Le DG d'Apple Tim Cook estime que l'exploitation de données personnelles sous prétexte de progrès est un 'compromis trompeur'

Tim Cook, PDG d'Apple. Shannon Stapleton/Reuters

Le DG  d'Apple, Tim Cook, a déclaré que son entreprise rejetait l'idée que tout progrès dans le domaine de l'intelligence artificielle exigeait que l'on abandonne une "cargaison" de ses données personnelles. Une référence à peine voilée aux pratiques de ses concurrents, tels que Facebook et Google. Ce mardi 19 novembre, le chef d'entreprise s'est entretenu avec Marc Benioff, fondateur et co-PDG de Salesforce, durant la conférence Dreamforce. Tim Cook y a réitéré l'engagement d'Apple en matière de confidentialité, tout en poursuivant le développement de nouveaux produits utilisant le "machine learning" (une technique d'apprentissage automatique par intelligence artificielle, ndlr).

Le DG d'Apple a présenté cela comme un engagement plus large envers la mission de l'entreprise, qui est d'améliorer la vie de ses clients tout en restant fidèle à ses valeurs morales, plutôt que de traiter la confidentialité comme un "slogan du jour". "Certaines personnes pensent qu'on ne peut pas exploiter le machine learning de l'IA à moins d'avoir une tonne de données et de comprendre la vie personnelle de tout le monde en détail", a fustigé Tim Cook. "Nous ne souscrivons pas à cela. Nous pensons que c'est un compromis trompeur."

L'exploitation des données personnelles des utilisateurs est devenu le nerf de la guerre dans l'industrie de la tech 

Beaucoup de gens dans l'industrie de la technologie sont depuis longtemps d'avis que des entreprises comme Google et Facebook ont un avantage sur le marché croissant de l'IA, simplement parce qu'elles ont tellement de données utilisateur qu'elles peuvent les utiliser pour nourrir leur système et l'aider à se développer.

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Tim Cook, cependant, a déjà exprimé son mépris pour le niveau " industriel " de données que Google et d'autres recueillent sur leurs utilisateurs, et a souligné qu'Apple ne s'appuyait pas sur la publicité pour faire fonctionner son modèle économique. Cependant, la réticence de l'entreprise à recueillir autant de données sur ses utilisateurs a parfois été perçue comme un obstacle pour Apple dans le contexte de l'évolution de l'industrie vers l'intelligence artificielle.

Siri, l'assistant vocal d'Apple, a par exemple été descendu par la critique pour être plus limité que les autres alternatives actuellement sur le marché. Alexa, l'assistant vocal d'Amazon et l'assistant Google sont tous deux considérés comme plus intelligents et plus performants, notamment parce qu'ils s'intègrent étroitement dans les données de la gamme de produits et services de chaque entreprise.

Une exploitation de plus en plus surveillée et critiquée

Mais les commentaires du DG d'Apple arrivent aussi à un moment où les grandes entreprises technologiques sont de plus en plus surveillées quant à la façon dont elles traitent les données personnelles des utilisateurs. En novembre dernier, un organisme de réglementation fédéral a ouvert une enquête sur les efforts de Google pour recueillir et partager des données privées sur la santé avec un vaste système hospitalier sans en informer les millions d'Américains concernés. Le DG de Google, Sundar Pichai, a déjà comparu devant le Congrès pour répondre à des questions concernant les données que son groupe recueille sur ses utilisateurs — ainsi que sur d'autres sujets, tels que la partialité ou non des résultats de recherche de Google, selon le site CNBC.

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Durant sa conversation avec Marc Benioff, le DG d'Apple a affirmé s'opposer à l'idée qu'il soit nécessaire de recueillir ce genre de données au nom du progrès."Il y a beaucoup de ces faux choix qui sont ancrés dans l'esprit des gens", a expliqué Tim Cook. "Nous essayons de rejeter et de retourner systématiquement toute ces injonctions."

Version originale : Bani Sapra / Business Insider US

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