Le chinois Alibaba monte en puissance en France à l'occasion du 11 novembre

Jack Ma, le Pdg d'Alibaba lors de la rencontre annuelle de la banque mondiale à Bali, Indonésie, le 12 octobre 2018. REUTERS/Johannes P. Christo

Les craintes de tous les acteurs du e-commerce, Amazon en tête, se confirment: le chinois Alibaba monte en puissance sur le marché français. Selon nos informations, il vient de renforcer la version française de son site marchand AliExpress, désormais totalement traduit et adapté aux goûts français. Le site est déjà opérationnel pour le 11 novembre prochain, une date hautement symbolique: le "11.11" est, en Chine, le "jour des célibataires", date à laquelle Alibaba explose chaque année ses records de ventes. Depuis cinq ans, le géant du e-commerce n'affichait jusqu’ici qu'une version sommairement traduite en français de ce site, qui propose des milliers d'articles à des prix souvent dérisoires. Cette version mal dégrossie de la plateforme n'était utilisée en France que par des initiés.

AliExpress fonctionne sur le modèle de la "marketplace". Contrairement à Amazon, il ne vend rien en direct, mais sert de plateforme à des milliers de marchands. On y trouve de tout: des cartes-mères pour ordinateur aux baskets de marque à prix cassé, en passant par des coques de téléphone, forcément "made in China". Mais surtout - c’est ce qu'affectionnent tout particulièrement ses clients pros - on peut y passer des commandes en gros, directement auprès de fournisseurs chinois. Avec de juteux rabais à la clé.

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Comme en Chine, Alibaba a pour ambition de proposer une grande variété de familles de produits sur AliExpress.fr. Mais, désormais, l'offre est en partie adaptée aux goûts français, nous indique une source interne. Le géant chinois devrait se mettre à la recherche de partenaires commerciaux français. Pour mémoire, Alibaba a pris, il y a un an tout juste, une participation de 36% dans Sun Art, la filiale d'Auchan en Chine, pour 2,45 milliards d’euros.

Un entrepôt à Liège

Toujours selon nos informations, AliExpress.fr restera pour l'instant irrigué par 80% de vendeurs chinois. Certains pourraient stocker leurs produits dans un nouvel entrepôt européen situé à Liège, en Belgique, bien qu'Alibaba n'ait pas encore officialisé la nouvelle. L'emplacement aurait pour avantage sa position centrale en Europe, proche d'un aéroport bien relié, où est situé notamment le hub aérien de DHL. Ce gigantesque hangar serait piloté par Cainiao, le bras logistique d'Alibaba. Ce schéma logistique devrait permettre à Alibaba de raccourcir considérablement les délais de livraison pour les clients français —les quelques téméraires qui passent aujourd'hui commande sur son site chinois doivent généralement patienter une vingtaine de jours pour être livrés. Sébastien Badault, le directeur d'Alibaba France, nous le déclarait récemment: "Notre objectif au niveau mondial est de livrer, à terme, en moins de 24h en Chine, et en moins de 72h partout dans le monde".

Pour l'heure, Alibaba ne compte qu'une trentaine de salariés dans ses bureaux de la rue Réaumur, à Paris. La mission de cette équipe resserrée, pour un groupe qui compte environ 30.000 collaborateurs dans son siège de Hangzhou, consiste essentiellement à convaincre les entreprises tricolores d'écouler leurs produits en Chine. Désormais, avec le renforcement d'AliExpress.fr, la filiale française verra ses effectifs s'étoffer très rapidement, de nombreux recrutements étant déjà en cours, toujours selon nos informations.

Le chinois a déjà bien rodé son modèle avec les versions russe et espagnole d'AliExpress, où il a pris de fortes positions. En Espagne, premier pays européen où il s'est lancé avec des équipes dédiées, AliExpress s'est hissé à la troisième place des sites de e-commerce, et c'est ce succès qu'Alibaba aimerait reproduire en France. Au total, AliExpress annonçait en septembre dernier avoir déjà attiré 150 millions de clients étrangers (hors Chine, donc). Chez nous, il aura fort à faire pour percer sur un secteur déjà bien occupé par Amazon et CDiscount. Au niveau mondial cependant, sa puissance est indiscutable : son fondateur, Jack Ma, a annoncé 9,8 milliards de dollars de bénéfices annuels (le triple d'Amazon) pour l'exercice 2017-2018.

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Cet article a été mis à jour par Capital le 26/10/2018 à 17h34. 

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