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Le développement d'un vaccin contre le coronavirus de Chine pourrait prendre des années d'après notre expérience avec Zika et Ebola

Le développement d'un vaccin contre le coronavirus de Chine pourrait prendre des années d'après notre expérience avec Zika et Ebola
© Stringer/Anadolu Agency via Getty Images

Les organisations mondiales et les autorités sanitaires des pays concernés s'affairent à réagir à la propagation d'un virus mortel en provenance de Wuhan, en Chine. Une partie de cet effort consiste à faire appel aux biotechnologies pour commencer à chercher un vaccin efficace. Plusieurs entreprises, dont Moderna, Novavax et Inovio, ont annoncé des plans de développement préliminaires. Mais un regard sur l'histoire récente d'autres maladies infectieuses telles que Ebola, Zika et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) montre que ces vaccins ont mis longtemps à être élaborés.

Anthony Fauci, directeur de longue date de l'Institut national américain des maladies allergiques et infectieuses, a estimé que les premiers essais cliniques pour un vaccin contre les coronavirus pourraient commencer avant cet été, dans une interview accordée à Biocentury. "Nous serons probablement en mesure, à part s'il y a des obstacles imprévus, de commencer un essai de phase 1 dans environ trois mois", a-t-il déclaré. Le coronavirus de Wuhan a maintenant infecté plus de 1 000 personnes et s'est propagé dans neuf pays. Au moins 26 personnes sont mortes d'après le bilan provisoire.

Le premier vaccin contre Ebola a été le fruit d'une vingtaine d'années de recherche

Le premier vaccin contre Ebola a été approuvé le mois dernier aux États-Unis après environ deux décennies de recherche et quatre ans d'essais cliniques sur des milliers de personnes. Les Instituts américains de la santé testent une série de candidats vaccins contre Zika, un virus transmis par les moustiques qui a commencé à se propager largement en 2015.

Une épidémie du SRAS en 2003 a entraîné une ruée similaire pour la mise au point de vaccins. Plus de 15 ans plus tard, il n'existe toujours pas de vaccin approuvé contre le SRAS. Cela s'explique en partie par le fait que les efforts de santé publique ont permis d'enrayer la propagation du virus, ce qui ne laisse guère de place à un vaccin, selon Christopher Raymond, analyste chez Piper Sandler.

Une partie du défi consiste à trouver des sources de financement qui ne diminueront pas une fois l'épidémie terminée, a déclaré à Business Insider US Maria Elena Bottazzi, co-directrice du Centre de développement de vaccins de l'hôpital pour enfants du Texas.

Maria Elena Bottazzi a déclaré que cela est l'une de ses plus grandes préoccupations pour le développement futur des vaccins. Dans le cas de son équipe, ils étaient en train de développer un vaccin contre le SRAS lorsque le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, ou MERS, a éclaté.

Cela a entraîné un changement de financement pour se concentrer sur le MERS, au détriment du développement continu de leur vaccin candidat contre le SRAS. Aujourd'hui, compte tenu de la nouvelle épidémie de coronavirus, elle a déclaré que ce serait le principal défi à relever lorsque certains candidats passeront aux essais cliniques.

"Les obstacles scientifiques sont les obstacles les moins importants", a-t-elle déclaré. "Scientifiquement, nous pouvons agir rapidement. Il s'agit de savoir comment mobiliser les ressources, créer des partenariats et, en fin de compte, qui va amener le vaccin au point où nous pourrons l'administrer à la population".

Il faut parfois entre un et trois ans pour développer un vaccin

Maria Elena Botazzi a estimé qu'il fallait entre un et trois ans pour développer un vaccin et être en mesure de l'administrer à la population. Moderna, une entreprise de biotechnologie valorisée à 7 milliards de dollars basée à Cambridge, dans le Massachusetts, est l'une des entreprises qui en est aux premiers stades de production d'un vaccin expérimental. Le patron de la société, Stéphane Bancel, a reconnu que certaines des inconnues de la maladie sont susceptibles de créer des difficultés pour tester des vaccins potentiels.

"Nous ne connaissons pas la durée d'incubation du virus — 2 jours ou 2 semaines. Nous ne savons pas combien de temps les gens restent malades — un jour ou trois semaines", a déclaré Stéphane Bancel jeudi dans une interview avec Business Insider US. "Cela a de très grandes implications pour la modélisation que vous faites".

Dans le Journal of the American Medical Association, Anthony Fauci et deux autres scientifiques ont noté que nous nous améliorons dans le développement des vaccins, en partie grâce aux innovations de sociétés comme Moderna. Selon eux, il a fallu environ 20 mois pour parvenir aux premiers essais sur l'homme d'un vaccin contre le SRAS, mais le calendrier a depuis été réduit à quelques mois.

Version originale : Andrew Dunn/Business Insider

Business Insider
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