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Le chef de l'Agence spatiale russe affirme que le Soyouz reste moins cher que les vaisseaux de SpaceX et Boeing

Le chef de l'Agence spatiale russe affirme que le Soyouz reste moins cher que les vaisseaux de SpaceX et Boeing
Un propulseur Soyouz-FG transportant le vaisseau spatial Soyouz MS-09 avec les membres d'équipage de la mission ISS Expedition 56/57, le 6 juin 2018. © Sergei Savostyanov\TASS via Getty Images

SpaceX est entré dans l'histoire en réussissant la première partie de son premier vol habité : la société a amarré son nouveau vaisseau spatial transportant deux astronautes de la NASA à la Station spatiale internationale (ISS), le dimanche 31 mai 2020. Cette prouesse a été saluée par de nombreux acteurs et experts du domaine spatial dont le chef de l'Agence spatiale russe Roscosmos, Dmitry Rogozin. Sur Twitter, le numéro un de Roscosmos, qui jusqu'à présent était les seuls à disposer d'un moyen de transports d'astronautes vers et depuis l'ISS (la capsule Soyouz), a adressé un message à son homologue américain, Jim Bridenstine, administrateur de la NASA pour le féliciter : "Cher Jim Bridenstine, nous ne pouvons que vous féliciter pour le lancement et l'amarrage réussis. Bravo ! Je sais combien vous teniez à ce que cet événement majeur soit un succès. Je souhaite à l'équipe de la NASA de terminer avec succès la reconstruction de son système national de transport spatial pour rejoindre l'ISS." Depuis l'arrêt du programme Space Shuttle en juillet 2011, les Etats-Unis dépendaient en effet du Soyouz russe pour le transport de ses astronautes dans l'espace.

Dans un second message, adressé également à Elon Musk, DG et fondateur de SpaceX, Dmitry Rogozin a indiqué : "veuillez transmettre mes sincères salutations à Elon Musk (j'ai adoré sa blague) et à l'équipe de SpaceX. Nous nous réjouissons de la poursuite de notre coopération !" Concernant la blague, le chef de Roscosmos fait référence au fait qu'Elon Musk avait déclaré lors de la conférence de presse qui s'est tenue après le lancement historique : "le trampoline fonctionne". En parlant de "trampoline", le DG de SpaceX avait lancé une petite pique et faisait allusion à une remarque antérieure de Dmitry Rogozin, qui avait un jour lâché sur Twitter que la NASA pourrait utiliser un trampoline pour se rendre sur l'ISS si elle n'aimait pas travailler avec la Russie. Toutefois, le 8 juin dernier, le numéro un de Roscomos a publié un article d'opinion dans Forbes (en anglais) au ton bien plus critique envers la NASA et SpaceX.

Il revient notamment sur le prix d'un siège sur le nouveau vaisseau spatial de SpaceX, "Endeavour" (autrement appelé "Crew Dragon"), estimé à environ 55 millions de dollars, comparé au prix d'un siège sur la capsule russe Soyouz (90 millions de dollars pour le siège acheté par la NASA pour octobre prochain), et affirme que "le coût de nos lancements est nettement inférieur à celui des Américains [...] quoi qu'en disent nos concurrents". Voici ce qu'il a écrit :

"Je suppose que les collègues américains sont un peu perdus dans les chiffres et font des remarques méchantes en vain. Les nouveaux engins spatiaux américains pèsent plus du double du poids d'un Soyouz tout en n'offrant qu'un seul siège supplémentaire. Pour lancer un véhicule aussi massif, des fusées de classe lourde Falcon 9 et Atlas V sont utilisées respectivement pour la Crew Dragon et la Starliner [ndlr : le véhicule de transports d'astronautes développé par Boeing pour la NASA] — sans parler du fait qu'Atlas V est équipé du moteur russe RD-180 comme moteur principal du premier étage. En revanche, le vaisseau spatial russe Soyouz est injecté en orbite par la fusée Soyouz-2.1a, qui est un lanceur de classe moyenne, et non un véhicule lourd. De ce fait, le coût de nos lancements est nettement inférieur à celui des Américains. Les Messieurs semblent confondre le prix du coût de lancement et le prix du service de lancement qui se fait en fonction du marché. C'est pourquoi j'insiste sur le fait que le vaisseau spatial Soyouz MS avec la fusée porteuse Soyouz-2.1a était et reste toujours sans compétiteur — quoi qu'en disent nos concurrents."

Il a souligné qu'ainsi, "le 30 mai, Elon Musk ne nous a pas fait tomber — il a fait tomber ses compatriotes de Boeing [...]. Cette guerre est la leur, mais pas la nôtre. Nous disposons d'un système de transport national qui fonctionne depuis longtemps et en permanence; nous le perfectionnons constamment, tout en construisant un nouvel engin spatial plus avancé." Le numéro un de Roscomos indique que le fait que les Etats-Unis possèdent désormais leur propre vaisseau spatial pour le transport d'astronautes n'est pas synonyme de mort pour le Soyouz russe, en rappelant : "notre pays a été le premier à envoyer un homme dans l'espace, et nous restons dominants."

Enfin, Dmitry Rogozin a profité de cet article d'opinion pour rappeler les grandes réussites de l'industrie spatiale russe, en qualifiant d'"inestimable" le fait que les Russes étaient depuis 2011 les seuls à pouvoir envoyer des astronautes sur l'ISS et donc à soutenir son opérabilité : "de même que les peintures de Léonard de Vinci, de Michel-Ange et du Titien sont inestimables car elles sont uniques et constituent un patrimoine commun, il en va de même de la chance donnée aux Américains par Roscosmos de conserver une opportunité de livrer leurs astronautes à la station spatiale — elle est inestimable."

Par ailleurs, le chef de Roscomos énumère les différents développements futurs dans l'industrie spatiale russe comme le nouveau vaisseau spatial réutilisable à équipage Oryol, dont les premiers essais en vol devraient commencés fin 2023.

A lire aussi — Le nouveau vaisseau spatial 'Endeavour' de SpaceX entre dans l'histoire en s'amarrant à l'ISS avec 2 astronautes de la NASA à l'intérieur

Business Insider
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