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Le CAC 40 plonge de nouveau, plombé par la chute du pétrole et la perspective d'une récession historique

Le CAC 40 plonge de nouveau, plombé par la chute du pétrole et la perspective d'une récession historique
© Bloomberg/Getty Images

Après cinq séances de hausse d'affilée, la Bourse de Paris termine dans la rouge, ce mercredi 15 avril 2020. Son indice phare, le CAC 40, chute de 3,76% à 4 353,72 points à la clôture du marché. Il avait pourtant réussi à repasser au-dessus des 4 500 points à partir du 9 avril, après avoir dégringolé jusqu'à 3 754,84 points le 18 mars. Outre les conséquences néfastes sur l'activité économique de la pandémie de Covid-19, la place boursière subit la chute des cours du pétrole ce mercredi. Le baril de Brent de la mer de Nord, qui sert de référence, est repassé sous les 30 dollars.

Cette baisse des cours peut sembler surprenante alors que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), la Russie et d'autres pays producteurs se sont entendus le week-end dernier pour diminuer leur production, en réduisant l'extraction de près de 10 millions de barils par jour. Un accord justement destiné à soutenir les cours du pétrole et cesser d'inonder le marché en or noir, alors que la demande s'est fortement affaiblie en raison de la crise sanitaire et de la mise à l'arrêt de nombreuses activités.

Encore trop de pétrole par rapport à la demande

Si la réduction de l'extraction est l'une des plus importantes coupes de l'histoire, "elle est toujours bien inférieure à la chute de la demande", souligne ANZ Bank, dans une note citée par l'AFP. "Un rebond de la demande de carburant reste une perspective éloignée puisque de nombreux pays indiquent qu'ils vont maintenir les restrictions aux déplacements internationaux dans le futur proche, même si l'épidémie ralentit", ajoute le groupe bancaire d'Océanie.

De plus, l'Agence internationale de l’Energie (EIA) a estimé ce mercredi que la pandémie de Covid-19 devrait effacer en 2020 près de dix ans de croissance de la demande mondiale de pétrole, relève Investir. Et elle a précisé que les réductions de production ne suffiront pas à inverser la tendance. En outre, en dépit de l'accord conclu entre les pays producteurs de pétrole, la guerre des prix semblent continuer. Ainsi, l'Arabie saoudite proposerait encore de réduire ses prix à ses clients asiatiques pour les livraisons prévues en mai, rapporte Bloomberg.

Le pire récession depuis les années 30

Les annonces portant sur une récession inédite de l'économie mondiale et de la zone euro contribuent aussi à enfoncer le CAC 40 dans le rouge. Le Fonds monétaire international (FMI) a précisé mardi anticiper la pire récession depuis la Grande Dépression des années 1930.

Pas plus tard que cette après-midi, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, auditionné par la commission des Finances de l'Assemblée nationale, a estimé que la crise économique provoquée par le coronavirus et les mesures de confinement allait durer "des années", rapporte l'AFP. "Cette crise n'est pas une affaire de semaines, pas une affaire de mois, mais une affaire d'années. Et je pense qu'il faut mesurer que nous en avons pour des années avant de sortir des conséquences économiques de cette crise", a déclaré le ministre. Le gouvernement table désormais sur une récession historique en 2020, avec un recul du PIB de 8% cette année et un déficit public atteignant 9%, creusant la dette publique à 115%.

Si un vent d'optimise a pu souffler sur les marchés ces derniers jours, avec la perspective du déconfinement et une évolution encourageante de la pandémie dans plusieurs pays d'Europe, les places boursières risquent encore de connaître d'importantes turbulences dans les semaines et mois à venir. À l'image de la nouvelle dégringolade des cours ce mercredi.

À lire aussi — L'OMS donne 6 critères que les pays doivent remplir avant de lever les mesures de confinement

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