Secteur où affluent les milliards d'euros chaque année, la tech française peut-elle être philanthropique ? C'est le pari de Stéphane de Freitas, artiste, réalisateur du dernier clip de M et entrepreneur, avec l'application de dons d'objets et services, Indigo. Pour conquérir le plus grand nombre, Stéphane de Freitas peut se prévaloir du soutien de personnalités comme M, Kerry James, Bianca Li ou Liza Azuelos. Mathieu Chedid s'est même engagé à participer au concept en se rendant au domicile d'un jeune guitariste pour lui donner un cours particulier. Le musicien Yarol Poupaud, guitariste de Johnny Hallyday, donnera une paire de chaussures de la star décédée l'an dernier.

"C'est complètement un défi que de lancer une application avec un business model gratuit, qui repose sur les dons. Mais je crois que la tech, comme d'autres secteurs, ne pourra pas à terme faire l'économie de passer par des engagements sociétaux", confie Stéphane de Freitas à Business Insider France. Les objets ou services des personnalités sont uniques mais sont surtout des produits d'appels pour faire connaître l'initiative.

Car Indigo a une vocation plus large — celle de permettre l'accès gratuit à des biens et services. Vous pouvez d'ailleurs déjà trouver sur la plateforme des milliers de produits ou services proposés près de chez vous. Comment ? Via une application dédiée et une monnaie virtuelle : le Digo. Plus une personne offre de produits ou services, plus elle s'engage auprès d'une association, plus elle obtient des Digos, pour acquérir les objets et services des membres de la communauté. Les utilisateurs fixent librement la valeur de ce qu'ils proposent, de 0 à 100 Digos. Les Digos ne sont pas convertibles en euros. "On ne peut pas être passif sur Inidgo. On est sur un système collaboratif", explique Stéphane de Freitas.

Une campagne de financement participatif a permis de lever 20 000 euros pour assurer le développement informatique de l'interface de ce réseau social d'entraide qui compte plus de 22 000 bêta testeurs. Pour réussir, une place de marché est dépendante du volume d'utilisateurs. D'ici six mois, "ce serait extraordinaire d'avoir convaincu 60 000 personnes qu'il vaut mieux mettre gratuitement un produit ou service sur notre plateforme que d'en tirer quelques euros. Le rêve serait d'atteindre les 100 000 membres", confie ainsi le réalisateur du documentaire "A voix haute", tiré du concours d'éloquence Eloquentia en Seine-Saint-Denis qu'il a lui-même initié. L'entrepreneur précise qu'Indigo — portée par une SAS dont l'un des actionnaires principaux, aux côtés de business angels, est une association à but non lucratif, La Coopérative Indigo — demeure "une startup et il y aura de la place pour de l'investissement privé qui s'inscrit dans une économie solidaire. 10% des dons sont ainsi déjà reversés à des associations".

Des initiatives existent déjà autour des thématiques portées par Indigo — l'échange, la solidarité et l'aide aux réfugiés. Citons Nextdoor, un réseau social d'entraide entre voisins, qui vient de s'installer en France. De son côté, l'organisation à but non-lucratif TechFugees, dirigée par Joséphine Goube, a vu le jour en Europe pour créer un espace de dialogue entre les entreprises technologiques et les réfugiés. Enfin en France, l'application Geev permet à ses membres de donner ou collecter des objets. Elle fait partie de l'économie collaborative en proposant de donner une deuxième vie à des objets au lieu de les jeter dans des circuits de recyclage pas toujours identifiés et pratiques.

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