• Lafarge SA, filiale française de LafargeHolcim, a été mise en examen jeudi 28 juin 2018 pour financement d'une entreprise terroriste et complicité de crimes contre l'humanité, dans le dossier de sa cimenterie syrienne.
  • Le cimentier français a maintenu en activité son usine de Jalabiya en 2013-2014, dans une région de Syrie sous contrôle du groupe Etat islamique (EI).
  • LafargeHolcim a fait savoir jeudi qu'il fera appel devant la justice.

L'entreprise Lafarge SA a été mise en examen jeudi 28 juin 2018 en tant que personne morale pour financement d'une entreprise terroriste et complicité de crimes contre l'humanité dans le dossier de sa cimenterie syrienne, a-t-on appris de source judiciaire.

Les juges d'instruction ont également retenu contre la holding les chefs de violation d'un embargo et de mise en danger de la vie d'autrui.

La justice enquête sur les conditions dans lesquelles le cimentier français, absorbé depuis par le suisse Holcim, a maintenu en activité son usine de Jalabiya en 2013-2014 dans une région du nord de la Syrie sous contrôle du groupe Etat islamique (EI).

La personne morale mise en examen a été placée sous contrôle judiciaire, ce qui comporte une obligation de cautionnement.

Cette mise en examen est conforme aux réquisitions du parquet, précise-t-on de même source. "La mise en examen de Lafarge SA était attendue suite à la mise en examen de plusieurs de ses anciens dirigeants", explique le cimentier dans un communiqué.

LafargeHolcim a fait savoir jeudi qu'il fera appel devant la justice.

"L’entreprise fera appel des infractions reprochées qui ne reflètent pas équitablement les responsabilités de Lafarge SA", précise le communiqué.

"Nous regrettons profondément ce qui s'est passé dans notre filiale syrienne et, dès que nous en avons été informés, nous avons immédiatement pris des mesures fermes. Aucune des
personnes mises en examen n'est aujourd'hui dans l'entreprise", déclare Beat Hess, le président du conseil d'administration de LafargeHolcim dans le même communiqué.

En juin 2017, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour financement d'entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui.

Huit anciens dirigeants et cadres de Lafarge, dont son ex-PDG Bruno Lafont, ont déjà été mis en examen.

L'ONG Sherpa et le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR), à l'origine de l'information judiciaire, demandaient que le cimentier français soit aussi mis en examen pour complicité de crimes contre l'humanité en Syrie.

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