Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Le gouvernement souhaite apposer une note sur les vêtements pour indiquer leur impact environnemental

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Le gouvernement souhaite apposer une note sur les vêtements pour indiquer leur impact environnemental
© Pixabay

Et si vous connaissiez exactement l'impact de votre consommation de textile ? Ce mardi 11 février, le gouvernement et les industriels de l'habillement ont lancé une concertation pour élaborer d'ici 18 mois un affichage environnemental dans le secteur du textile. Il s'agit d'une notre de A à E mentionnée sur les vêtements, comme c'est le cas sur les machines à laver. Dans l'alimentation, ce type de mention existe avec le Nutri-Score qui indique la qualité nutritionnelle du produit. La loi anti-gaspillage promulguée ce mardi prévoit la mise en place d'un étiquetage destiné à informer le consommateur sur les caractéristiques environnementales de certains produits et lui permettre de faire des choix éclairés. Le premier secteur à expérimenter la démarche sera celui du textile, un des plus polluants et les plus émetteurs de gaz à effet de serre.

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) travaille depuis plusieurs années à l'élaboration de cet affichage pour le textile, mais aussi pour les appareils électroniques, l'habillement, l’ameublement, l'alimentaire et l'hôtellerie. La note de A à E, accompagnée d'un logo représentant une planète bleue, englobe tout le cycle de vie du produit, des matières premières à la fin de vie, en passant par la distribution, et prend en compte divers impacts environnementaux (émissions de CO2, épuisement des ressources, pollutions de l'air ou de l'eau...).

Ademe

Globaliser la note environnementale pour chaque vêtement

Dans le textile, cet affichage est expérimenté par quelques entreprises, comme Décathlon et Okaïdi, mais l'idée est désormais de "changer d'échelle". "Nous allons travailler avec les équipes du ministère et les entreprises privées pour asseoir une méthodologie solide qui permettra de donner une note environnementale à chaque vêtement", a expliqué à l'AFP la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson. "L'objectif est que d'ici 18 mois cette méthodologie sorte, qu'elle fasse l'objet d'un décret d'application et qu'elle soit mise en oeuvre dans la foulée, avant la fin du quinquennat", a-t-elle ajouté. Un projet qui s'inscrit dans la veine de la loi anti gaspillage en France et du GreenNewDeal européen, selon la secrétaire d'Etat, qui tweetait à l'issus de la réunion : "la mode doit imposer ses standards".

Elle a ainsi appelé les industriels français à s'engager dès maintenant dans cette démarche pour "répondre à la demande de plus en plus pressante des concitoyens". En effet, les français se sentent de plus en plus concernés par l'environnement. Selon un sondage YouGov pour Business Insider France, datant de juillet, 70% de l'ensemble des Français se considèrent comme éco-responsables.

Une industrie responsable du rejet de 1,7 Mds de tonnes de CO2 par an

Selon l'Ademe, 624.000 tonnes de textiles (2,6 milliards de pièces de vêtements, linge de maison, chaussures) sont mis sur le marché chaque année en France, soit environ 9,5 kg par habitant. Et en moyenne, une personne achète 60% de vêtements en plus qu’il y a 15 ans mais les conserve moitié moins longtemps. Dans le même temps, la durée de vie d'une vêtement à elle aussi été réduite de 15 ans et l'essor de la fast-fashion n'y est pas étrangère, selon la société de conseil Mckinsey. Au total, un peu moins des deux tiers de l’ensemble de la production mondiale finissent dans des décharges ou des incinérateurs.

Selon un rapport de la WWF, le secteur du textile "contribue significativement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre avec 1,7 milliard de tonnes de CO2 par an". À terme, l'ONG estime que "la demande de vêtements devrait continuer de croître, pour passer de 62 millions de tonnes en 2015 à 102 millions de tonnes en 2030".

Dans ce contexte, "c'est bien d'uniformiser et d'imposer des critères solides et ambitieux pour l'information environnementale sur le textile", a réagi auprès de l'AFP Alma Dufour, de l'ONG Les Amis de la Terre. "Mais informer n'est pas suffisant", a-t-elle ajouté, réclamant l'imposition de mesures comme la réduction de la production de vêtements neufs et l'obligation du recyclage.

Découvrir plus d'articles sur :