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Le gendarme des marchés financiers est 'clairement' opposé à une fermeture de la Bourse de Paris

Le gendarme des marchés financiers est 'clairement' opposé à une fermeture de la Bourse de Paris
© SOPA Images/ Getty Images

La dégringolade des Bourses mondiales en raison des craintes liées à la pandémie de coronavirus et ses conséquences sur l'économie a fait émerger la question d'une éventuelle fermeture des marchés financiers. Pour mettre fin à la chute, pourquoi ne tout simplement pas suspendre les Bourses pour les rouvrir plus tard, une fois la tempête passée? Pour Robert Ophèle, président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), cette question appelle "une réponse très clairement négative".

Les marchés ne montrent pas de dysfonctionnement aujourd'hui, selon lui. "D'un point de vue opérationnel, les marchés régulés, les marchés actions en particulier, ont montré à ce stade qu'ils fonctionnaient très correctement", a-t-il assuré à BFM Business. "Ces marchés sont restés liquides, avec des volumes de transactions exceptionnellement élevés. Et des valorisations dont rien ne permet de dire qu'elles sont sans rapport avec les incertitudes économiques actuelles", a-t-il poursuivi. La forte volatilité des cours reflète selon lui "l'incertitude dans laquelle nous sommes".

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En outre, fermer la Bourse de Paris, donc Euronext qui est l'opérateur de la place financière, n'empêcherait pas les actions de continuer à être vendues. "Les transactions hors plateforme de gré à gré (sans intermédiaire, ndlr) ne seraient pas suspendues. Et les transactions sur les plateformes situées hors de notre territoire ne le seraient pas non plus", souligne Robert Ophèle. Or, "environ la moitié des transactions sur les valeurs françaises sont réalisées hors de France", rappelle-t-il.

Pas de fermeture en vue pour les places boursières étrangères

Dès lors, fermer les marchés dans le pays pourrait entraîner un transfert d'une large partie des transactions sur des marchés non régulés ou des plateformes régulées étrangères. Une décision coordonnée au niveau européen et international — qui apparaît improbable aujourd'hui — permettrait d'éviter que cela n'arrive. Mais les autorités financières des autres Etats ne semblent pas plus déterminées à fermer les places boursières de leur pays.

"Notre objectif est de continuer à maintenir des marchés ouverts et ordonnés malgré la volatilité actuelle", a précisé mardi la Financial Conduct Authority (FCA), l'autorité britannique des marchés financiers. Même son de cloche de l'autre côté de l'Atlantique. Le secrétaire d'Etat au Trésor, Steven Mnuchin, s'est prononcé contre la fermeture des marchés, rappelle L'Agefi, dans le sillage du régulateur américain des marchés financiers, la Securities and Exchange Commission (SEC), qui avait rejeté lundi cette idée.

Fermer les marchés des actions présente en outre un autre risque, selon le président de l'AMF. Cette décision pourrait entraîner "une pression vendeuse sur d'autres classes d'actifs, en particulier sur les titres de dette qui sont essentiels pour le financement de l'économie".

La vente à découvert interdite pendant un mois

À défaut de fermer la Bourse de Paris, l'AMF a pris une mesure mardi soir pour limiter la spéculation et la chute des cours sur le marché. L'Autorité a décidé d'interdire pour une durée d'un mois et "avec effet immédiat toute nouvelle création de position courte nette et toute augmentation d'une position existante", indique-t-elle dans un communiqué. Autrement dit, la vente à découvert n'est plus autorisée par le régulateur financier jusqu'au 16 avril inclus. L'AMF avait déjà interdit cette pratique sur 92 actions françaises pour la seule journée du mardi 17 mars.

La vente à découvert consiste à vendre un titre qu'on ne possède pas encore, dans l'espoir de le racheter à un meilleur prix ultérieurement. C'est une façon de parier sur la baisse d'une action.

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