Donald Trump

Donald Trump. Getty Images

Le président Donald Trump a partagé sa vision de "l'Amérique d'abord" en s'adressant aux deux chambres du Congrès regroupées mardi soir, en délivrant un message nationaliste d'une manière plus convenable. Il a réussi à se faire mieux voir par beaucoup des législateurs et membres de l'élite qu'il avait farouchement combattus lors de sa campagne présidentielle.

Donald Trump a passé plus d'une heure à parler de la création d'emplois, de l'immigration, de la sécurité nationale et du commerce international, alors qu'il a demandé aux Américains de saisir "le renouveau de l'esprit américain" et à travailler ensemble pour s'attaquer à une large série de défis auxquels le pays fait face à domicile et à l'étranger. 

Le présentateur de NBC News Brian Williams a qualifié cette allocution de "discours qui ressemblait le plus à un discours parmi tous les discours faits par Trump". La présentatrice de CNN Dana Bash a dit qu'il s'agit du discours le plus "présidentiel" du président.

Restant très fidèle au texte qu'il avait préparé, Donald Trump a dit qu'il portait un "message d'unité et de force." Après une victoire choquante de Trump en novembre dernier, le pays a été amèrement divisé au début de sa présidence.

"Un nouveau chapitre de la grandeur de l'Amérique commence maintenant", a dit Trump. "Une nouvelle fierté nationale se propage rapidement à travers tout le pays."

Trump a décidé de commencer son discours en dénonçant les menaces qui ciblent les centres de communautés juives et les cimetières juifs qui ont été vandalisés, sans oublier la fusillade contre deux hommes d'origine indienne près de Kansas City, disant que le pays "reste uni et condamne la haine et le mal dans toutes ses formes." Certains semblaient surpris par le fait que Trump ait commencé son allocution ainsi.

Le président a continué en vantant ses premières actions en tant que président, dont le retrait du Partenariat trans-Pacifique, l'abrogation des régulations, la nomination du juge Neil Gorsuch à la Cour suprême et le décret anti-immigration qui a déclenché beaucoup de controverses.

Par ailleurs, le président a mentionné plusieurs entreprises majeures, comme Ford, General Motors et Softbank, qui se sont vantées d'avoir créé des nouveaux emplois depuis la prise de fonction de Donald Trump et il a noté des gains records sur le marché. Il a mis en avant la manière dont il a pris les commandes du ministère de la Défense, en mettant au point un plan qui va assurer la destruction de l'Etat oslamique. Il a dit que ce groupe terroriste était composé de "sauvages qui ne respectent pas la loi, qui avaient massacré des musulmans et des chrétiens, des hommes, des femmes et des enfants de toutes fois et toutes croyances."

En disant qu'il a hérité de nombreux problèmes au niveau national et à l'étranger, Donald Trump a commencé à esquisser dans les grandes lignes tous les problèmes qu'il fallait régler.

Tout d'abord, les 94 millions de personnes qui se trouvent en dehors de la population active — un chiffre trompeur puisqu'il inclut les retraités, les étudiants et les pères et mères au foyer. Mais il a aussi évoqué les millions d'Américains qui vivent dans la pauvreté et a appelé pour un redémarrage du "moteur de l'économie américaine."

Pour cela, il a appelé à baisser les impôts sur les sociétés et une réévaluation des politiques américaines liées au commerce international — deux points importants qu'il a défendus lors de sa campagne présidentielle.

Donald Trump. Alex Wong/Getty Images

Promettant de faire revenir des "millions d'emplois", Donald Trump a discuté des taxes que les entreprises américaines doivent payer à l'étranger, alors qu'il n'existait pas d'équivalent pour les entreprises étrangers qui cherchent à importer leurs produits aux Etats-Unis. En citant une récente rencontre avec les cadres de Harley-Davidson, il a promis de changer cela. 

Le président a parlé des changements dans la politique commerciale des Etats-Unis et une refonte du système d'immigration. Plus tôt dans la journée, de nombreux médias ont rapporté qu'il était désormais ouvert à une reforme globale sur l'immigration, quelque chose qu'il a réprimandée pendant toute la campagne présidentielle, en préconisant plutôt une position plus ferme.

"Je pense qu'une vraie réforme positive sur l'immigration est possible, tant que nous nous focalisons sur les objectifs suivants: améliorer les emplois et les salaires des Américains, renforcer la sécurité de notre pays et restaurer le respect de nos lois", a dit Trump. "Si nous sommes guidés par le bien-être des citoyens américains, alors je crois que les Républicains et les Démocrates peuvent travailler ensemble pour parvenir à un aboutissement, qui a échappé à notre pays pendant des décennies."

Le président américain a ensuite appelé pour des dépenses d'un billion de dollars (soit 1000 milliards de dollars) dans les infrastructures, en citant la création par le président Dwight Eisenhower du système autoroutier entre les Etats comme preuve d'un tel investissement, traditionnellement considéré comme une cause démocrate.

En parlant des problèmes reliés à l'application de la loi et de la sécurité, Trump a vendu sa proposition budgétaire d'augmenter les dépenses militaires et a insisté sur le fait qu'il était dévoué à l'OTAN — en ajoutant la mise en garde que les Etats membres doivent répondre aux conditions concernant les dépenses militaires. Il a aussi dépeint le portrait d'une nation saisie par "un chaos sans loi", une accusation non-confirme par les chiffres sur la délinquance.

Le moment le plus fort de la soirée a été quand Donald Trump a présenté Carryn Owens, la veuve du commando de marine Ryan Owens, qui a été tué dans un raid controversé au Yémen le mois dernier, la première action militaire de Trump en tant que président.

Carryn Owens avec Ivanka Trump. Alex Wong/Getty Images

"Ryan est mort comme il a vécu: comme un guerrier, et un héros — en combattant le terrorisme, en sécurisant notre Nation", a dit Trump.

En pleurs, Carryn Owens s'est levée et a applaudi alors que toute la salle s'est levée pour effectuer les applaudissements les plus longs de la soirée. 

Après le discours, le commentateur démocrate de CNN Van Jones a dit que Trump était "devenu le président des Etats-Unis à ce moment-là, point."

Pour clôturer son discours, Trump a parlé du 250e anniversaire du pays qui approche. Il a déclaré que mardi soir a été "le moment où ce nouveau chapitre de la grandeur américaine a commencé". 

"Je demande à tous les citoyens de saisir ce renouveau de l'esprit américain", a-t-il conclu. "Je demande à tous les membres du Congrès de se joindre à moi et de rêver de choses grandes, audacieuses et osées pour notre pays. Je demande à toutes les personnes qui cherchent aujourd'hui à saisir ce moment à croire en elles-mêmes. Croyez en votre avenir. Et croyez, encore une fois, en l'Amérique."

Le chef de la minorité au Sénat Chuck Schumer a dit à CNN que le discours du président était "un autre discours où Trump parle comme un populiste; la manière dont il gouverne est complètement à l'opposé." Le nouveau leader du parti démocrate Tom Perez, qui vient tout juste d'être élu, a dit à MSNBC que cette allocution était "Steve Bannon dopé aux stéroïdes et avec un sourire." 

"Le discours du président était un peu invraisemblable car ce qu'il a dit ce soir était tellement différent de la façon dont il a gouverné pendant les 40 premiers jours de sa présidence", a dit Schumer.

Le sénateur de New York a ajouté: "Il n'a rien proposé sur le commence ou les infrastructures, ce qui pourraient aider les familles qui travaillent; et son budget semble faire des coupes dans l'éducation et la recherche médicale, qu'il dit vouloir améliorer. Le Président a simplement utilisé une rhétorique populiste pour masquer son programme de droite dure et anti-classe moyenne. Les Américains ne veulent pas seulement des mots, ils veulent des actions pour les aider."

Version originale: Allan Smith/Business Insider

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