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L'activité devrait rebondir au deuxième semestre, mais le chômage continuera d'augmenter

L'activité devrait rebondir au deuxième semestre, mais le chômage continuera d'augmenter
© Pixabay

La crise va continuer de peser sur l'économie française. L'Insee prévoit toutefois un rebond de 17% du produit intérieur brut (PIB) de la France au troisième trimestre. Une prévision inférieure à ce que l'Institut national de la statistique anticipait précédemment, du fait de la moindre perte d'activité enregistrée au deuxième trimestre qui limite mécaniquement l'ampleur de ce rebond. L'Insee a néanmoins confirmé, ce mardi 8 septembre, sa prévision d'une contraction du PIB d'environ 9% sur l'ensemble de l'année 2020.

L'institution prévoit qu'"à la fin de l'année, l'activité économique resterait toujours en deçà de son niveau d'avant-crise", en baisse de 4%. Sur le quatrième trimestre, le PIB devrait progresser de seulement 1%, "reflétant la divergence entre des secteurs presque revenus à la normale et d'autres restant déprimés", ajoute l'Insee dans son point de conjoncture. Si "le déconfinement a permis le rebond relativement rapide d'une partie de l'activité économique", l'économie française "aborde la rentrée comme un moteur qui serait à la fois bridé et dopé".

Taux de chômage autour de 9,5%

Bridé, car le contexte sanitaire continue de pénaliser l'activité de certains secteurs, comme le transport aérien ou l'évènementiel, et dopé par les mesures d'urgence déployées par le gouvernement auxquelles vont s'ajouter les effets du plan de relance. L'Insee souligne "le risque d'un choc significatif de demande", avec une consommation qui resterait atone du fait d'une confiance des ménages toujours inférieure à son niveau d'avant crise.

Conséquence, le redressement de l'économie sera "moins rapide" d'ici la fin de l'année et le taux de chômage devrait grimper "autour de 9,5%" fin 2020, soit 2,4 point de plus que mi-2020 et 1,4 point de plus qu'un an plus tôt, après une perte de 715 000 emplois sur le seul premier semestre.

Le deuxième trimestre a vu la destruction nette de 158 200 emplois dans le secteur privé (-0,8%) en France après déjà 492 200 au premier, selon l'estimation définitive publiée par l'Insee. Du fait de la reprise d'activité après le confinement, l'intérim a rebondi de 23% avec 108 100 emplois créés, sans rattraper la chute historique de 40% du premier trimestre.

Contrats non-renouvelés dans la fonction publique

Alors qu'au premier trimestre la baisse concernait quasi exclusivement le secteur privé, la fonction publique a également perdu 57 100 emplois (-1%) au deuxième trimestre. "Dans la fonction publique aussi, la crise sanitaire a limité le renouvellement de contrats à durée limitée (contractuels, vacataires, etc.)", souligne l'Insee. Sur un an, l'emploi salarié a chuté au total de 572 900 (-2,3%), avec 513 800 perdus dans le privé et 59 100 dans la fonction publique. Les secteurs de l'hébergement-retauration, des services aux ménages et des transports sont particulièrement touchés.

Pendant la période de confinement, un grand nombre de personnes sans emploi avaient interrompu leurs recherches, conduisant, malgré la crise, à une baisse "en trompe l’œil" au second trimestre de 0,7 point du taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT), à 7,1%. "Cet effet s'estomperait en grande partie au second semestre", souligne l'Insee.

Après une baisse de 715 000 emplois au premier semestre, l'emploi salarié "serait quasiment stable au second semestre" ajoute l'institut dans son point de conjoncture. Cette quasi-stabilité serait le résultat "de deux effets opposés". "À la hausse, le rebond de l'activité se traduirait par un rebond modéré de l'emploi dans la plupart des secteurs, notamment sous la forme de contrats intérimaires et via la reprise d'embauches en contrats à durée déterminée", explique l'Insee.

Suppressions d'emplois à venir dans les secteurs les plus touchés

"Ce serait notamment le cas dans l'industrie (hors matériels de transports) et le commerce. Dans la construction, le redressement de l'activité se traduirait surtout par un rebond de la main d'œuvre intérimaire", ajoute l'Institut, précisant que dans le secteur public, l'emploi "rebondirait également d'ici à la fin de l'année, avec des embauches de contractuels et de vacataires qui avaient été suspendues au printemps".

"À l'inverse, l'emploi continuerait de se contracter nettement dans les secteurs plus durablement affectés par la crise (matériels et services de transport, hébergement-restauration, services aux ménages dont les services culturels)", poursuit-il, estimant que "face à la réduction de leur activité, les entreprises de ces secteurs ne seraient plus en mesure de retenir toute la main-d'œuvre qu'elles avaient jusqu'à présent préservée de façon spontanée ou à travers le recours aux dispositifs d'activité partielle".

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