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Le gouvernement annonce une récession et un déficit public encore plus importants


Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, le 5 février 2020. © Antoine Gyori - Corbis/ Getty Images

Dans la foulée de l'annonce d'Emmanuel Macron d'un prolongement du confinement jusqu'au 11 mai 2020, Bruno Le Maire a dévoilé ce mardi matin une prévision de récession encore plus lourde qu'anticipée jusqu'à présent. "Nous avions prévu une croissance à -6, nous aurons une prévision de croissance qui va être fixée à -8 pour le projet de loi de finances rectificatives", a déclaré sur RMC et BFMTV le ministre de l'Economie, mardi 14 avril 2020. Ce projet de loi doit être présenté mercredi avec le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. "Il faut prendre toutes ces estimations avec prudence", a toutefois tempéré Bruno Le Maire. "J'aimerais être certain que nous en restions bien à -8."

Le recul du produit intérieur brut (PIB) de la France pourrait donc être plus important encore que ces 8%. Gérald Darmanin a de son côté précisé que le pays devrait afficher un déficit public aux alentours de 9% du PIB cette année et une dette de 115%. "Chaque jour, chaque semaine de confinement (...) fait effectivement aggraver les finances publiques", a déclaré ce mardi le ministre sur France Info, rapporte l'AFP.

Le chômage partiel coûtera 24 Mds€

Bruno Le Maire a par ailleurs indiqué que le fonds de solidarité, auquel 900 000 très petites entreprises (TPE) se sont déjà inscrites, allait être renforcé pour les TPE menacées de faillite. Son montant doit être porté à 7 milliards d'euros au total. Au-delà du maintien des 1 500 euros pour les entreprises subissant une chute de plus de 50% de leur chiffre d'affaires, il y a un "deuxième étage qui va être porté de 2 000 à 5 000 euros" pour les entreprises menacées de faillite, a déclaré le ministre.

Le gouvernement avait déjà dévoilé un vaste plan de soutien à l'économie, porté le 9 avril à 100 milliards d’euros, contre 45 milliards initialement annoncés. Le coût du dispositif de chômage partiel, qui concerne actuellement 8 millions de salariés en France, s'élèvera à 24 milliards d'euros, a précisé Bruno le Maire. L'effort public d'aide à l'économie atteindra ainsi au total "plus de 100 milliards d'euros".

Des pertes d'exploitation estimées à '60 milliards' pour les entreprises

Outre la prolongation du confinement, le président de la République a annoncé que les lieux rassemblant du public comme les restaurants, les cafés, les hôtels, les théâtres, les cinémas et les musées resteront encore fermés après le 11 mai, jusqu'à une date indéterminée. Lors de son allocution depuis le Palais de L'Elysée, qui a été suivie selon Médiamétrie par 36,7 millions de téléspectateurs, Emmanuel Macron a aussi esquissé un futur plan dédié aux secteurs de l'hôtellerie, de la restauration, de la culture et de l'événementiel. Des annulations de charges et des aides spécifiques devraient notamment être mises en place.

Il a, au passage, demandé aux banques qu'elles décalent "toutes les échéances beaucoup plus massivement qu'elles ne l'ont fait". Et le président a mis la pression sur les assurances, qui "doivent être au rendez-vous de cette mobilisation économique". La présidente de la Fédération française de l'assurance (FFA), Florence Lustman, a assuré que le secteur était dans l'incapacité de couvrir les pertes d'exploitation des entreprises liées à l'épidémie de Covid-19. "En France, les pertes d’exploitation liées à la pandémie se chiffrent à près de 60 milliards, c’est-à-dire plus que les fonds propres des assureurs non-vie", a-t-elle déclaré au Figaro, dans une interview publiée le 12 avril.

Pour trouver des solutions, un groupe de travail associant les assureurs et le ministère des finances doit toutefois être lancé cette semaine, selon Le Monde.

Business Insider