Facebook a été bouleversé la semaine dernière par le départ de deux cadres importants du groupe — et cela pourrait être le début d'une période beaucoup plus sombre. Jeudi, le DG de l'entreprise Mark Zuckerberg a annoncé que Chris Cox, chef de la division produits de la société et l'un de ses principaux lieutenants qui travaillait pour Facebook depuis plus de dix ans, avait donné sa démission. Chris Daniels, responsable de la messagerie WhatsApp, quitte également l'entreprise. La raison de leurs départs ? Selon de nombreux articles et les allusions dans le message d'adieux de Chris Cox, il s'agit d'un désaccord avec le projet de Facebook de passer à une plateforme davantage axée sur la messagerie.

Leurs départs sont un autre signe du bouleversement de Facebook, qui a été l'objet de scandales au cours des deux dernières années, dont le dernier implique une série croissante de départs de cadres. Et, selon un analyste, cela pourrait déclencher d'autres départs et d'autres problèmes à l'avenir. Dans une note aux investisseurs publiée lundi, Laura Martin, analyste chez Needham, a déclaré que Facebook courrait le risque "d'effets négatifs de réseau". En d'autres termes, les effets de réseau se produisent lorsque plusieurs éléments se renforcent mutuellement, consolidant ainsi le "réseau" à mesure qu'il se développe.

Facebook en est un excellent exemple : lorsque les utilisateurs se sont inscrits en masse au lancement du réseau social, le fait que le nombre d'utilisateurs ne cessait de croître a rendu plus probable la présence de personnes que l'on connaît, ce qui incite davantage les gens à s'inscrire, encourageant ainsi les autres à s'inscrire et ainsi de suite.

Mais les effets de réseau peuvent également fonctionner dans l'autre sens et, dans ce cas, l'un des atouts célèbres de Facebook — sa culture d'entreprise incroyablement forte axée sur la mission — pourrait jouer en sa défaveur, a déclaré Laura Martin.

"Le type d'effet de réseau chez Facebook est basé sur des 'croyances' selon lesquelles chaque personne supplémentaire qui croit en quelque chose rend plus probable le fait qu'une autre personne croira la même chose", a-t-elle écrit. "Lorsque Chris Cox (chef de la division produits) et Chris Daniels (numéro un de WhatsApp) quittent Facebook parce qu'ils sont en désaccord avec le pivot stratégique que Mark Zuckerberg est en train d'instituer, cela insinue qu'ils ne croient plus en Facebook".

Elle ajoute : "Le problème, c'est que : a) d'autres membres de l'organisation seront d'accord avec eux et partiront également, et chaque personne qui s'en va rend plus probable le départ de la personne suivante; et b) la Silicon Valley est un endroit concurrentiel. La perte de ces cadres clés chez Facebook peut les amener à atterrir dans une entreprise concurrente de Facebook et à en recruter d'autres".

En résumé : les départs de cadres de Facebook pourraient avoir un effet domino, incitant ainsi les membres de l'équipe de direction à perdre confiance et à abandonner — et, ce faisant, à créer des alternatives d'emploi plus attractives pour les anciens employés.

Les actions de Facebook ont ​​chuté de 3,5% lundi après que de nombreux analystes de Wall Street (dont Laura Martin) ont exprimé leurs inquiétudes concernant certains des problèmes auxquels la société est confrontée, notamment la confidentialité, le risque de réglementation et les atteintes à sa réputation causées par des incidents comme la fusillade de Christchurch en Nouvelle-Zélande, qui a été diffusée en streaming sur l'application Facebook.

Version originale : Rob Price/Business Insider

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