Le gouvernement annonce la fin du broyage des poussins mâles en réponse aux associations de défense des animaux

Unsplash/Karim MANJRA

Ce n'est pas forcément une information très connue du grand public, mais dans la majorité des élevages industriels, les poussins mâles sont systématiquement tués après leur naissance. L'élimination des poussins mâles par broyage dans les élevages industriels devrait être interdite à la fin 2021, a indiqué mercredi 30 octobre le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume. "Nous avons annoncé la semaine dernière avec ma collègue, ministre de l'Agriculture allemande, qu'on allait arrêter le broyage des poussins qui aujourd'hui n'est plus supportable. On a dit fin d'année 2021. Si on le fait tout de suite, qu'est ce qui se passe? Il n'y a a plus d'oeufs", a déclaré le ministre au micro de France Inter, en réponse à une question sur la pression des associations pour obtenir des mesures immédiates sur le bien-être animal.

Dans le cadre de la production industrialisée d'oeufs, les poussins éclosent dans des couvoirs, dont les propriétaires vendent ensuite les futures poules pondeuses aux éleveurs. Après éclosion, les poussins mâles sont immédiatement tués, la filière jugeant qu'ils n'est pas rentable de les nourrir, au contraire des femelles appelées à devenir des poules pondeuses. Cette pratique, critiquée par les défenseurs des animaux, est pour l'instant jugée incontournable par l'industrie avicole pour des raisons économiques, sa légalité venant d'être confirmée en Allemagne.

Le sexage des oeufs pour déterminer le sexe des poussins avant la naissance

Les alternatives existant aujourd'hui à l'élimination des poussins mâles sont encore peu nombreuses. Première solution, conserver les mâles pour les élever afin notamment de consommer leur viande. Mais cela soulève une question de rentabilité pour les éleveurs qui auront à gérer à la fois des mâles et des femelles, et donc une production d'oeufs moins importante. Avec le risque à la clé d'une forte hausse des coûts pour le consommateur final. L'autre solution actuellement étudiée passe par le "sexage" des oeufs.

L'idée est de creuser au laser un petit trou dans la coquille de l'oeuf pour permettre le prélèvement d'une goutte de liquide. La mise en contact avec un principe réactif permet de déterminer le sexe, sans dommage pour la membrane de l'oeuf qui se reconstruit en quelques heures. Cela permet du coup de ne conserver que les femelles et d'éviter la naissance des mâles. Le ministère de l'Agriculture avait annoncé dès 2015 des "hypothèses de travail" selon Libération. Une entreprise française, Tronico, avait même pu bénéficier d'une enveloppe de 4,3 millions d'euros en 2016 dans le cadre d'un appel à projet. Cela semble long à aboutir mais son directeur général confirme que "notre prototype pourrait être prêt fin 2019".

Vers l'arrêt de la castration à vif des porcelets

Le ministre de l'Agriculture, qui a reçu mardi soir plusieurs associations dites "welfaristes" (se préoccupant du bien-être animal sans être opposées à l'élevage), a révélé que d'autres annonces devraient être faites "dans les semaines qui viennent". "Les mesures qui vont être prises par le gouvernement sont des mesures très fortes" a-t-il dit, sans les dévoiler, ni préciser leur calendrier de mise en oeuvre. "Je ne donne pas les dates, car je les négocie avec les éleveurs" a-t-il précisé en évoquant néanmoins "novembre ou décembre". Il en a pourtant évoqué une : l'arrêt probable de la castration à vif des porcelets, dénoncée récemment dans les vidéos d'une association.

"Dans les mois qui viennent, cela va être terminé tout cela", a dit le ministre. "Mais cela ne peut pas se faire contre la profession" qui doit adapter ses modes de production pour garder son efficacité et sa rentabilité si elle veut survivre. "Il faut à la fois tenir le temps de l'agriculture et le temps de la société. Il y a le temps de la nature, de l'élevage, et le temps de société et des 170 signes sur Twitter" a-t-il dit en dénonçant une fois de plus "l'agri-bashing" dont les agriculteurs se jugent victimes, notamment sur les réseaux sociaux.

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