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Le gouvernement incite entreprises et salariés à poursuivre le travail malgré les risques liés à la présence physique

Le gouvernement incite entreprises et salariés à poursuivre le travail malgré les risques liés à la présence physique
© Flickr/Jeanne Menjoulet

L'épidémie de coronavirus continue de faire des ravages et a déjà entraîné la mort 372 personnes dans le pays, selon Santé publique France. Mais malgré la propagation du virus et les mesures de confinement strictes décrétées par le gouvernement, l'exécutif souhaite que l'activité économique se poursuive. Y compris lorsque travailler implique des déplacements et de se rendre sur son lieu de travail. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a ainsi appelé vendredi 20 mars 2020 les entreprises à verser une prime défiscalisée à leurs salariés, notamment à ceux qui "ont eu le courage de se rendre sur leur lieu de travail".

Cette mesure s'adresse surtout aux secteurs d'activité considérés comme "vitaux" pour la population française, lui permettant notamment de toujours pouvoir se nourrir. "J'invite toutes les fédérations, toutes les grandes entreprises qui ont un accord d'intéressement, notamment dans les secteurs vitaux comme l'agro-alimentaire ou la grande distribution, à verser cette prime de 1 000 euros totalement défiscalisée à leurs salariés", a déclaré le ministre sur LCI, rapporte l'AFP.

'Challenger' les entreprises qui veulent cesser leur activité

Bruno Le Maire a rappelé que les entreprises avaient jusqu'au 30 juin pour verser cette prime, qui en plus d'être défiscalisée jusqu'à 1 000 euros ne supportera pas de charges sociales. Autrement dit, l'employeur ne subira aucun frais supplémentaire au-delà de ce qu'il versera directement au salarié. Créée suite au mouvement des "gilets jaunes", cette prime a été reconduite en 2020 pour les entreprises ayant un accord d'intéressement pour leurs salariés, rappelle l'AFP.

Mais au-delà des activités "vitales" en cette période de crise, le gouvernement semble vouloir globalement inciter à ne pas cesser le travail. Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, aurait ainsi demandé mercredi à ses services en région de "challenger" les entreprises qui souhaitent baisser le rideau sous la pression de salariés préoccupés pour leur santé, assure Mediapart. Le site d'investigation indique s'être procuré le message envoyé par les services du ministère aux Direccte (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi).

'Devoir de solidarité et d'engagement'

Dans ce document, il écrit notamment que "trop d’entreprises ferment parce qu'elles croient être obligées de le faire". "Le gouvernement cherche autant que possible à préserver l'activité, à la fois pour ne pas obérer plus que nécessaire les perspectives économiques, mais aussi et surtout parce que beaucoup d'activités sont indispensables de manière plus ou moins directe pour continuer à vivre", peut-on aussi lire dans ce message. Les entreprises peuvent baisser le rideau quand la direction "ne pense pas pouvoir assurer la sécurité sanitaire", mais "l’arrêt est l’exception, pas la règle".

Le cabinet de la ministre a de son côté démenti auprès de Mediapart l'envoi de ce document. Muriel Pénicaud a toutefois tenu des propos virulents sur les entreprises qui ont décidé de cesser leur activité. "Quand un syndicat patronal dit aux entreprises 'arrêtez d’aller bosser, arrêtez de faire vos chantiers', ça c’est du défaitisme", a-t-elle lancé jeudi matin sur LCI. "Il y a un devoir de solidarité et d'engagement, y compris des entreprises", a ajouté la ministre.

Fortes tensions avec le secteur du bâtiment

Dans son viseur, les fédérations patronales du bâtiment qui ont appelé leurs adhérents à arrêter temporairement les chantiers, afin de trouver des solutions pour assurer la protection des salariés face au virus Covid-19. Les relations se sont fortement tendues entre le secteur du BTP et l'exécutif. À tel point que "le gouvernement brandirait maintenant la menace que le BTP ne soit pas éligible au chômage partiel", s'alarme dans Les Echos la Fédération française du Bâtiment (FFB).

D'une manière générale, Muriel Pénicaud aurait demandé à ses services et à Bercy de "repérer" et de "signaler" les entreprises qui comptent fermer leurs portes sous la pression des salariés, dans la mesure où elles n'ont pas auparavant évalué les risques sanitaires et étudié des mesures de protection avec les représentants du personnel.

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Business Insider