Meetic, Happn, Tinder, Badoo... et bientôt Facebook Dating qui devrait arriver début 2020 en Europe. Les hétérosexuels disposent de multiples applications pour faire des rencontres en ligne. Il en existerait même plusieurs milliers. En 2018, un Français sur quatre (26%) déclarait s'être déjà inscrit au moins une fois sur un site ou une application de rencontre, selon un sondage Ifop. Et à l'opposé des idées reçues — celles notamment de relations sans lendemain ou sans sentiments — la drague virtuelle ressemble sensiblement aux codes amoureux de la vie réelle.

"Neuf fois sur dix, en ligne, c'est l'homme qui fait le premier pas. Même sur les applications plébiscitées par les jeunes, où l'initiative masculine est particulièrement forte. En amour, Internet ne casse pas tant les codes que cela", déclare au Monde, Marie Bergström, une chercheuse suédoise de l'Institut national d'études démographiques (INED), à l'origine d'une étude unique utilisant les données de dix millions de profils Meetic anonymisés. Cet accord avec le site de rencontres, noué en 2011, lui a permis "d"étudier le monde social en faisant l'économie de la parole. C'est de l'observation à distance et quantifiée, une approche inédite dans ma discipline", explique-t-telle.  Elle a pu ainsi dresser un profil type. Les utilisateurs français de Meetic s'arrangent ainsi un peu avec la réalité. Ils et elles se grandissent légèrement (2 cm) et s'allègent — 2 kg pour les hommes, 5 kg pour les femmes.

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Outre des entretiens, la scientifique a puisé dans une masse de données — 200 millions de messages et 2 milliards d'interactions recensées et scrutées— pour porter un regard plus nuancé et complexe sur la réalité des relations amoureuses en France, dépeint jusque-là par des études sociologiques basées quasi-exclusivement sur des questionnaires. Pour ces dernières, la constitution d'un modèle avec un homme plus âgé qu'une femme était le résultat de la vision des femmes célibataires — celle d'être en couple avec un homme aîné serait un gage de stabilité, relève le quotidien.

Avec les données de Meetic, la chercheuse va plus loin. Elle aborde la complexité de la réalité, fait ressortir la nuance. Elle met les paroles à l'épreuve des faits numériques. Et ils ne mentent pas. Le modèle classique du couple hétéro en France ne reposerait donc pas sur les seules épaules des femmes. Les hommes plus de 40 ans sont ainsi "clairement demandeurs de femmes plus jeunes. Alors que, face à un sociologue, ils disent qu'ils sont ouverts à tous les âges", souligne Marie Bergström, à l'occasion de la sortie de son ouvrage "Les Nouvelles Lois de l’amour. Sexualité, couple et rencontres au temps du numérique" (La Découverte).

La scientifique devrait publier en 2021 une étude internationale en utilisant cette fois les données de Meetic et Match, présents dans quinze pays et disponibles  en treize langues. 

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