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Un rapport dit combien de millions le cimentier franco-suisse LafargeHolcim a versé à des groupes armés en Syrie — dont l'Etat islamique

Un rapport dit combien de millions le cimentier franco-suisse LafargeHolcim a versé à des groupes armés en Syrie — dont l'Etat islamique
© Facebook/LafargeHolcim

On savait que le cimentier franco-suisse LafargeHolcim avait contribué au financement de groupes armés en Syrie. On connaît désormais le montant.

La filiale syrienne de Lafarge Holcim aurait versé plus de 5 millions de dollars, "au titre de 'dons' à de nombreuses factions armées locales en Syrie, y compris l'EI", selon Le Canard Enchaîné, qui cite un rapport du cabinet Baker McKenzie, assisté par la société d'audit PwC.

Ce sont précisément 5,6 millions de dollars qui ont été payés avance l'hebdomadaire. Le rapport est parvenu à détailler la somme reçue par le seul Etat islamique — "au moins 509.694 dollars".

La direction était au courant depuis des mois de ce montant puisque le rapport lui aurait été remis en avril dernier. C'est en mars que le groupe a reconnu son implication.

Le parquet de Paris a ouvert en juin dernier une information judiciaire contre Lafarge, soupçonné d'avoir contribué à financer l'organisation Etat islamique pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie syrienne en 2013 et 2014.

Le groupe, alors dirigé par le PDG Bruno Lafont, a fusionné l'année suivante avec le suisse Holcim.

La semaine dernière, une perquisition a eu lieu son siège parisien dans le cadre de l'enquête sur les conditions de fonctionnement de sa cimenterie de Djalabiya, en Syrie.

L'enquête de police cherche à déterminer le niveau des responsabilités des dirigeants de Lafarge.

Selon les nouvelles informations du Canard Enchaîné, le cimentier et sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS) — qui gérait la cimenterie de Djalabiya, dans le Nord de la Syrie — aurait rémunéré jusqu'à 4,2 millions de dollars un "partenaire", Firas Tlass, fils de l'ancien ministre syrien de la Défense, qui faisait office d'intermédiaire entre l'industriel franco-suisse et les groupes armés.

Le Monde avait révélé l'affaire le 21 juin 2016.

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