L’allié de LREM pour les Européennes renonce aux chèques de Bayer, Uber ou Google

Débat avec le président de la République de Chypre sur le futur de l'Europe. European Union 2018 - EP/Christian Creutz

L'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ALDE) a finalement été forcée de plier suite à la polémique. Le parti, qui devrait être l'allié principal de La République en marche pour les prochaines élections, a été pointé du doigt pour avoir accepté des financements d'entreprises privés. Dans un communiqué, il annonce renoncer à ces rentrées d'argent "pour mettre fin à toute confusion", "suite aux débats qui ont eu lieu en France et dans d'autres pays". "Les entreprises nous offraient l'opportunité d'organiser des congrès. Malheureusement, cela a été interprété comme une façon d'influencer sur la politique", écrit Hans van Baalen, le président de l’ALDE.

Marine Le Pen a été particulièrement virulente sur le sujet, accusant le parti européen proche d'Emmanuel Macron d'être financé par Bayer-Mosanto, le fabricant du glyphosate. Le directeur de campagne de La République en marche avait dû intervenir pour dénoncer ces dons. Il avait assuré que les futurs députés européens du parti d'Emmanuel Macron ne siégeraient pas "dans un groupe politique ou dans une formation politique européenne qui tolère de tels financements". L’ALDE a en effet reçu 122 000 euros de la part de huit multinationales et lobbys en 2018, selon Le Monde : 18 000 euros de Bayer, 15 000 euros d'Uber, 15 000 euros de Google ou encore 13 000 euros du cabinet Deloitte. Une pratique parfaitement légale en Europe.

Dans son communiqué, l'ALDE estime que ces dons “ont toujours été très minimes et faits de la façon la plus transparente, en accord total avec les règles européennes". Comme le souligne Le Monde, ce parti n'est pas le seul à avoir bénéficié de financements d'entreprises privées. Le groupe de réflexion du Parti populaire européen (auquel Les Républicains sont alliés) a ainsi reçu des dons de Walt Disney ou Microsoft. Le groupe des Conservateurs et réformistes européens (eurosceptiques) a lui aussi bénéficié de financements privés.


Le parti d'Emmanuel Macron avait envisagé un temps faire alliance avec l'ALDE pour créer une "coalition" en vue des élections européenne de mai. Lors du congrès du parti libéral européen en novembre 2018, Astrid Panosyan, déléguée à l'action internationale de LREM, avait déclaré, selon Reuters : "je veux être parfaitement claire avec vous : l'ALDE est le noyau avec lequel En Marche ! veut construire cette coalition". Depuis, il semble que le parti français ait pris ses distances... Dans un communiqué daté de mardi, Stéphane Séjourné, le directeur de campagne de LREM pour les européennes, assure que "ni La République en marche ni le Mouvement Démocrate ne sont membres du parti libéral européen ALDE et n'ont vocation à être membres de ce parti". Une fois la polémique passée, les discussions pourront reprendre.



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