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Le CSA demande aux réseaux sociaux plus de transparence dans leur lutte contre les fake news

Le CSA demande aux réseaux sociaux plus de transparence dans leur lutte contre les fake news
Facebook, Twitter, Instagram et les autres géants des réseaux sociaux ont été épinglés par le CSA pour leur manque de transparence dans leur lutte contre les fausses informations. © Unsplash/dole777

Les réseaux sociaux ont encore des efforts à fournir pour bien se faire voir du gendarme français de l'audiovisuel et des plateformes en ligne. Le Conseil Supérieur de l'audiovisuel (CSA) a publié un long rapport jeudi 30 juillet, dans lequel il fait le point sur les actions prises par les réseaux sociaux pour limiter la propagation de fausses informations. Depuis le texte législatif de décembre 2018, connu sous le nom de "loi fake news", le CSA a pour mission de surveiller les plateformes et de s'assurer qu'elles coopèrent dans la lutte contre les infox, même s'il ne peut pas les sanctionner.

11 plateformes ont répondu au questionnaire du CSA, dont les réseaux sociaux principaux, Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat, Youtube et LinkedIn. Le compte-rendu de l'application et de l'effectivité des mesures mises en œuvre en 2019 est de prime abord plutôt positif : "le CSA constate d’une manière générale que les opérateurs se sont saisis de l'enjeu de la lutte contre la diffusion de fausses informations, en suivant plusieurs de ses recommandations". Mais malgré ces efforts, ce tout premier bilan reste en demi-teinte, le CSA estimant que "ces mesures doivent encore être approfondies".

Si les réseaux sociaux ont bien tous mis en place un dispositif de signalement de fausses informations, notamment dans le cadre des élections, ces outils peuvent — et doivent selon le CSA — être améliorés en terme d'accessibilité, de clarté et d'ergonomie. Le CSA suggère par exemple aux plateformes de "simplifier cet outil afin que l'envoi d'un signalement puisse être finalisé en trois clics maximum."

D'autres recommandations insistent sur la pédagogie et l'information aux utilisateurs, comme la mise en place de partenariats entre réseaux sociaux et médias de fact-checking, ainsi que la publication des documents de vérification des informations, qui pourraient servir à d'autres plateformes, et permettre aux utilisateurs de mieux comprendre pourquoi tel ou tel poste a été supprimé.

Manque d'informations sur les moyens humains et financiers utilisés

Là où Facebook, Instagram, Twitter et compagnie ont perdu le plus de points, c'est sur la transparence. Malgré leur bonne volonté affichée, le CSA a estimé que les plateformes n'ont pas fourni assez d'éléments sur le fonctionnement de leurs dispositifs de lutte contre les fake news. "En règle générale, peu d'informations ont été fournies sur les moyens humains et financiers déployés pour lutter contre la manipulation de l'information et sur l'intelligibilité des algorithmes", est-il noté dans le rapport.

Les réseaux n'avaient pourtant pas besoin de divulguer publiquement les secrets de leurs algorithmes, le CSA proposait de garder ces éléments confidentiels. Mais ils n'ont semble-t-il pas joué le jeu en répondant au questionnaire. "Les réponses des opérateurs diffèrent peu des informations déjà accessibles sur leurs sites et ne permettent pas au CSA de réaliser une analyse exhaustive", regrette le gendarme de l'audiovisuel.

C'est donc sur la transparence que les plateformes devront travailler dans les mois à venir si elles ne veulent pas avoir le CSA sur le dos. Un nouveau questionnaire sera envoyé aux réseaux sociaux pour faire le bilan de l'année 2020. Au vu de la quantité de fausses informations qui ont circulé en ligne sur le Covid-19, le CSA a de quoi s'occuper.

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