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L'armée américaine veut développer un implant pour permettre aux soldats de contrôler leur cycle de sommeil

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L'armée américaine veut développer un implant pour permettre aux soldats de contrôler leur cycle de sommeil
Le projet ADAPTER vise à implanter un dispositif bioélectronique interne aux soldats pour leur permettre de réguler leur taux de mélatonine et d'éliminer les toxines alimentaires. © Defense Advanced Research Projects Agency

Le futur champ de bataille opposera-t-il des robots tueurs autonomes ou des soldats "augmentés", aux capacités décuplées par le progrès biotechnologique ? Peut-être finirons-nous par y trouver les deux.

En ce début de décennie 2020, l'agence américaine pour les projets de recherche avancée de la défense (Darpa) a en tout cas décidé de mettre les pieds dans le plat, avec un projet que n'aurait sans doute pas renié l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick. Baptisé ADvanced Acclimation and Protection Tool for Environmental Readiness (ADAPTER — ou Outil d'acclimatation et de protection avancées pour la préparation à l'environnement), il vise à implanter un dispositif bioélectronique interne aux soldats. L'objectif ? Permettre aux combattants de prendre le contrôle de leur physiologie.

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"Ce programme intégrera des cellules modifiées et des produits biochimiques dans un support bioélectronique interne que le combattant pourra activer, si nécessaire, pour lancer la production et la libération programmée de thérapies qui éliminent les agents pathogènes d'origine alimentaire à l'origine de la diarrhée du voyageur ou qui régulent les rythmes circadiens perturbés par le décalage horaire ou les horaires de travail décalés", explique la Darpa sur son site Internet.

Le but affiché est bien d'offrir aux États-Unis une capacité de projection humaine inégalée, en supprimant purement et simplement le jet-lag et la tourista. Le tout grâce à une application de smartphone qui permettrait, entre autres, de réguler le taux de mélatonine de la même manière que certains règlent la température de leur domicile.

Trois équipes de recherche sélectionnées

L'enjeu est important. Les États-Unis, de par leur position géographique, ont depuis le début du XXe siècle, souvent participé à des conflits loin de leurs terres. "De 2003 à 2004, en Irak, environ un tiers du personnel au combat a connu des situations où l'ingestion d'aliments dégradés était nécessaire", du fait des combats ou des problèmes d'approvisionnement, écrit la Darpa. Ainsi, 77% des soldats stationnés en Irak et 54% en service en Afghanistan ont souffert de diarrhée — les deux-cinquièmes d'entre eux ayant requis des soins médicaux.

Pour mettre à bien son programme, la Darpa avait publié, en avril 2020, un appel d'offre extrêmement détaillé, qui a vite attiré les candidats potentiels. Le 10 mai dernier, l'agence américaine a dévoilé les trois équipes de recherche qui tenteront de mener à bien le projet ADAPTER : des chercheurs de l'université de Northwestern, dans l'Illinois, et de Stanford seront chargés de concevoir l'implant connecté pouvant libérer de la mélatonine à la demande sur une période allant jusqu'à 30 jours ; l'équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT) devra de son côté développer "un dispositif à avaler qui se déploie dans l'intestin et produit ensuite des composés qui à la fois tuent les agents pathogènes d'origine alimentaire et neutralisent les toxines qui ont pu être libérées par ces agents." Cette première phase de développement doit s'étaler sur 24 mois.

Les essais se concentreront dans un second temps sur de petits animaux, puis sur de plus grands, avant de tester le dispositif sur l'homme. Ils devront avoir été menés à leur terme d'ici quatre ans et demi, soit en 2025.

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