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Le coronavirus pourrait avoir circulé de manière inoffensive chez les humains avant la pandémie

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Un patient français atteint du Covid-19 arrive à l'hôpital militaire de la Bundeswehr dans une ambulance de transport de patients, le 29 mars 2020. © Felix Kästle/picture alliance via Getty Images

Alors que le Covid-19 a fait plus de 33 000 morts dans le monde et continue encore de se propager, les scientifiques n'ont pas encore tranché sur l'origine exacte du virus. Pourtant, cette information est aussi vitale que la recherche concernant les traitements et les vaccins. Connaître l'origine du virus pourrait permettre de déterminer la chaîne de contamination originelle, comprendre comment la maladie est arrivée chez l'homme et tout simplement, en savoir plus sur ses spécificités. Une étude publiée dans la revue Nature Medecine et citée par Science Alert suggère que le virus pourrait avoir circulé de manière inoffensive chez les humains pendant un certain temps avant d'être à l'origine de la pandémie que l'on connaît actuellement.

"Il est possible qu'un géniteur du SRAS-CoV-2 ait été transmis à l'homme, acquérant de nouvelles caractéristiques génomiques par adaptation lors d'une transmission interhumaine non détectée. Une fois acquises, ces adaptations permettraient à la pandémie de décoller et de produire un groupe de cas suffisamment important (clusters)", a écrit l'équipe de chercheurs internationaux dans l'étude.

Voici les deux hypothèses émises par les chercheurs :

  • L'adaptation s'est produite chez un animal hôte (chauve-souris, pangolins ou autres) avant que le virus ne soit transmis à l'homme. Des échantillons de coronavirus chez les chauves-souris et les pangolins ont montré des génomes similaires à celui du Covid-19 mais aucun ne correspond parfaitement. Toutefois, la diversité des coronavirus présents chez les chauves-souris et autres espèce n'est pas entièrement connue de l'homme.
  • "Le nouveau coronavirus est passé des animaux aux humains avant de devenir capable de provoquer une maladie humaine", explique le directeur du National Institute of Health, Francis Collins, sur le blog du NIH. Et d'ajouter : "puis, à la suite de changements évolutifs progressifs sur des années ou peut-être des décennies, le virus a finalement acquis la capacité de se propager d'homme à homme et de provoquer des maladies graves, souvent mortelles".

Dans un long entretien accordé à France Culture, Didier Sicard, spécialiste des maladies infectieuses et professeur émérite à Sorbonne Université, a notamment souligné l'importance d'effectuer davantage de recherches sur le terrain sur les chauves-souris : "elles sont elles-mêmes porteuses d'une trentaine de coronavirus ! Il faut que l'on mène des travaux sur ces animaux. Evidemment, ce n'est pas très facile : aller dans des grottes, bien protégé, prendre des vipères, des pangolins, des fourmis, regarder les virus qu'ils hébergent, ce sont des travaux ingrats et souvent méprisés par les laboratoires. Les chercheurs disent : 'nous préférons travailler dans le laboratoire de biologie moléculaire avec nos cagoules de cosmonautes. Aller dans la jungle, ramener des moustiques, c’est dangereux.' Pourtant, ce sont de très loin les pistes essentielles."

Cette nouvelle étude met également fin aux théories conspirationnistes selon lesquelles le Covid-19 aurait été fabriqué en laboratoire. En analysant les données génomiques disponibles sur le Covid-19 et d'autres coronavirus, les chercheurs ont pu "déterminer avec certitude que le SRAS-CoV-2 est né de processus naturels", a déclaré l'immunologiste Kristian Andersen du Scripps Research. Et de préciser : "deux caractéristiques du virus, les mutations dans le domaine de liaison au récepteur de la protéine de la pointe (S) et son épine dorsale distincte, excluent la manipulation en laboratoire comme origine potentielle du SRAS-CoV-2".

A lire aussi — Le premier cas de coronavirus en Chine remonterait au 17 novembre 2019, soit bien plus tôt qu'on ne le pensait

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