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L'armée de l'Air devient l'armée de l'Air et de l'Espace

L'armée de l'Air devient l'armée de l'Air et de l'Espace
Florence Parly, ministre des Armées. © Christophe Morin/Bloomberg via Getty Images

La ministre française des Armées Florence Parly a annoncé ce vendredi 24 juillet la transformation de l'armée de l'air en "armée de l'Air et de l'Espace", car l'espace représente un nouveau front à défendre, entre tentatives d'espionnage, brouillage, cyberattaques ou encore armes antisatellites. Elle a estimé qu'il s'agit d'un lieu de dispute de la suprématie mondiale d'où peuvent venir des "manœuvres inamicales", dans une interview au quotidien La Provence, rapporte l'AFP. Cette dénomination officielle sera accompagnée d'ici le début de l'année prochaine d'un arsenal législatif, a fait savoir son cabinet.

Cette transformation était dans les tuyaux depuis plusieurs mois, fondée sur la nécessité de prendre en compte le "passage d'une vision d'un espace 'bien commun', au service de la science, à un espace dans lequel les puissances continuent de se disputer la suprématie mondiale". "Nous ne sommes en aucun cas engagés dans une course aux armements", ajoute-t-elle, réaffirmant l'attachement de la France à un "usage pacifique de l'espace". Mais "il est également de ma responsabilité d'être certaine d'avoir parfaitement identifié les menaces auxquelles notre pays est potentiellement confronté".

En 2017, le "satellite-espion" russe Louch-Olympe avait tenté de s'approcher du satellite militaire franco-italien Athena-Fidus. L'incident avait été révélé plus tard par la ministre. "Le constat était que des satellites pouvaient désormais s'approcher des nôtres pour les brouiller ou les endommager, voire les détruire", explique-t-elle. Plus récemment, ce jeudi 23 juillet, les Etats-Unis ont accusé la Russie d'avoir testé une arme qui pourrait être utilisée pour détruire des satellites dans l'espace. Ils s'inquiètent d'une menace "réelle, sérieuse et croissante". Le Commandement spatial américain "a des preuves" que Moscou a "conduit un test non destructeur d'une arme anti-satellite depuis l'espace" le 15 juillet, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le satellite est un composant essentiel, qui peut même être utilisé comme une arme. Et ce sera probablement de plus en plus vrai dans le futur", avait affirmé Stéphane Mazouffre, directeur de recherche au laboratoire ICARE — pour "Institut de Combustion Aérothermique Réactivité Environnement" — du CNRS, à Business Insider France. Et d'ajouter : "vous pouvez approcher votre propre satellite très près de celui de l'ennemi, pour prendre des photos et en savoir plus sur ce qu'il fait par exemple. En s'approchant très près, ça le perturbe gravitationnellement et ça peut le gêner dans ses manœuvres. On peut même imaginer l'attraper et le désorbiter, même si cela reste très compliqué".

La France bientôt dotée de petits satellites patrouilleurs

Pour défendre ses satellites, la France devrait bientôt se doter de "petits satellites patrouilleurs qui nous permettront de détecter, caractériser et attribuer à leurs auteurs ce type de manœuvres inamicales", détaille Florence Parly, évoquant aussi une caméra qui permettra aux satellites "de voir à 360 degrés autour d'eux" et pour certains "de lasers de puissance" pour tenir à distance ou éblouir "ceux qui tenteraient de s'approcher trop près".

Basé à Toulouse, "cœur battant du spatial français", le grand commandement de l'espace comprendra un effectif de 200 personnes au départ, 500 en 2025. Les investissements dans le secteur seront portés de 3,6 milliards d'euros, prévus initialement dans la loi de programmation militaire (2019-2025), à 4,3 milliards.

"Nous devons d'abord connaître très précisément la situation spatiale dans l'environnement immédiat de nos satellites, ce qui nécessite des équipements très performants", justifie Florence Parly, qui revendique pour la France "le droit de développer des moyens d'autodéfense" dans l'espace.

"Le risque que pourrait constituer la destruction ou la détérioration volontaire d'un ou plusieurs de nos satellites, qu'ils soient civils ou militaires, est un élément qui porterait atteinte à notre souveraineté et à notre sécurité", a-t-elle fait valoir.

La France n'est pas la seule puissance à renforcer ses moyens de surveillance dans l'espace. Les Etats-Unis ont créé l'an dernier une nouvelle division au sein de leur armée appelée l’US Space Force.

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Business Insider (avec AFP)
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