L'association UFC-Que Choisir poursuit Google en justice pour violation du RGPD

Google a par exemple géolocalisé un million de fois une personne en cinq ans, a affirmé l'association UFC-Que choisir. REUTERS/Brendan McDermid

"Même si le téléphone reste immobile, il va transmettre sa géolocalisation 340 fois par jour". Voici l'un des arguments avancés par UFC-Que Choisir, qui a décidé d'attaquer en justice le géant Google pour violation de la vie privée des utilisateurs. Après avoir tenté de trouver un accord à l'amiable avec le créateur du fameux moteur de recherche, l'association des consommateurs lance une action de groupe — rassemblant 200 utilisateurs — devant le Tribunal de grande instance (TGI) contre le géant tech pour violation du règlement général de protection des données (RGPD), assure l'association sur son site internet.

UFC-Que choisir réclame 1 000 euros d'indemnités pour chaque utilisateur. "On ne conteste pas le modèle économique de Google, mais il doit, comme les autres, se soumettre à la loi et demander très clairement aux consommateurs l'autorisation d'utiliser leurs données personnelles, ce qui est très loin d'être le cas", explique Raphaël Bartolomé, responsable du service juridique d'UFC-Que Choisir, cité par Le Parisien. L'association des consommateurs française a scruté cinq versions différentes des contrats de Google et Chrome et a estimé que Google "cherche à endormir le consommateur".

"Le texte sur les règles de confidentialité fait 5 700 mots ! Et il comprend 100 liens et 54 renvois, tous comptabilisés par huissier. Qui va lire ça ?", déclaré le responsable du service juridique d'UFC-Que Choisir. Et d'ajouter : "pour donner son avis sur l'utilisation de ses données, il faut ouvrir une page spécifique où les cases sont déjà précochées en faveur d'une acceptation. Google allume un aspirateur à données personnelles à notre insu." UFC-Que Choisir donne un autre exemple marquant : un utilisateur a été géolocalisé un million de fois en cinq ans. 

Une amende de 50 millions d'euros de la Cnil pour non-respect du RGPD

C'est loin d'être la première fois que le géant tech est accusé d'un manque de transparence et d'information concernant l'utilisation des données des consommateurs. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) avait infligé en janvier dernier une amende de 50 millions d'euros à Google pour ne pas avoir respecté le règlement européen de la protection des données (RGPD). Le géant tech a fait appel de cette décision.

Le gendarme de la vie privée français avait justifié le montant important de l'amende en raison de la gravité de deux manquements principaux : en termes de transparence et de consentement. "Des informations essentielles, telles que les finalités pour lesquelles les données sont traitées, la durée de conservation des données ou les catégories de données utilisées pour la personnalisation de la publicité, sont excessivement disséminées dans plusieurs documents, qui comportent des boutons et liens qu'il est nécessaire d'activer pour prendre connaissance d'informations complémentaires", avait déclaré la Cnil.

Par ailleurs, une enquête d'Associated Press avait révélé en août 2018 que le géant Google suivait les déplacements des utilisateurs de smartphones Android ou d'iPhones, via son appli Google Maps, même si l'option "historique des positions" est désactivée, grâce à une autre option appelée "activités sur le web et les applications". Un utilisateur américain, Napoleon Patacsil, a porté plainte contre Google pour non-respect de la vie privée.

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