Proxima

De gauche à droite : Thomas Pesquet, Oleg Novitsky et Peggy Whitson. REUTERS/Maxim Zmeyev

L'astronaute Thomas Pesquet s'envole pour l'espace ce jeudi soir depuis Baïkonour (Kazakhstan) à bord du vaisseau Soyouz, qui l'emmènera lui et deux autres astronautes à la Station spatiale internationale (ISS).

Le voyage jusqu'à l'ISS devrait durer un peu plus de deux jours, bien qu'il pourrait être fait en six heures environ, soit la durée nécessaire pour faire un Paris-Marseille en voiture.

Le Français, qui s'est entraîné sept ans pour participer à cette mission baptisée "Proxima", restera à l'ISS — en orbite autour de la Terre — pendant six mois. 

Pendant son séjour sur l'ISS, l'ingénieur devra réaliser plus d'une centaines d'expériences scientifiques. Objectif principal ? Récolter le plus d'informations sur la vie dans l'espace pour permettre d'envoyer à l'avenir d'autres cosmonautes plus loin et plus longtemps. 

Voici quelques unes des missions majeures de Thomas Pesquet dans l'espace. 

1. Tester des technologies pour évaluer la potabilité de l'eau

L'évaluation de la qualité de l'eau est un défi majeur pour les missions spatiales habitées. En effet, à bord de l'ISS, l'eau utilisée provient principalement du traitement des eaux usées. Mais il s'agit aussi d'un enjeu de taille pour la vie sur Terre. Une analyse simple et rapide de l'eau permettrait de faciliter l'accès à l'eau potable dans les pays où ce n'est pas le cas ou de diagnostiquer l'état de l'eau après une catastrophe naturelle.

2. Observer les réactions de son cerveau dans l'espace en portant un casque de réalité virtuelle

Dans l'espace, l'absence de "haut" et de "bas", la disparition de la position debout etc. bousculent le cerveau, qui doit s'adapter à ce nouvel environnement et trouver un moyen de continuer à contrôler le corps. La réalité virtuelle est un excellent outil pour analyser avec précision ces modifications du système neurologique.

3. Expérimenter un système d'échographie à distance plus performant mais simple d'utilisation

Vascular echo

A bord de l'ISS, l'astronaute Tim Peake utilise le logiciel pour l'expérience Vascular Echo, le 30 mai 2016. Wikimedia Commons/NASA

Dans l'espace, un système d'échographie télé-opéré doit être à la fois performant — offrir des images d'excellente qualité et une réactivité de la sonde maximale pour un diagnostic médical précis — et facile d'utilisation pour un astronaute avec de simples connaissances en anatomie. Sur Terre, un équipement de la sorte permettrait de gérer en partie les déserts médicaux dans les zones rurales des pays développés ou dans les pays en voie de développement. 

4. Analyser et mieux comprendre la mécanique des fluides dans l'espace

Mieux comprendre la dynamique des liquides servant à alimenter le moteur des satellites permettrait d'augmenter l'autonomie de ces engins, en les manœuvrant plus précisément. Sur Terre, ces analyses serviraient également à prévenir la formation des vagues capables de faire chavirer de gros navires.

5. Surveiller son état de santé en portant des vêtements spéciaux couverts de capteurs

Thomas Pesquet

Thomas Pesquet. REUTERS/Maxim Zmeyev

Les données récoltées via les capteurs posés sur la combinaison du spationaute français permettront d'aider à soigner certaines maladies musculaires, comme les myopathies ou encore de tenter de freiner les effets de l'âge sur Terre — on vieillit plus rapidement dans l'espace que sur Terre.

Par ailleurs, l'apesanteur fait grandit le corps de plusieurs centimètres. Les habits spéciaux que devra porter Thomas Pesquet doivent servir à maintenir sa taille. A son retour sur Terre, dans six mois, les muscles de l'ingénieur seront auscultés et comparés à un morceau de muscle prélevé avant son départ sur l'ISS.

6. Tester des surfaces dites "intelligentes" — qui apportent une réponse adaptée selon un environnement donné — en micropesanteur 

SpaceX

SpaceX d'Elon Musk. SpaceX/YouTube

Comprendre le comportement des surfaces intelligentes testées lors de cette mission permettrait entre autres de construire des vaisseaux spatiaux plus résistants dans l'optique de futurs voyages dans l'espace. Sans oublier les applications possibles sur Terre, notamment dans l'équipement des transports en commun ou dans le revêtement de surfaces sensibles et précises comme les boutons d'ascenseurs.

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