Le chef de la sécurité de Mark Zuckerberg a quitté son poste auprès du PDG de Facebook après avoir été accusé de harcèlement sexuel et de racisme — bien qu'un porte-parole de la famille ait déclaré qu'aucune preuve n'avait été trouvée pour appuyer ces rumeurs. Comme Business Insider US l'avait rapporté en mai, Liam Booth — le chef de la sécurité du milliardaire de 34 ans qui s'occupait des affaires domestiques ainsi que de l'organisation philanthropique The Chan Zuckerberg initiative — a été accusé de faute grave par deux anciens employés.

Dans une déclaration envoyée lundi par mail, Ben LaBolt, porte-parole du "family office" (bureau de gestion de patrimoine, en français), a déclaré que les enquêtes internes menées par le département des ressources humaines du bureau ainsi que par le cabinet d'avocats Munger, Tolles & Olson ne pouvaient pas prouver les accusations, mais Liam Booth a décidé de partir malgré tout — encourageant les avocats des personnes l'accusant à entamer une enquête indépendante.

Voici la déclaration complète de Ben LaBolt :

"Pendant plusieurs semaines, le service des ressources humaines du family office ainsi que Munger, Tolles & Olson ont mené des enquêtes distinctes sur les allégations formulées par The Bloom Firm contre Liam Booth. Ces enquêtes comprennent de nombreux entretiens avec les collègues de M. Booth ainsi qu'un examen d'autres documents et informations pertinents. À la suite de ces enquêtes approfondies, les allégations sérieuses portées contre M. Booth par la société Bloom n'ont pas pu être justifiées.

M. Booth sait que la discrétion est essentielle à l'exécution des tâches de sécurité à ce poste. Il a donc décidé de quitter le family office afin de rechercher d'autres opportunités. Le family office est reconnaissant pour ses services et souhaite la meilleure des chances à M. Booth dans ses projets futurs. "

Liam Booth accusé d'avoir fait des remarques racistes à la femme de Mark Zuckerberg

Les allégations en question, formulées par les anciens employés par l'intermédiaire de leurs avocats de The Bloom Firm dans des documents juridiques examinés par Business Insider US, comprenaient des accusations de "conduite discriminatoire omniprésente", de "niveaux horribles de harcèlement sexuel et de coups et blessures", et font état du maintien d'un environnement où les membres du personnel étaient soumis à plusieurs reprises à des diatribes homophobes et transphobes. Les allégations avancent également que Liam Booth avait l'habitude de faire des remarques racistes à l'encontre de Priscilla Chan, la femme de Mark Zuckerberg.

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Aucune rumeur n'avance que Mark Zuckerberg était lui-même au courant de cette affaire. Les deux accusateurs ont demandé des compensations pour les pertes de salaires et des dommages et intérêts pour la détresse psychologique liée aux événements. Ben LaBolt a refusé de commenter l'état actuel des procédures judiciaires.

En réponse, The Bloom Firm a continué à réclamer une enquête indépendante sur les allégations. "Nous continuons d'exhorter la famille à faire appel à un enquêteur indépendant et vraiment neutre ayant l'expérience des plaintes pour harcèlement et discrimination afin de formuler des conclusions factuelles et des recommandations sur ces demandes urgentes et importantes", a déclaré Lisa Bloom, la directrice de la société, dans un communiqué envoyé par courrier électronique. "À notre connaissance, aucune enquête indépendante n'a été menée. Au lieu de cela, une grande société d'avocats se défend contre les allégations de nos clients. Les avocats sont éthiquement tenus de défendre leurs clients."

L'un des accusateurs est un ancien employé du personnel de la famille de Mark Zuckerberg, chargé de préparer les différentes maisons de Mark Zuckerberg à l'arrivée de la famille; l'autre est un ancien assistant exécutif de Liam Booth, responsable de la sécurité de Mark Zuckerberg. Les deux ont retenu les services du cabinet d'avocats de Lisa Bloom, dont les démarches juridiques engagées en 2017 au nom des accusateurs de Bill O'Reilly ont permis de renvoyer l'animateur de télévision de Fox News.

Le chef de la sécurité aurait qualifié le mouvement Black Lives Matters de 'racisme inversé'

Liam Booth avait travaillé pour les services secrets américains entre 2001 et 2017, notamment pendant cinq ans pour "superviser la protection physique du président et de la première famille des États-Unis" pendant les années Obama, selon son profil LinkedIn. Il avait été mis en congé après les accusations. Les lettres de mise en demeure accusent également Brian Mosteller, directeur général du cabinet de Mark Zuckerberg et ancien assistant spécial de l'ancien président Barack Obama, de ne pas avoir pris des mesures après que les deux membres du personnel ont porté plainte. Brian Mosteller reste à son poste, a déclaré Ben LaBolt.

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L'une des lettres avance que Liam Booth a fait des remarques racistes à l'employé du ménage au sujet de la conduite de Priscilla Chan, notamment "qu'elle est une femme et que les Asiatiques n'ont pas de vision périphérique", tout en tirant les paupières sur le côté dans une caricature raciste. L'autre lettre fait mention de remarques racistes de la part de Liam Booth à l'agent de sécurité. Selon la lettre, Liam Booth a répété à plus d'une occasion à la collaboratrice qu'il "ne faisait pas confiance aux Noirs" et que "la vie des Blancs compte plus que la vie des Noirs".

La lettre affirme également que Liam Booth s'est vanté d'avoir tenté délibérément de saper les objectifs de diversité de Priscillia Chan en matière d'embauche et s'est "plaint du nombre de Noirs ayant travaillé pour l'Initiative Chan Zuckerberg". Lorsque le responsable de la sécurité s'est opposé à cette remarque, selon la lettre, Liam Booth "a plaidé avec colère contre la diversité sur le lieu de travail et le mouvement Black Lives Matters, qu'il a qualifié de" racisme inversé "".

Business Insider US a précédemment signalé qu'une source qui travaillait avec Liam Booth et souhaitait rester anonyme parce qu'elle n'était pas autorisée à parler en public avait déclaré avoir également entendu Liam Booth dire que "les Asiatiques ne peuvent pas conduire" et dénigrer Priscilla Chan à cause de son appartenance ethnique.

Version originale : Business Insider / Rob Price

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