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Le chinois Tencent double sa participation dans Universal Music, propriété de Vivendi

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Le chinois Tencent double sa participation dans Universal Music, propriété de Vivendi
Le consortium mené par le chinois Tencent est entré au capital d'Universal Music Group fin 2019. Il vient de doubler sa participation. © Yan Cong/Bloomberg/Getty Images

Certaines entreprises ne semblent pas souffrir de la crise. Le colosse chinois de l’internet Tencent a décidé vendredi 18 décembre de doubler sa participation dans la pépite Universal Music Group (UMG) de Vivendi : une opération sans surprise mais bienvenue pour le géant français qui cherche à investir davantage dans les médias. La transaction, qui porte de 10% à 20% la part du capital détenu par le consortium mené par Tencent, a été réalisé "sur la base d'une valeur d'entreprise de 30 milliards d'euros pour 100% du capital d'Universal Music Group", précise Vivendi dans un communiqué.

La valeur d'entreprise mesure le périmètre d'une société, en incluant ses dettes. Le montant de l'opération pourrait ainsi atteindre 3 milliards d'euros, a indiqué le groupe à l'AFP — après 2,8 milliards pour la première tranche de 10% du capital. "La vente et le paiement interviendront au cours du premier semestre 2021, sous réserve des autorisations réglementaires", ajoute le communiqué. UMG fait partie des grandes "majors" dominant le marché mondial de la musique avec la japonaise Sony et l'américaine Warner.

A lire aussi — Vivendi devient le premier actionnaire de Lagardère

Outre des valeurs sûres (Beatles, Rolling Stones, Bee Gees, Andrea Bocelli...), UMG propose dans son catalogue plusieurs artistes aux succès internationaux plus récents, tels que Rihanna, Justin Bieber, Lady Gaga ou Ariana Grande. Et elle s'est offert début décembre les droits de l'intégralité du catalogue de chansons de Bob Dylan, l'une des acquisitions les plus importantes de l'histoire de la musique, qui pourrait dépasser selon le New York Times les 300 millions de dollars.

Vers une introduction en Bourse d'UMG en 2022

UMG profite du renouveau de l'industrie musicale grâce notamment aux abonnements aux plateformes de streaming : elle a vu son chiffre d'affaires grimper de 18,9% à 7 milliards d'euros l'an dernier, et fortement contribué à la croissance des revenus de l'ensemble du groupe Vivendi. De bons résultats qui se sont poursuivis en 2020 malgré la crise sanitaire.

Le consortium mené par Tencent était initialement entré au capital d'Universal Music Group (UMG) fin 2019 et disposait de la possibilité d'en acquérir "jusqu'à 10% supplémentaires" jusqu'au 15 janvier 2021. Tencent doit aussi acquérir une participation minoritaire au capital de la filiale chinoise d'UMG, dans le cadre d'un accord signé le 31 mars 2020.

Vivendi cherche enfin des acquéreurs pour de nouvelles participations minoritaires, jusqu'à 50%, pour sa major basée à Santa Monica, en Californie. Une opération pour laquelle il a mandaté plusieurs banques. Il projette ensuite d'introduire UMG en Bourse en 2022.

Vivendi diversifie ses investissements dans les médias

Selon son communiqué, Vivendi devrait utiliser les recettes de ces différentes opérations pour réduire sa dette et pour financer des rachats d'actions, ainsi que des acquisitions. Le géant des médias, contrôlé par l'homme d'affaires français Vincent Bolloré, cherche notamment à investir le marché de la presse.

Il a lancé lundi des négociations exclusives avec l'éditeur Gruner + Jahr, filiale de l'allemand Bertelsmann, pour acquérir la totalité de Prisma Media — auquel appartient Business Insider France — et ses grands titres magazines comme Voici, Capital ou Femme Actuelle, pour un montant de "plusieurs centaines de millions d'euros", selon une source proche du dossier.

Propriétaire d'Editis, Vivendi est également réputé intéressé par l'édition internationale d'Hachette Livre — appartenant au groupe Lagardère, dont il est devenu cette année premier actionnaire.

Enfin, Vivendi est propriétaire du groupe de télévision Canal+, susceptible de réinvestir prochainement pour obtenir de nouveaux droits de diffusion de la Ligue 1 de football à la télévision après le retrait du groupe sino-espagnol Mediapro, défaillant depuis deux mois.

L'agence S&P avait cependant averti début décembre que la cession de nouvelles participations d'UMG présentait "un risque d'affaiblissement du profil commercial du groupe, si le produit n'est pas réinvesti dans des actifs de qualité équivalente et ayant des perspectives de croissance similaires". Cela ne semblait pas troubler dans l'immédiat les investisseurs : en fin de matinée vendredi, le titre de Vivendi progressait de plus de 2% à la Bourse de Paris, dans un marché stable.

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