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L'app StopCovid pourrait être disponible rapidement si le Parlement donne son accord

L'app StopCovid pourrait être disponible rapidement si le Parlement donne son accord
L'application de traçage StopCovid pourrait être disponible dès ce week-end. © Capture d'écran application StopCovid. Bercy/ Business Insider France.

Semaine décisive pour StopCovid et son plus ardent défenseur, Cédric O, le secrétaire d'Etat au Numérique. Le projet d'application de traçage de contacts pour smartphones voulue par le gouvernement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus sera débattue et soumise au vote des députés et sénateurs, mercredi 27 et jeudi 28 mai. Si le Parlement donne son accord, vous pourriez trouver cette application dans les magasins d'application de Google et d'Apple dès ce week-end, a indiqué Cédric O, dans une interview au Figaro. Il y a un mois, une application géorgienne également baptisée 'Stop Covid' avait semé la confusion chez les possesseurs français de smartphones.

Cedric O a reçu un premier feu vert, sous conditions, de la Cnil, le gendarme de la vie privée. Dans son avis publié mardi 26 mai, la Commission nationale de l'informatique et des libertés estime que l'application respecte les différentes dispositions législatives relatives à la protection de la vie privée, et formule quelques dernières recommandations pour sa mise en place. La Cnil — qui avait déjà donné un feu vert de principe le 24 avril — constate que les concepteurs de l'application ont érigé un certain nombre de garde-fous pour empêcher les dérives.

Elle formule néanmoins quelques observations pour renforcer encore davantage la protection de la vie privée des individus : une "amélioration de l'information fournie aux utilisateurs, en particulier s'agissant des conditions d'utilisation de l'application et des modalités d'effacement des données personnelles"; "une information spécifique pour les mineurs et les parents des mineurs", et la confirmation dans le décret à venir sur l'application "d'un droit d'opposition et d'un droit à l'effacement des données pseudonymisées enregistrées".

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Des tests validés avec l'aide de 60 militaires

"L’application est techniquement opérationnelle et les tests sont conclusifs", affirme Bercy après avoir sollicité l'aide d'un échantillon de 60 militaires. Malgré les doutes initiaux sur le bon fonctionnement sur iPhone — la France ayant fait le choix de se passer de la technologie développée par Apple et Google pour fonctionner sur tous les terminaux — Cédric O assure que "l'application a été testée dans le métro, dans les conditions qui seraient celles d'un supermarché… StopCovid détecte 75 à 80 % des personnes à proximité dans un rayon d'un mètre environ, pendant plus de quinze minutes, ce qui est un bon chiffre".

L'objectif d'une application mobile de traçage est de permettre à chaque utilisateur qui apprend sa contamination de prévenir tous les autres utilisateurs qu'il a croisés dans les deux semaines précédentes, pour que ceux-ci puissent prendre leurs précautions (auto-confinement, tests...). L'application StopCovid permettra à un utilisateur de garder la trace des autres utilisateurs croisés pendant les deux dernières semaines (à moins d'1 mètre, pendant au moins 15 minutes). Si cet utilisateur découvre qu'il est porteur du coronavirus, il peut prévenir les personnes croisées, en notifiant l'application de sa contamination.

StopCovid suscite les craintes de bon nombre de défenseurs de la vie privée, qui craignent qu'elle ne marque un premier pas vers une société de la surveillance où nos faits et gestes sont épiés en permanence par des systèmes automatiques. StopCovid ne sera disponible qu'à titre strictement volontaire. Mais les experts en informatique s'interrogent aussi sur plusieurs obstacles techniques pour qu'elle fonctionne correctement : la qualité des données collectées, les faux positifs/négatifs, la fiabilité et la sécurité du Bluetooth, qui permet de se passer de la géolocalisation en permettant aux appareils électroniques de communiquer entre eux à courte distance.

En France, c'est un consortium public-privé composé de l'Inria, de l'ANSSI, de Capgemini, de Dassault Systèmes, de l'Inserm, de Lunabee Studio, d'Orange, de Santé Publique France et de Withings, qui a travaillé sur l'application StopCovid.

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