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L'astéroïde sur lequel la NASA vient d'atterrir serait creux, avec un grand 'vide' en son centre

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© NASA

L'astéroïde Bennu se révèle de plus en plus bizarre. Lorsque la NASA a décidé d'envoyer une sonde pour se poser sur un rocher spatial et en rapporter des échantillons, elle a choisi Bennu pour sa surface apparemment lisse — un terrain d'atterrissage parfait. Mais une fois que le vaisseau spatial Osiris-Rex a fait le voyage de 323 millions de kilomètres vers Bennu, les images qu'il a renvoyées ont révélé un paysage couvert de roches.

La NASA a finalement choisi l'endroit le plus plat qu'elle pouvait trouver pour atterrir, et le prélèvement a eu lieu sans problème le mois dernier. Mais une autre surprise est advenue : la roche de Bennu s'est avérée incroyablement molle, s'effritant sous le vaisseau spatial au moment où il touchait la surface.

La sonde a tiré un jet d'azote pour faire tourbillonner la roche et la poussière — de cette façon, elle a pu en attraper dans son outil de collecte d'échantillons. Mais une fois de plus, les scientifiques ont été pris au dépourvu lorsque la manœuvre s'est avérée avoir produit tellement de matière que la poussière et la roche maintenaient l'outil de collecte d'échantillons ouvert, permettant à la précieuse poussière extraterrestre de s'échapper dans l'espace.

Ils ont réussi à ranger l'échantillon avant d'en perdre trop, mais ce n'était pas la dernière des surprises. Récemment, des chercheurs de l'université du Colorado ont conclu, sur la base des données qu'Osiris-Rex a recueillies pendant les deux années où il a tourné autour de Bennu, que l'astéroïde était probablement creux. "C'est comme s'il y avait un vide en son centre, dans lequel on pourrait faire tenir une paire de terrains de football", a déclaré Daniel Scheeres, professeur au département des sciences de l'ingénierie aérospatiale de l'université qui a dirigé les recherches, dans un communiqué de presse.

De plus, Bennu pourrait être en train de se désintégrer.

'Le tout s'effondre'

Pendant qu'Osiris-Rex était en orbite autour de Bennu, la sonde a mesuré l'intensité de la gravité de l'astéroïde. Au même moment, Bennu a également projeté des morceaux de roche de la taille d'une bille loin de sa surface. Ces miettes sont entrées en orbite autour de l'astéroïde, puis certaines d'entre elles sont retombées à sa surface. En suivant leurs mouvements, les responsables de la mission ont pu faire des calculs sur la force de gravité de Bennu.

Puisque la gravité provient de la masse, ces deux ensembles de données ont permis à l'équipe de Daniel Scheeres de calculer comment la matière est distribuée à l'intérieur de l'astéroïde.

Leurs conclusions, publiées dans la revue Science Advances le 8 octobre (avant le bref atterrissage d'Osiris-Rex), montrent que la situation est loin d'être idéale. La force de rotation de Bennu semble pousser sa matière vers l'extérieur, vers la surface. Certaines des parties les plus fines de l'astéroïde se trouvent à son équateur bombé.

Bennu effectue une rotation toutes les quatre heures, et cette dernière ne fait que s'accélérer. "Vous pourriez imaginer que dans un million d'années ou moins, le tout s'effondre", a déclaré Daniel Scheeres.

Bennu pourrait détenir des secrets sur les origines de la vie

Une illustration d'OSIRIS-REx en orbite autour de l'astéroïde Bennu.  NASA’s Goddard Space Flight Center/Conceptual Image Lab

Bennu est l'un des astéroïdes les plus potentiellement dangereux de notre système solaire, selon Dante Lauretta, chercheur principal d'Osiris-Rex, car il présente un "risque non négligeable" de s'écraser sur Terre au cours du XXIIème siècle. Sa fragilité pourrait cependant être une bonne nouvelle.

L'étude de Bennu pourrait en effet aider les futurs scientifiques à élaborer un plan pour détourner l'astéroïde s'il menaçait de s'écraser sur la Terre. Les recherches pourraient également révéler de nouveaux détails sur la vie des astéroïdes — des amas de roches primordiales qui se sont agglutinées à partir des restes qui n'ont pas été transformés en planètes. De tels objets pourraient contenir des secrets sur la formation de notre système solaire et sur la naissance de la vie sur Terre.

"Nous espérions découvrir ce qui est arrivé à cet astéroïde au fil du temps, ce qui nous permettrait de mieux comprendre comment tous ces petits astéroïdes évoluent sur des millions, des centaines de millions, voire des milliards d'années", a déclaré Daniel Scheeres. "Nos découvertes ont dépassé nos attentes".

Osiris-Rex a recueilli des tas de données que les scientifiques n'ont pas encore passé au peigne fin. L'échantillon qu'il a collecté devrait revenir sur Terre en 2023.

Une animation montre OSIRIS-REx libérant sa capsule de retour d'échantillon pour un atterrissage dans le désert de l'Utah le 24 septembre 2023. NASA/Goddard/CI Lab

En supposant que la capsule contenant l'échantillon se parachute sans encombre dans le désert de l'Utah, comme prévu dans quelques années, la NASA a déclaré qu'elle préserverait une partie de la roche extraterrestre pour une future étude avec des technologies pas encore développées. L'agence enverra le reste dans des laboratoires du monde entier.

"Il s'agit de comprendre nos origines, de répondre à certaines des questions les plus fondamentales que nous nous posons en tant qu'êtres humains", expliquait Dante Lauretta avant qu'Osiris-Rex ne se pose sur l'astéroïde. "D'où venons-nous ? Et sommes-nous seuls dans l'Univers ?"

Version originale : Morgan McFall-Johnsen/Business Insider US

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