Le Dragon, le Link&Fly et le Cassio, trois avions de demain présentés au salon du Bourget

Link&Fly. Akka TEchnologies

Le Salon du Bourget, dont la 53e édition se déroule jusqu'à la fin de la semaine, est toujours l'occasion pour les différents acteurs du secteur de l'aéronautique de dévoiler et présenter leurs projets futuristes. Sous le ballet des avions et hélicoptères en démonstration dans le ciel, des prototypes exposés aux visiteurs dessinent les appareils volants de demain. Ce salon fait notamment la part belle aux avions recourant à l'énergie électrique, dans un contexte où les enjeux environnementaux prennent de plus en plus d'importance, et alors que le secteur aéronautique représente à lui seul 2% à 3% des émissions mondiales de CO2. 

Mais des projets innovants visent aussi à fluidifier le trafic, qui ne cesse d'augmenter d'année en année. Les compagnies aériennes ont transporté 4,3 milliards de passagers l'an passé à travers le monde. Et l'Association du transport aérien international (IATA) prévoit presque un doublement de ce chiffre d'ici moins de 20 ans, avec plus de 8 milliards de passagers attendus en 2037. Pour faire face à l'afflux toujours plus important du nombre de voyageurs, le groupe d'ingénierie français Akka Technologies a notamment conçu une sorte d'avion-train.

Le Link&Fly, l'avion-train d'Akka Technologies

Thomas Chenel/ Business Insider

"Des avions qui passent plus de temps au sol représentent un coût supplémentaire pour les compagnies", explique Markus Leutert, le directeur de la communication d'Akka Technologies. C'est pourquoi sa société a pensé et conçu un prototype d'avion pour le moins innovant. La cabine, qui accueille les passagers, peut se détacher des ailes et du cockpit, prenant ainsi la forme d'un wagon pouvant être transporté sur roues ou sur rails.

Thomas Chenel/ Business Inisider

L'embarquement pourrait ainsi avoir lieu en amont, au sein de l'aéroport, voire en ville, sans retarder sur le tarmac l'appareil, qui pourrait rapidement accueillir une nouvelle cabine de passagers et re-décoller. L'idée est de drastiquement réduire le temps écoulé entre deux vols, d'environ 50 minutes minimum aujourd'hui. 

Akka prévoit aussi un contrôle des passagers directement au sein de la cabine, via un scan du visage réalisé par l'écran incrusté dans le siège devant eux. Et la société propose un prototype avec des réacteurs enfouis dans les ailes pour gagner en aérodynamisme.

Reste à un constructeur de s'emparer de ces idées pour qu'un tel avion avec cabine détachable puisse un jour devenir réalité. En attendant, le prototype d'Akka, prévu pour transporter 150 passagers, devrait voler dans une version plus petite, à une échelle 1/13e, "d'ici quelques semaines", promet Markus Leutert.

Le Dragon, l'avion à propulsion distribuée d'Onera

Thomas Chenel/ Business Insider

Ce prototype, mis au point par Onera, le Centre français de la recherche aérospatiale, doit permettre de réduire de 5% à 10% la consommation de carburant. Comment ? Grâce à une propulsion distribuée, via un grand nombre de fan carénés placés sous chaque aile, c'est-à-dire des moteurs électriques alimentés par l'électricité produite par deux turbines situées à l'arrière de l'appareil (visible sur la photo ci-dessous). Toutefois, cet avion aura toujours besoin de kérosène pour faire fonctionner ces turbines. On est donc encore loin du transporteur aérien sans rejet polluant. 

Thomas Chenel/ Business Insider

Mais associée à d'autres évolutions attendues des composants de l'avion, permettant notamment de réduire sa masse, la propulsion distribuée pourrait permettre d'économiser "25% à 30% de kérosène" d'ici 2035, explique Peter Schmollgruber, ingénieur en charge du projet Dragon chez Onera.

Ce n'est qu'en 2040 que cet avion, prévu pour transporter 150 passagers à une vitesse de croisière autour de mach 0.8 (comme un A320 d'Airbus), pourrait entrer en service. Il pourrait effectuer des trajets d'au moins 1 400 km, "la distance d'environ 80% des vols avec ce type d'appareil", précise Peter Schmollgruber.

Les recherches sur le Dragon bénéficient du financement de la Commission européenne, dans le cadre du partenariat européen Clean Sky 2 pour un secteur aérien plus propre. 

Le Cassio, l'appareil à propulsion hybride électrique de VoltAero

Thomas Chenel/ Business Insider

VoltAero propose également un prototype d'appareil à propulsion hybride, le Cassio. Mais l'entreprise, qui a son siège social à Royan, en Charente-Maritime, espère le faire voler d'ici la fin de l'année pour obtenir ensuite une certification de navigabilité et le commercialiser dès 2022. Son projet, comparable à l'appareil hybride EchoPulse développé par Airbus Safran et Daher, consiste en un avion d'un peu plus de deux tonnes, pouvant transporter quatre à neuf personnes sur environ 1 200 km.

La "traction" de l'appareil est assurée par deux moteurs électriques de 60 kilowatts montés sur les ailes équipées d'hélices multipales. Ils doivent permettre des décollages et atterrissages bien moins bruyants pour le voisinage des aéroports. La "poussée" est de son côté assurée par un moteur thermique (à combustion) couplé à trois moteurs électriques de 60 kilowatts, le tout situé à l'arrière de l'avion, près de l'hélice multipales propulsive. 

Le moteur à combustion est un moteur de voiture fourni par Nissan pour le prototype. Il doit servir principalement pendant la phase de croisière du vol, mais peut aussi être utilisé à d'autres moments en cas de panne des autres moteurs, et permettre de recharger les batteries de l'appareil pendant le vol. Les moteurs électriques et thermique confèrent une puissance totale de 600 kilowatts à l'avion, qui dispose d'une autonomie d'au moins 3h30 et peut aller jusqu'à plus de 350 km/h.

Le Cassio de VoltAero apparaît plus électrique que le Dragon. Les avions plus volumineux, de plus de 100 personnes, ne peuvent en effet pas fonctionner grâce à des batteries qui augmenteraient considérablement leur masse, et donc leur consommation d'énergie. 

Derrière le projet VoltAreo, on retrouve notamment Jean Botti, le directeur général, qui avait dirigé le programme d'avion à propulsion électrique E-Fan du constructeur Airbus.


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