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Le Boeing 737 Max pourrait reprendre ses vols le mois prochain s'il effectue ces changements

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Le Boeing 737 Max pourrait reprendre ses vols le mois prochain s'il effectue ces changements
© REUTERS/Lindsey Wasson

Le Boeing 737 Max a franchi l'une des dernières étapes nécessaires avant sa remise en service puisque l'Administration fédérale de l'aviation américaine (FAA) a publié un rapport préliminaire présentant son examen des correctifs apportés par Boeing à l'avion. Lundi 3 août, la FAA a publié une proposition de réglementation décrivant une directive qui détaillerait les mises à jour recommandées pour le 737 Max, et exigerait des compagnies aériennes qu'elles mettent en œuvre ces changements afin de remettre leurs avions en service. Le 737 Max est immobilisé au sol depuis mars 2019, suite à deux crashs qui ont fait 346 morts.

Parmi les changements, les opérateurs du 737 Max devront installer un nouveau logiciel sur l'ordinateur de contrôle de l'avion. Ils devront également utiliser un manuel de vol révisé, installer un nouveau câblage pour les stabilisateurs horizontaux de l'avion, effectuer des tests du système de capteurs d'angle d'attaque de chaque avion et effectuer des vols d'essai opérationnels. La FAA a également publié un rapport préliminaire de son examen de l'avion.

Les changements proposés et le résumé décrivent ensemble, pour la première fois dans un cadre public officiel, les changements que les inspecteurs de sécurité et les ingénieurs de la FAA et de Boeing ont apporté à l'avion alors qu'il se rapproche de sa remise en service.

Southwest est le plus gros client de Boeing pour le 737 Max. Sa flotte, comme celles de toutes les compagnies aériennes du monde, est immobilisée au sol depuis mars 2019.  REUTERS/Mike Blake

Boeing a effectué les vols de re-certification de l'avion avec la FAA fin juin et début juillet — l'un des derniers obstacles majeurs que le constructeur doit surmonter avant que l'avion puisse être autorisé à nouveau à voler. Au cours de ces vols, les ingénieurs de Boeing et de la FAA ont testé les différentes modifications apportées à l'avion.

Dans son rapport préliminaire, la FAA écrit qu'elle a constaté que les changements proposés par Boeing à la conception du Max, ainsi que les procédures relatives à l'équipage et à la maintenance, "atténuent efficacement les problèmes de sécurité liés à l'avion qui ont contribués aux accidents des vols 610 et 302". Le rapport ajoute que les changements proposés "répondent également à des préoccupations de sécurité supplémentaires, au-delà de celles identifiées lors des enquêtes sur les accidents".

Une fois qu'un avis de proposition de réglementation est publié par l'Office du registre fédéral américain, une période de consultation publique de 45 jours est organisée avant que toute décision finale ne soit prise, ce qui suggère que l'avion pourrait être autorisé à voler d'ici la mi-septembre.

Le 737 Max est immobilisé au sol depuis mars 2019

Le premier crash mortel d'un 737 Max, le vol Lion Air 610, est survenu dans la mer de Java, au large de l'Indonésie, en octobre 2018, 12 minutes après le décollage, pendant lequel les pilotes ont eu du mal à contrôler l'avion. Ce crash a fait 189 morts.

Bien que des questions se soient immédiatement posées sur un nouveau système de contrôle du 737 Max — la dernière version est vieille de 55 ans —, l'avion est resté en grande partie en service, avec une consigne de navigation d'urgence émise par Boeing et la FAA, avertissant les pilotes des problèmes de contrôle possibles.

Des gens marchent sur les lieux de l'accident de l'avion ET302 d'Ethiopian Airlines, près de la ville de Bishoftu, au sud-est d'Addis-Abeba (Ethiopie), le 10 mars 2019.  Tiksa Negeri/Reuters

Le second crash s'est produit en mars 2019, lorsque le vol 302 d'Ethiopian Airlines s'est écrasé six minutes après son décollage d'Addis Abeba (Ethiopie), tuant les 157 personnes à bord. En quelques jours, l'avion a été cloué au sol dans le monde entier. Le 13 mars 2019, les États-Unis sont devenus l'un des derniers pays à faire atterrir l'avion.

Les enquêteurs ont découvert que les deux crashs étaient liés à un système automatisé, appelé "Manoeuvring Characteristics Augmentation System ("renforcement des caractéristiques de manoeuvre"), ou MCAS.

Le MCAS a été conçu pour compenser le fait que le 737 Max a des moteurs plus puissants que les générations précédentes de 737. Les moteurs plus puissants pouvaient faire basculer le nez de l'avion vers le haut, entraînant un décrochage — dans cette situation, le MCAS pointait automatiquement le nez de l'avion vers le bas pour annuler l'effet de la taille du moteur.

Mais le système pourrait avoir été activé par une lecture erronée d'un seul capteur d'angle d'attaque. Dans les deux accidents, on pense que les capteurs sont tombés en panne, envoyant des données erronées au calculateur de vol et déclenchant le système automatisé.

L'immobilisation au sol devait initialement durer quelques semaines, mais Boeing et la FAA ont découvert des risques supplémentaires pour la sécurité — ce qui a finalement obligé Boeing à concevoir de nouveau complètement l'ensemble de l'ordinateur de vol de l'avion, plutôt que le seul logiciel MCAS.

Un capteur d'angle d'attaque défectueux, combiné à un système de contrôle de vol défectueux, a été impliqué dans les accidents.  Lindsey Wasson/Reuters

De nombreuses enquêtes fédérales sont en cours sur la conception de l'avion, dans le cadre d'un effort visant à déterminer comment il a été certifié en premier lieu et s'il y a eu une négligence criminelle derrière la conception.

Des questions subsistent quant à savoir si d'autres pays accepteront la décision de la FAA concernant l'avion — norme de l'industrie — ou effectueront leurs propres vols de re-certification, ce qui représenterait une perte d'influence pour l'agence américaine.

Boeing a précédemment déclaré s'attendre à ce que l'avion reprenne du service au cours du second semestre de cette année. Bien que les compagnies aériennes aient attendu avec impatience le retour de l'avion, l'effondrement de la demande de voyages dû à la pandémie de coronavirus a rendu cette capacité supplémentaire inutile.

Version originale : David Slotnick/Business Insider

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