Le DG de l'Agence spatiale européenne dit que Thomas Pesquet a de bonnes chances d'être choisi pour partir sur la Lune

Thomas Pesquet. Berzane Nasser/ABACA

L'astronaute français Thomas Pesquet a déjà laissé entendre qu'il était bien candidat pour aller un jour sur la Lune, alors que la NASA a récemment indiqué qu'elle allait ouvrir son programme lunaire baptisé Artemis aux non-Américains dans la prochaine décennie. A l'occasion du 70e Congrès astronautique international (IAC), un grand rendez-vous annuel auquel participent des dizaines d'agences spatiales et des milliers de chercheurs et entreprises spatiales, Jan Wörner, le DG de l'Agence spatiale européenne (ESA), a noté que Thomas Pesquet avait "de bonnes chances" d'être sélectionné pour partir sur la Lune, en raison de son âge relativement jeune (41 ans actuellement).

Dans un message vidéo diffusé il y a quelques jours, l'astronaute de l'ESA, qui a séjourné pendant 200 jours à bord de la Station spatiale internationale (ISS) de novembre 2016 à juin 2017 avait déclaré : "[...] j'ai toujours rêvé d'aller plus loin et plus profondément dans l'espace. J'espère vraiment prendre ma part dans cette prochaine étape de l'exploration spatiale". Si l'Europe parvient à obtenir une place dans une mission lunaire aux côtés des Américains, le choix de cet astronaute européen reviendra entièrement au directeur général de l'ESA.

Jan Wörner a déclaré : "Jim [ndlr : Bridenstine, l'administrateur de la NASA] m'a envoyé une lettre dans laquelle il dit que son intention est d'avoir un Européen et un Américain ensemble sur la Lune". L'agence spatiale américaine développe le programme lunaire Artemis avec en vue l'envoi de deux premiers astronautes américains sur la Lune en 2024. L'agence américaine veut des partenaires étrangers, et l'Europe entend garantir une place pour l'un de ses sept astronautes dans une mission suivante, mais les Japonais veulent aussi une place.

Jim Bridenstine a expliqué ce jeudi 24 octobre 2019 que le choix des premiers pays à envoyer leurs astronautes sur la Lune, après les Américains, dépendrait des contributions internationales au programme développé par les Etats-Unis pour le retour sur la Lune. "Quand on fera le compte des contributions de nos partenaires internationaux à cette opération, vous pouvez imaginer que beaucoup de pays se seront engagés à un niveau suffisant pour réclamer d'avoir un astronaute sur le sol lunaire", a déclaré l'administrateur de la NASA. "Nous voulons qu'ils aient leurs astronautes sur la Lune. Notre but est que de nombreux pays vivent et travaillent sur la Lune en même temps", a-t-il ajouté. 

L'ESA fournit déjà un élément indispensable à Artemis : le "module de service européen", c'est-à-dire la partie du vaisseau habité Orion qui fournira l'air, l'eau, l'électricité et la propulsion. Les Américains ont demandé des modules supplémentaires, et Jan Wörner va demander aux pays membres de l'ESA de financer aussi deux parties de la future mini-station qui sera assemblée en orbite lunaire, la Gateway.

Quel sera le prix du billet pour la Lune pour les Européens ? L'Allemand Jan Wörner a confié à l'AFP avoir une idée du prix demandé — contributions en nature — par la NASA. Quand l'astronaute européen sera-t-il envoyé ? "Je ne sais pas si ce sera pour le deuxième, ou le troisième atterrissage sur la Lune, et pour être très honnête, je m'en fiche", a affirmé Jan Wörner.

Par ailleurs, paradoxalement, le DG de l'ESA n'est pas certain que le premier pas d'un astronaute européen sur la Lune soit important symboliquement. "Nous n'apporterons pas de drapeau européen sur la Lune, non, non, non. Ces symboles appartiennent au passé", a-t-il indiqué. 

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