Lactalis est soupçonné de tromperie et blessures involontaires dans l'affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle

Stand Lactalis au salon des productions animales à Rennes, le 16 septembre 2016. Wikimedia commons/François GOGLINS

Le parquet de Paris a ouvert mardi une information judiciaire pour tromperie et blessures involontaires contre Lactalis, dans l'affaire de l'intoxication de bébés par du lait infantile contaminé à la salmonelle.

Cette information judiciaire a été ouverte pour tromperie sur les qualités substantielles des marchandises, inexécution par exploitant du secteur alimentaire de procédures de retrait ou de rappel d'un produit préjudiciable à la santé, blessures involontaires ayant entraîné uneincapacité inférieure ou égale à trois mois, a précisé le parquet.

"Nous collaborerons bien entendu avec la justice", a déclaré à Reuters le directeur de la communication de Lactalis, Michel Nalet, qui a refusé d'en dire plus.

L'avocate de l'association des familles de victimes, Jade Dousselin, s'est pour sa part félicitée de cette nouvelle étape dans la procédure judiciaire.

C'est "une bonne nouvelle pour les familles de victimes, qui demanderont à être entendues rapidement afin d'avoir accès au dossier", a-t-elle écrit sur son compte Twitter.


 Selon l'institut Pasteur, 204 bébés ont été intoxiqués entre 2005 et 2017 par du lait infantile produit par l'usine Celia–Lactalis de Craon, en Mayenne, et contaminé à la salmonelle.

La production du site de Craon a été arrêtée le 8 décembre 2017 et les produits rappelés.

Une commission d'enquête parlementaire a également mis en cause les services de l'Etat pour les retards observés dans le retrait de ces produits des rayons.

Le PDG du premier groupe laitier mondial, Emmanuel Besnier, a dit à cette commission qu'il s'agissait d'un "accident" et démenti toute "responsabilité à l'intérieur de l'usine".

Une enquête préliminaire a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie d'Angers, à l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) et au service national des enquêtes de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

C'est au terme de cette enquête que le pôle santé publique du parquet de Paris a décidé de monter d'un cran en ouvrant une information judiciaire.

Entretemps, la reprise de la commercialisation de lait infantile produit à Craon a été autorisée en septembre.

L'organisation non gouvernementale Foodwatch a dénoncé une mesure "précipitée et inacceptable". 

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