d'autres réseaux sociaux, a déclaré qu'à certains égards, Snapchat pourrait être plus sûre que d'autres plateformes. "Vous devez connaître quelqu'un pour vous connecter", a-t-il déclaré. "Il n'y a pas de côté public comme sur Facebook ou d'autres plateformes. Il a ajouté qu'il fallait garder cela à l'esprit lorsque les critiques reprochaient à Snapchat de faire disparaître les messages, ce qui peut rendre plus difficile la conservation des dossiers.

Certains professionnels de santé estiment que les réseaux sociaux pourraient également être mis à profit pour lutter contre l'épidémie d'opioïdes. Un médecin faisant des recherches sur l'abus d'opioïdes aux National Institutes of Health a écrit en 2017 que la fonction carte de Snapchat pourrait potentiellement être utilisée pour prévenir les décès par overdose en montrant rapidement l'emplacement d'une urgence aux amis Snapchat à proximité.

'Nous nous sentons perdus entre la police et les réseaux sociaux'

Organization for Social Media Safety, une organisation à but non-lucratif, fait pression pour initier un changement chez Snapchat et ailleurs. "Nous allons certainement travailler sur la législation", a estimé son PDG Marc Berkman. "Snapchat, en tant que plateforme, est vraiment configuré pour permettre ce comportement, et les dealers peuvent y opérer. Nous voulons changer cela."

En attendant, un groupe croissant de parents se rencontrent, unis dans leur chagrin et leurs demandes d'action et de responsabilité.

Laura Berman, la thérapeute de Los Angeles dont le fils est décédé en février, a décrit une frustration commune parmi les familles avec lesquelles elle a été en contact. "Nous nous sentons perdus entre les forces de l'ordre et les réseaux sociaux, qui ne travaillent pas ensemble alors que nos enfants meurent."

Snapchat a déclaré que l'entreprise "aide activement le département de police de Santa Monica dans son enquête, pour aider à retrouver l'auteur" dans le cas de la mort du fil de Laura Berman. La police de Santa Monica a déclaré à Insider que Snapchat avait coopéré à son enquête.

Amy Neville tient un portrait de son fils, Alexander, qui est mort en juin à l'âge de 14 ans à cause d'une pilule contenant du fentanyl. PATRICK T. FALLON/AFP via Getty Images

Suite au décès du fils de 14 ans d'Amy Neville, Alexander, d'un empoisonnement au fentanyl après avoir ingéré une pilule contrefaite, une autre maman de Californie du Sud lui a tendu la main. Son fils est décédé de la même façon et son téléphone a montré que leurs fils semblaient avoir recours au même dealer, avec lequel ils se sont contactés via Snapchat. Dans les messages Snapchat sauvegardés et examinés par Insider, un utilisateur qui est vraisemblablement le dealer a discuté de l'overdose fatale d'une troisième personne, niant qu'il était à blâmer.

"C'est exaspérant", a soufflé Amy Neville, qui s'est efforcée d'aider d'autres familles depuis la mort de son fils en juin. "Si nos enfants se réunissaient dans un skate park où des dealers leur vendent des drogues toxiques, nous le fermerions. Ces plateformes sont le skate park en temps de Covid. Pourquoi traiterait-on Snapchat différemment ?"

Version originale : Jeff Elder/Insider

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